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Dimanche de Pâques

23 mars 2008



Dans l'évangile d'aujourd'hui, une grande nouvelle nous est annoncée : une nouvelle bouleversante qui doit transformer nos vies, qui doit renouveler notre espérance et raviver notre charité parce qu'elle suscite en nous la foi.

Au début de l'évangile, Jean note qu'il fait encore sombre, la lumière de la résurrection a troué la nuit cela nous rappelle le prologue de Saint Jean. « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée Â». A la résurrection, la lumière vient trouer la nuit comme cette lumière qui vient éclairer le vitrail qui est derrière moi, d'une lumière nouvelle, celle de la résurrection en lui redonnant toute sa couleur et tout son éclat. La lumière vient rejoindre la nuit de notre péché, de notre mort, de nos désespoirs et de nos souffrances pour lui donner une espérance nouvelle. Les ténèbres ne l'ont pas arrêtée, voilà notre espérance ! Il faudrait traduire « les ténèbres ne l'ont pas saisie Â» et dans ce mot il y a à la fois la dimension, les ténèbres ne l'ont pas comprise et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

La vie a eu le dernier mot, l'amour est plus fort que la mort et que notre péché. Et dans cette expression : « les ténèbres ne l'ont pas saisie Â» réside le mystère de la foi.

Si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est notre espérance ! Je découvre à travers quelques sondages que beaucoup de Chrétiens ne croient pas à la résurrection. S'ils ne croient pas en la résurrection, ils ne croient en rien. On peut admirer Gandhi, Martin Luter King et même Mère Térésa, tous les hommes et les femmes de ce temps qui ont vécu une vie admirable de générosité et on a raison de le faire parce que ce sont des personnes exemplaires. Ce sont des personnes qui ont vécu selon leur conscience, des hommes et des femmes de bien, mais aucun d'eux ne nous donne la vie, ni ne répond à la question lancinante de notre mort.

Le cÅ“ur de ma foi c'est : « y a-t-il quelqu'un pour me sauver de la mort vers laquelle je vais inéluctablement ? Si je ne crois pas au mystère de la vie, au mystère de la résurrection, je ne crois en rien parce qu'à la fin de ma vie je ne serai plus rien !

Je dois croire à la résurrection parce que je crois en Dieu et si Dieu est Dieu, il est ressuscité !

Si je ne crois pas à la résurrection, donc je ne crois pas en Dieu. Ce n'est pas parce que le mystère de la résurrection me dépasse que je ne dois pas y croire. D'ailleurs si je veux tout comprendre du mystère de la résurrection, (comprendre c'est : prendre avec, c'est tout enfermer dans mon intelligence),  si donc je veux tout comprendre du mystère de la résurrection, cela veut dire que j'enferme tout le mystère de la résurrection dans mon intelligence donc que c'est moi Dieu. Si Dieu est Dieu, il dépasse infiniment mon intelligence et je ne peux pas le comprendre. Les ténèbres n'ont pas arrêté la lumière, n'ont pas compris la lumière parce que la lumière est bien au-delà des ténèbres de notre vie humaine et de notre petite intelligence. Cela ne signifie pas que la résurrection n'est pas intelligible, compréhensible. Le Seigneur me donne toutes les clés pour y adhérer à la mesure de ce que je peux en comprendre. Ce que je peux en comprendre c'est : « si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est notre foi, vaine aussi notre espérance. Si le Christ n'est pas ressuscité, Dieu n'est pas Dieu, et je ne crois en rien. Â»

Jean vit et il cru. Pourquoi Jean croit-il ? Parce qu'il voit les bandelettes posées, bien pliées dans le tombeau. Si Jésus avait été enlevé,  il aurait été enlevé avec les bandelettes. Si Jésus était resté mort, on ne lui aurait pas enlevé les bandelettes, d'ailleurs on n'aurait pas pu à cause des plaies. Les bandelettes sont posées là . La résurrection est intelligible, je peux en saisir quelque chose, je peux saisir, à travers ces bandelettes, quelque chose du mystère de la résurrection et croire ; voilà ce qu'il m'est donné de faire au matin de la résurrection. Jean voit les bandelettes et il croit en quelque chose qui le dépasse infiniment. Il comprend que les bandelettes sont le signe de la résurrection et il croit au mystère lui-même.

