Année Sainte de Compostelle 1954 - Document d'époque - 2ème partie - pages 6 à 10

Suite de la première partie du document de 1954



ANNĖE SAINTE DE COMPOSTELLE 1954 - Page 6

.../...l'actuelle et grandiose Basilique oeuvre grandiose de l'art romanique et dont le "Portique de la Gloire", parmi les autres de ses éléments, n'a pas de semblable dans le monde entier et chrétien.
C'était à la fin du XVI ième siècle, que l'Angleterre par ordre et affront de ses pirates pillait nos ports et
éxitait déjà le soulèment du Portugal et des Pays Bas. En 1589 une escadre commandée par le redoutable Drake se présenta au port de la Corogne en entourant la ville, avec une armée de 14.000 hommes, commandés par le général- Morris. Ses projets étaient plus grands, car il ambitionnait  détruire Compostelle que Drake considérait "l'emporium de la supertition papale".

Devant ce semblable danger, l'Archevêque Jean San-Clemente d'accord avec son chapître se décida à cacher les restes sacrés de l'Apôtre et de ses deux disciples préférés, en les transportant en secret vers le fond de l'abside et à peu près à trois mètres de leur ancienne place. Ils y restèrent là déposés dans un sarcophage grossier jusqu'à l'an 1879, quand le Cardinal Paya et Rico ordonna la recherche du trésor sacré. Ayant trouvé que les ossements vénérés de Saint Jacques et de ses disciples étaient
confundus, le Prélat ordonna qu'il se nomma une commission formée par trois professeurs de la  Faculté de Médecine de Compostelle chargés de les analyser, qu'ils ordonnassent et donnassent sur antiquité et nature l'information opportune. Ceci a servi à assurer que:
A) les ossements appartiennent à trois squelettes différents;
B) qu'ils sont si anciens qu'il n'est pas imprudent de leur attribuer l'âge qui correspond au martyr de  l'Apôtre Saint Jacques;
C) que l'on n'y découvre aucun signe qui fasse improbable ou téméraire la croyance de que ces ossements appartiennent à l'Apôtre Saint Jacques et à ses deux disciples ensevelis d'après la tradition, auprès .../...

ANNĖE SAINTE DE COMPOSTELLE 1954 - Page 7

Année Sainte de Compostelle 1954 - Document d'époque - 2ème partie - pages 6 à 10
de leur glorieux maître. L'essentiel de l'étude avait pour objet déterminer Iequel pourrait. être le squelette de l'Apôtre, ce qui résultât facile; en observant que dans l'un des trois il manquait l'apophyse mastoïdien droit et en sachant que le tel élément osseux avait été donné en cadeau comme une précieuse relique par Don Diego Gelmirez à la Cathédrale de Pistoie. Reconnu cette portion par les éminents spécialistes les Docteurs François et  Albert Chispeli, il résulta effectivement que celle qui manquait dans un des trois squelettes éxaminés à Compostelle, en restant ainsi prouvé l'authenticité de celle qui appartenait à notre Père dans la foi, qui pour lui appartenir fut déposé dans l'espace central de l'urne argentée que l'on vénère dans la crypte de Compostelle.

Tout l'examen d'experts effectué à Compostelle et à Pistoie fut soumis scrupuleusement à l'examen rigoureux de la commission pontifice, nommée par Léon XIII, à fin de s'assurer de la vérité historique relative aux reliques de l'Apôtre et de ses deux disciples préférés. Le résultat du prolixe et très documenté dossier fut présenté à Sa Sainteté qui après avoir consulté le sujet plusieurs fois, publia la
Bulle déjà citée, et dont la gravité relative à l'authenticité des restes sacrés découverts en 1879 ressort les paroles suivantes de Leon XIII: "Nous aussi, ayant disparu toutes les doutes, nous .../...

ANNĖE SAINTE DE COMPOSTELLE 1954 - Page 8

.../...approuvons et nous confirmons, sûrement et par notre autorité, la sentence. de notre vénéré frère, le Cardinal de Compostelle, sur l'identité des corps sacrés" (on ne traite pas d'insignifiants brandes, ni  de tel ou quel petit os mais de squelettes entiers et  véritables) de l'Apôtre Saint Jacques le Majeur et  de ses disciples Athanase et Théodore, et nous ordonnons que cette notre sentence ait perpétuellement de la force et de la yaleur" ... " il n'est pas nécessaire de remarquer, écrit le  malheureux historien G. Villada dans son " Histoire de l'Eglise d'Espagne", 1er  volume la gravité et la force de ces mots, malgré qu'ils n'enferment pas une définition "ex cathedra". IIs sont, cher lecteur, la seule évocation d'une double tradition, orale et écrite , confirmée par des renseignements archéologiques comme les exposés, car par les paroles du propre G. Villada, "dans la constatation des faits anciens, la preuve archéologique remplace souvent les lacunes de l'histoire".

