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D’une fête mariale à l’autreEn regardant notre Vierge Noire déambuler dans les rues du Puy, le 15 août, puis gravir le grand escalier que certains ont comparé à l’échelle de Jacob, en voyant les foules l’applaudir et l’acclamer à son passage, se presser pour toucher un petit bout de son voile, tendre une main pour caresser son visage, et elle, majestueuse souveraine semblant rire et exulter au milieu de cette liesse de ses enfants bien-aimés, je me faisais la remarque que même en son mystère d’Assomption, même au milieu de cette montée en gloire, même sous ce soleil radieux, seule éclaircie au milieu d’une journée pluvieuse, Notre-Dame gardait son visage noir :Marie, brûlée par l'amour de son Dieu"Nigra sum sed formosa filia Jerusalem Ideo dilexit me Dominus Marie, brûlée par le feu de la souffranceMais poussons un peu plus loin notre réflexion. L'amour dont elle est brûlée est aussi celui qu'elle porte à notre humanité souffrante. Le noir évoque aussi cela : la souffrance de notre humanité. Depuis le péché de nos premiers parents, les hommes "gémissent". Le travail est devenu pénible et tout enfantement se fait dans la douleur. Ils sont comme exilés. La souffrance est une conséquence du péché. "En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance." (Rm 8) Or, dans le plan de Dieu, Marie est celle qui doit porter cette espérance des hommes. Elle, plus que tous, "aspire à la Révélation des Fils de Dieu". Le P. MD Philippe dit : "Marie est le modèle de la vie glorieuse des fils adoptifs du Père. Par ce mystère de mort et d'Assomption elle nous montre les liens intimes qui unissent la vie d'ici-bas et celle du ciel, en nous manifestant aussi tout ce qui sépare le nigra sum de la terre, du formosa éclatant de la gloire, tout ce qui sépare la dernière étape du désert de l'entrée en terre promise." Marie, Reine de MiséricordeLe 22 août nous fêtons Marie-Reine. « Marie, Reine de Miséricorde », n'est-ce pas son premier titre de royauté ? N'est-ce pas là que sa royauté éclate de toute sa splendeur ? Femme couronnée d'étoile, criant dans les douleurs de l'enfantement (Ap 12) ! Marie, miroir sans tacheLe 8 septembre nous fêtons la Nativité de la Vierge Marie. Mystère de miséricorde. Car le 8 septembre ne se contemple bien qu'à la lumière du 8 décembre, de son Immaculée Conception. Marie est la première à bénéficier des fruits de la Croix. Elle est la première à accueillir la miséricorde du Père à l'égard de notre humanité. « Vierge Sainte, le Seigneur t'a créé, prémices de son œuvre, toute belle et sans tache aucune… » chante-t-on en ce jour. L'œuvre de Dieu, son grand travail, c'est notre recréation, c'est le travail de la Croix. Marie prémices de l'œuvre de Dieu, c'est Marie qui porte toute notre fragilité et qui se présente dans les mains du Créateur avec sa vulnérabilité sans faire obstacle à son œuvre en elle. Elle annonce alors ce que notre sanctification opèrera en nous. Elle est toute belle « formosa », sans tache aucune. Et st Paul dit qu'en Jésus, Dieu « nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l'amour, saints et immaculés sous son regard » (Eph 1). Marie, réponse de Dieu à notre indigence ! Marie se reçoit entièrement du Père, elle est entièrement tournée vers le Père, elle adore son Dieu en toute vérité. Toute tendue vers son Dieu, elle va s'offrir dans un holocauste d'amour, c'est ce que viendra signifier la fête de sa Présentation au Temple, le 21 novembre. Et c'est à partir de là que Dieu pourra faire le Miracle par excellence celui de l'Incarnation fêté le 25 mars. Car il trouve en Marie un cœur entièrement disponible et disposé à son action créatrice et recréatrice. Et cette action commencera avec la création d'une humanité pour son Fils. Notre-Dame de CompassionMais avant d'arriver à mars, le sommet de l'œuvre de Dieu en Marie, qui demanderait de nous arrêter trop longuement, l'Eglise nous invite, le 15 septembre, à contempler Marie sous le vocable de Notre-Dame de Compassion (dite aussi Notre-Dame des Sept Douleurs). Au lendemain de la fête de la Croix glorieuse, Marie, on l'a dit, première bénéficiaire de la Croix, devient celle qui enfante dans la douleur les fils de la Croix. « Femme, voici ton Fils »… voici tes fils. Ô Marie, enfante-nous à cette vie divine ! « Il nous a d'avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ » (Eph 1) Marie, toute adorante, est invitée à coopérer à l'œuvre de Dieu, d'abord pour le mystère de l'Incarnation, par laquelle elle devient Mère de Dieu (fête du 1er janvier), mais aussi pour l'extension de cette maternité divine à tous les fils de Dieu que sont les hommes. Si l'enfantement de Bethléem s'est fait sans douleur, celui des hommes se fait dans les douleurs (Ap 12), car c'est le fruit de la Croix. Marie est associée à l'oeuvre de Rédemption opérée par son Fils. « Cette vie d'adoration, explique le P. MD Philippe, s'épanouit de fait dans son mystère de compassion vécu selon le mode glorieux. C'est l'holocauste intime et éternel de son cœur en union avec celui de Jésus. C'est l'holocauste glorieux de l'épouse et de la mère. Les sept glaives qui transpercent son cœur correspondent à l'unique coup de lance qui transperce le Cœur de Jésus. » Marie est invitée par Jésus à prendre sous son manteau c'est-à-dire dans son cœur compatissant, les hommes, les pécheurs. Marie, en qui réside la gloire de Dieu« Je suis noire mais belle »… « Comme le lis entre les chardons, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes » chante le Cantique. C'est l'amour, cette attraction d'amour que Dieu exerce sur elle et à laquelle elle répond sans y porter d'ombre, qui guide Marie en chacun de ces mystères. Elle ouvre alors son cœur à toute notre humanité pour exercer sur elle une maternité divine. Ce surcroît d'amour qui porte le cœur de Marie, entièrement tourné vers Dieu, vers toute notre humanité pécheresse, constitue bien sa gloire. Elle est le Temple de l'Esprit Saint, ce saint des saints habité par la gloire de Dieu et d'où coulent en abondance les flots de la miséricorde du Père pour nous. Ainsi le 15 août, en fêtant Marie dans sa gloire, nous fêtions Marie ne faisant qu'un avec Jésus, à la tête de notre humanité montant vers le Père. La gloire de Marie c'est son cœur infiniment miséricordieux car infiniment lié à celui de Jésus.
Maryline Reymond
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