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MOTETS INÉDITS

Louis-Charles GRÉNON - Jacques ROCHE Maîtres de Musique à la Cathédrale du Puy vers 1760
MOTETS INÉDITS.



 MOTETS INÉDITS
Au cours des travaux de rénovation de la cathédrale du Puy-en-Velay, un fonds de 700 partitions, exceptionnel par son ampleur et sa qualité, datant des années 1730 à 1830, a été retrouvé. C'est une découverte importante par la qualité de la musique. Elle permet de mieux connaître le "chaînon manquant" de la musique baroque française, entre Mondonville et Gossec.

Louis-Charles Grénon, né à Saintes vers 1736, est nommé à la direction de la Maîtrise de la Cathédrale du Puy en 1754. Il la quitte en 1763 pour celle de Clermont-Ferrand avant de rejoindre celle de Saintes en 1765, où nous perdons actuellement sa trace en 1769. Connu jusqu'ici par la seule mention d'un recueil de symphonies dans le catalogue d'un éditeur parisien, Grénon a laissé au Puy une centaine d'oeuvres religieuses de toutes dimensions et quelques pièces instrumentales. Il s'affirme, à mesure que la lecture de ces partitions avance, comme un compositeur de grand intérêt. Une journée d'études sera organisé à son sujet en octobre 2003, par le département d'histoire de l'Université de Clermont-Ferrand et le Centre de Musique Baroque de Versailles qui étudie d'autre part la possibilité d'une édition.

La cathédrale du Puy conserve une centaine d'ceuvres de Grénon. Composées en l'espace de 15 ans, cet ensemble traduit une activité "compositionnelle" à certains moments très intense et permet de suivre l'évolution d'un style affirmé.

Le Credidi, composé à Saintes en 1767, présente un langage novateur pour l'époque. Grénon maîtrise alors le langage traditionnel du grand motet français issu de De Lalande et Rameau (écriture fuguée développée, prosodie efficace, appui sur les rythmes de danse, hémioles expressives), et les novations de la seconde moitié du siècle (harmonie plus hardie, transformation des motifs mélodiques par décalages successifs, contrastes dynamiques).

Le Te Deum, lui aussi écrit à Saintes, en 1766 est remarquable par la variété des atmosphères musicales, affectées à chaque verset. Il ressemble plutôt à une méditation ou à une longue fugue exprimant la confiance du croyant envers Dieu.

Jacques Roche, né vers 1730 à fait toute sa carrière au Puy ; il y dirige la Maîtrise entre 1754 et le milieu des années 1760. Il y est encore présent, comme bassoniste, en 1791.

Le Magnificat pour solistes, choeur à quatre voix et continuo, se caractérise par le charme de ses mélodies, la relative simplicité harmonique, la forme en rondeau, la grande qualité des parties solistes, éléments qui évoquent le style de maîtres provençaux comme Campra, Gilles et Blanchard.

Le Pater Noster est un petit motet, destiné à un couvent de femmes, et probablement à l'une de leurs élèves à l'occasion d'un concert spirituel. Daté de 1763, il est très original par le traitement du texte, découpé de manière à le dramatiser, l'usage de silence, de nombreuses indications de caractère qui l'éloignent totalement de l'usage liturgique.

Extraits :




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