HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson



HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson
Frères & Soeurs,
 
 
"Tous, nous serons transformés
par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ"
(cf. 1 Co 15, 51-58)
 
         Voilà la devise de la semaine 2012 de prière pour l'unité des chrétiens, tirée de la première épître aux corinthiens et choisie par le comité œcuménique polonais.
         Etre transformés, se laisser transformer, se convertir (comme les habitants de Ninive), progresser, devenir saints, voilà ce à quoi il nous faut nous atteler avec conviction, si nous ne voulons pas être des chrétiens passifs, conventionnels, superficiels...
         Heureux sommes-nous d'être invités au repas du Seigneur. Et de répondre à l'invitation ! mais  il ne faudrait pas que nous communions sans nous laisser toucher par le Seigneur et transformer par sa victoire : "Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ". Notre transformation n'est pas qu'un travail sur nous-mêmes, c'est le travail du Christ : ...  transformés par la victoire de NSJC.
         Et nous savons tout ce que lui coûte ce travail : son Incarnation pour venir épouser nos joies mais aussi nos lourdeurs et souffrances humaines ; sa Passion pour venir éprouver notre finitude et notre mort ; sa Résurrection qui est à la fois son exaltation glorieuse et aussi l'immense action divine pour nous tirer de l'abîme de la mort et du péché.
         Il nous est bon de croire que Jésus travaille à nous transformer, à nous convertir, à nous faire progresser, à nous sanctifier... et de croire qu'il accompli ce travail chez tous nos frères chrétiens de toutes les confessions. Désormais, s'il est une compétition valable entre Catholiques, Orthodoxes, Orientaux de tous horizons, Protestants, Evangélistes de tous poils, ce n'est pas : "qui va convaincre les autres que sa manière de croire est la meilleure ?" mais la seule valable, c'est la compétition pour savoir : "qui va se laisser vraiment transformer le plus possible par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ ?"
         Pourquoi ne pas méditer, à partir de ce que nous faisons à la messe, comment le Seigneur s'y prend, dans son oeuvre de sanctification hebdomadaire pour nous transformer. Comment est-ce qu'il signifie et réalise l'unité durant la messe ? Par quelles actions liturgiques, Jésus nous transforme-t-il ?
         Prenons simplement trois rites qui s'accomplissent durant la messe, à la communion. Trois rites qui nous convoquent à une plus grande unité, à une plus grande disponibilité à la transformation. Le chant du Notre-Père est le premier de ces rites. Vient ensuite le rite de la Paix et ensuite : La Fraction du Pain pour la Communion eucharistique elle-même.
 
1.       Nous récitons ou chantons ensemble le Notre Père et c'est une préparation à la communion : Unis dans le même esprit, nous pouvons dire avec confiance la prière que nous avons appris du Sauveur. C'est dans l'unité que nous devons prier le Notre Père : c'est pour cela que le chant bien connu de cette prière doit être repris par tous. C'est dans ce sens que nous essayons de l'apprendre aussi en latin, ce chant latin qui nous est proposé systématiquement dans les célébrations internationales, aux côtés de multiples chants dans toutes nos langues. Nous prions le Notre Père avant d'aller communier, certainement parce que cette prière contient la demande : Donne-nous aujourd'hui notre Pain de ce jour, mais aussi parce que prier cette prière du Seigneur lui-même, c'est se laisser transformer par elle. Nous n'avons pas à informer Dieu de nos besoins, il n'apprend rien en nous écoutant : à tel point que c'est lui-même qui nous enseigne : comme nous l'avons appris du Sauveur... la prière que nous avons reçu du Sauveur ! C'était déjà le cas dans les psaumes : l'Esprit saint inspire ce qu'il faut lui demander. Car la Prière chrétienne est une transformation de notre être profond, un accordage de notre volonté à la volonté divine : Que ta volonté soit faite.  "Tu veux notre unité, Seigneur, tu veux l'unité de tous les baptisés, alors que ta volonté soit faite, que nous soyons transformés : accordée à ta volonté, que notre volonté veuille et construise cette unité." C'est pourquoi, comme le Credo, le Pater est le patrimoine commun de tous les chrétiens quelles que soient leur confession. Laissons-nous transformer par les sept demandes que nous faisons dans le Notre Père : demandons-lui que son règne vienne dans notre propre coeur transformé par Jésus, puis dans notre monde transformé par lui à travers les membres de son corps que sont les baptisés.
 