Revenons sur la signification du mot « croire Â» parce que je peux très bien croire que demain il fera beau, mais la foi en laquelle je crois, à cause de laquelle je donne ma vie n'a rien à voir avec ces petites pensées quotidiennes. On dit « je crois Â» alors que parfois, on pourrais aussi bien croire l'inverse, parce qu'on a perdu le sens profond de ce qu'est la foi. Il y a trois grandes dimensions à la foi : croire en Dieu, c'est à la portée de n'importe qui même des philosophes ; on a pas besoin de la révélation pour ça. Il suffit de croire que l'homme ou le hasard n'est pas à la source de tout mais qu'il y a une intelligence qui nous dépasse, qui a créé le monde.  Certains philosophes l'ont prouvé. Je crois que Dieu existe, c'est la première étape de la foi.

Deuxième étape : je crois Dieu.  Quand Dieu me parle c'est du solide.  C'est la traduction exacte du mot amen. Quand je dis « amen Â» à la messe, c'est du solide, du roc, j'affirme que je peux me reposer dessus. Je crois Dieu quand il me parle à travers les écritures, la tradition de l'Eglise, quand il parle à mon cÅ“ur,  je le crois parce qu'il est Dieu, parce qu'il est plus grand que moi, parce qu'il dépasse mon intelligence et que je ne peux pas le saisir, l'enfermer et puisqu'il est plus grand que moi, je le crois.
Enfin je crois en Dieu, je mets ma foi en Dieu, je me repose en lui, je lui fais confiance, je me donne à lui, je l'aime.
 
La troisième dimension de la foi, ajoute au deux premières, l'amour.
J'aime Dieu parce qu'il m'a aimé le premier qu'il est venu dans notre humanité. Je crois en un Dieu vrai, qui ne fait pas semblant. On n'est pas face à un Dieu hiératique ; notre Dieu n'a rien à voir avec Jupiter, ce marionnettiste qui jouerait avec nous. Notre Dieu, il nous aime, il ne fait pas les choses à notre place. Je ne peux pas l'accuser de ce qui m'arrive, il ne nous remplace pas, il nous aime comme un père et il nous l'a prouvé. Il vient dans notre humanité, (la lumière est entrée dans les ténèbres) pour la vivre jusqu'au bout. Il ne fait pas semblant, il prend toute notre humanité avec sa souffrance et sa mort. Le Seigneur ne fait pas semblant, il nous donne tout parce qu'il a tout vécu ; alors oui nous pouvons lui faire confiance, oui nous pouvons l'aimer parce qu'il n'était pas obligé, il aurait pu nous sauver de n'importe quelle manière puisqu'il est Dieu mais il a voulu prendre la manière la plus vraie et la plus humble parce que c'est la voie de l'amour qu'il nous offre et nous propose en exemple.
 
Il a suivi pas à pas notre humanité, cela veut dire que je peux l'inviter dans ma vie au fur et à mesure que j'avance dans l'existence. Il n'y a pas de secrets pour Dieu ni de tabous dans ma vie pour Dieu : ni ma souffrance ni le pire péché ne peuvent arrêter l'amour à condition que je lui ouvre la porte parce que le Seigneur respecte trop notre liberté pour forcer la porte de notre cÅ“ur. La seule chose que j'ai à faire : lui ouvrir la porte de mon cÅ“ur, parce que la réponse qu'il me demande c'est une réponse d'amour. Il nous aime, il attend une réponse d'amour qui est exprimée dans l'ouverture du coeur.
 
Oui Seigneur je crois, je te crois, je crois en toi, je crois que tous ce que tu m'as donné dans ta vie, ta mort et ta résurrection c'est pour moi. Demandons au Seigneur de venir imprégner nos vies d'une lumière nouvelle, celle de la résurrection, pour que notre existence et notre vie spirituelle soit totalement renouvelée aujourd'hui. D'année en année le Seigneur nous relève, de jours en jours il nous pardonne, à chaque instant, il est à nos cotés : il ne nous abandonne jamais ! Ouvrons lui la porte de notre cÅ“ur en lui disant simplement « merci Seigneur, je t'aime Â» Amen
 
Père Emmanuel Gobilliard


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