Et, où nous mène la tradition écrite ? le lecteur demandera avidement. Sùrement à la même conclusion déjà indiquée ... En effet. en confirmant le témoignage oral briévement exposé antérieurement., il se manifeste depuis le IV ième siècle le témoignage écrit relatif à la prédication de Saint Jacques le Majeur en terre espagnole et à l'authenticité des restes mortels que l'on vénére dans la Basilique de Compostelle comme appartenant à l'Evangélisateur d'Espagne. Ainsi Didyme l'Aveugle, docteur d'Alexandrie et maître du grand écriyain et hislorien Saint Jérome laissa consigné ces mots seulement appliqués pour plusieurs raisons à Saint Jacques Zébédée : "L'Esprit Saint inspira son incontestable et: non contaminée sagesse aux Apôtres, autant à celui qui a prêché dans les Indes, à celui qui a prêché en Espagne, et à ceux qul sont allés dans des .../...

ANNĖE SAINTE DE COMPOSTELLE 1954 - Page 9

Année Sainte de Compostelle 1954 - Document d'époque - 2ème partie - pages 6 à 10
.../...autres endroits de la terre". En ratifiant et en éclaircissant plus Ie sens de ces mots envers notre
Apôtre, peu après Didyme, son grand disciple Saint Jérome a écrit... "L'Espril Saint les avait réuni (aux douze Apôtres et avant la vocation de Saint Paul ) il donna à chacun l'endroit qui leur était destiné, de
telle manière que l'un partit aux Indes, un autre en Espagne, un autre en Illyrie, un autre en Grèce afin que chacun reposa dans la province où il avait prêché l'Evangile" . Ces mots réitérés emphatiquement
ou se rapportent à Saint Jacques le Majeur ou n'ont pas d'application historique.

Deux siècles après Saint Jérôme et en forme pleinement claire et impossible de confondre nous trouvons le témoignage du grand Saint Isidore de Séville similaire au contenu dans la traduction latine du Catalogue Apostolique. Que le grand Père de l'Eglise espagnole écrit un ouvrage intilulé "De Ortu et Obitu S. S. Patrum" le témoignent ses disciples Saint Braulio et Saint Ildephonse. Malgré les vains efforts de l'hypercritique pour le discréditer, la tradition de Saint Jacques trouve dans cet ouvrage,
d'indiscutable authenticité, le témoignage explicite suivant Saint Jacques, fils du Zébédée et frère de Saint Jean ... , prêcha l'Evangile en Espagne et dans d'autres lieux d'Occident, en comuniquant la lumière de l'Evangile aux confins de la terre.../...

ANNĖE SAINTE DE COMPOSTELLE 1954 - Page 10

Mort sous le coup de l'épée et par ordre d'Hérodes il fut enseveli à Marmorique (arque marmoréenne). Semblables à ces mots nous en trouvons des autres dans la version latine du fameux Catalogue Apostolique d'une vive valeur, et en la commentant écrit tant de fois le tant cité G. Villada cette significative appréciation : "C'est incroyable que du Catalogue Apostolique passa à toute la littérature médiéval la nouvelle de l'évangélisation d'Espagne par Saint Jacques le Majeur, s'il n'eut pas quelques raisons antériéures". Evidemment, C'est que cette cause nous l'avons déjà découverte dans les écrivains comme Didyme et Saint Jérome, qu'ils ont adjugé al "Hijo del Trueno " la telle prédication, et si dans les cinq premiers siècles de notre histoire nous ne découvrons à peine d'autres témoignages, on le doit aux dures persécutions et destructions du matériel historique réalisés par les romains
et les suèves, comme l'a observé aussi à son temps l'érudit P. Florez. Et le propre Duchesne hypercritique irréconciliable avec les gloires espagnoles, en étudiant, cette époque dans son ouvrage "La France chrétienne dans l'Histoire", affirme que dans la Gaule, hors des documents sur les martyrs de Lyon, conservés par Eusèbe de Césarée, il ne nous reste pièce que l'on puisse attribuer au IV ième siècle. Cependant il ajoute "rien ne peut se conclure de ces obscurités contre l'ensemble des nouvelles et des indications". Jugement sûr, celui-ci d'un homme qui a dû l'employer autant en jugeant la tradition de Saint Jacques comme les autres de sa bien aimée terre Gauloise et nous ne nous étendons plus dans l'apport des témoignages postérieurs à Saint Isidore et au Catalogue Apostolique, puisque comme l'écrit bien G. Villada dans son dit ouvrage historique: "depuis l'an 700 on peut reconstruire la chaîne des témoignages de Saint Jacques jusqu'à nos jours, sens qu'il n'y manque ni un seul chaînon".




Luc de Raal
Lu 583 fois



Année Sainte 2010 | Historique | Informations pratiques | Témoignages | Statistiques | La vie du chemin de St-Jacques | Le Camino