2.       La deuxième grande action liturgique durant les rites de la communion à la messe c'est le rite de la Paix. Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix. Que fait Jésus dans cette action liturgique ? Il ne bénit pas simplement notre bonne entente qui serait une donnée naturelle, humaine, mais il nous donne véritablement sa paix. Nous nous donnons la paix non pas parce que nous nous trouverions à priori et mutuellement tous sympathiques ou bien parceque nous aurions une capacité à  oublier à ce  moment-là  tout  ce  qui  nous  divise. Non ! nous essayons dans ces gestes, d'accueillir le don de la Paix du Christ. Ce qui fera l'unité des chrétiens n'est pas seulement une bonne volonté nécessaire, mais l'accueil du don précieux de la paix du Christ, chèrement acquise et révélée sur la croix.
         C'est pourquoi, nous essayons à la cathédrale de réaliser ce rite d'une façon liturgique : la paix est transmise au nom du Christ par le prêtre aux concélébrants, aux servants, qui la transmettent aux servantes de la liturgie, qui la transmettent au premier fidèle de chaque rang, le long de l'allée centrale, qui la transmet à son voisin immédiat, etc. Tout ceci n'est pas par goût du formalisme ou d'une hiérarchisation de mauvais alois. Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix : chacun la recoit d'un frère en Eglise qui l'a lui même reçu d'un autre : c'est une paix dynamique, ce n'est pas un dépôt statique, c'est une relation toujours nouvelle. Et lorsque nous l'échangeons, nous ne nous disons pas des civilités mais nous disons, je le répète pour que nous-nous le disions bien : La paix du Christ et celui qui la reçoit répond : Amen. Le symbolisme liturgique et la réalité spirituelle de cette paix n'entraîne pas qu'il faille absolument "toucher la main" de nos six ou huit voisins et disperser notre attention par des déplacement et des manoeuvres de préséances qui rompraient le recueillement nécessaire à ce qui va suivre.
 
3.       Car vient alors le rite dont le nom à suffit à nommer la messe pendant des siècles : La fraction du Pain. Alors que nous demandons justement dans l'Agnus Dei qu'il nous donne la Paix, le prêtre fait le geste que Jésus lui-même a fait à la Cène : il rompt le Pain. Quel mystère d'unité dans ce geste apparemment secondaire et utilitaire ! Ce pain : formé de la farine d'une multitude de grains qui furent autrefois dispersés sur les collines,  puis rassemblés dans un grenier,  puis moulus ensemble, puis agglomérés et pétris avec de l'eau, puis passés au feu dans le four. Ce pain, à la fraction du Pain, est à nouveau partagé pour nourrir une foule bigarrée, d'hommes, de femmes, d'enfants, de jeunes, d'anciens, dispersés par leurs métiers, leurs milieux sociaux, leurs choix de vie, leurs confessions chrétiennes différentes parfois, mais qui ont été rassemblés dans le grenier du Seigneur comme les douze apôtres si différents ont tous été appelés par le même Jésus, tous ces frères qui travaillent à se laisser convertir par la Parole de Dieu comme s'ils étaient moulus en une bonne farine, tous ces frères et soeurs qui ont été pétris ensemble avec l'eau d'un même baptême, tous ces baptisés qui ont été cuits au feu du saint Esprit à la Confirmation. Oui, Il y a un seul pain et nous sommes tous un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.
 
         Et voila que, le Pain ayant été rompu, nous pouvons communier, chacun ayant sa part du Christ, notre unique pain, pour former un seul corps du Christ qui est l'Eglise. Et c'est un grand mystère de transformation : Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus Christ. Une trans-formation, reconnaissons-le, qui n'est pas encore réalisée : que de déchirures encore entre nous, comme nous avons be-soin de dire, redire, encore et encore : Pardonne-nous nos offenses, délivre-nous du mal, pour nous et pour toute l'Eglise. Comme nous avons besoin de recevoir toujours dans une attention croyante la Paix du Christ, pour chacun et pour notre famille, et pour notre communauté, et pour nos paroisses, et pour notre diocèse et pour toute l'Eglise. Comme nous avons be-soin encore de communier et de nous laisser pardonner nos offenses dans le sacrement de réconciliation afin de pouvoir réaliser la parole de saint Augustin : Deviens ce que tu contemples ; contemple ce que tu reçois ; reçois ce que tu es : le corps du Christ.

Maryline Reymond
Lu 157 fois


Autres documents :
1 2 3 4 5 » ... 6

Actualités | Horaires messes et offices | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter