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Homélie de Monseigneur BRINCARD, évêque du Puy en VelayMesse Chrismale le Mardi Saint, le 18 Mars 2008, cathédrale du Puy
En saluant notre assemblée dans la lumière du Ressuscité, j'éprouve un grand bonheur, celui de vivre avec vous, chers frères dans le sacerdoce, un moment d'espérance. En effet, ce jour est, pour vous tout particulièrement, un jour de fête et de joie. Au cours de la célébration eucharistique, devant le peuple de Dieu et votre évêque, vous renouvellerez « les engagements attachés à la charge ministérielle que vous avez reçue par amour du Christ et pour le service de son Eglise ».
Le renouvellement de vos promesses sacerdotales nous invite également à nous souvenir que l'Eglise est une « communion missionnaire ». Jésus-Christ, « le témoin fidèle, le premier né d'entre les morts, le souverain des rois de la terre » nous conduit aux sources de la vie. Voilà la communion avec le Père, dans le Fils, par l'Esprit de vérité et d'amour. Ensuite, Jésus nous envoie porter aux pauvres la bonne nouvelle du salut et guérir ceux qui ont le cœur brisé. Voilà la mission.
Ainsi que la prière de consécration du Saint Chrême le rappelle opportunément : « après être renés dans l'eau du baptême et rendus semblables au Christ, tous nous participons à la fonction sacerdotale, prophétique et royale » du Sauveur du monde. Toutefois, par notre ordination sacerdotale, nous sommes devenus, d'une manière nouvelle et spécifique, « les prêtres du Seigneur[1] ». Par pure grâce, nous sommes donc les serviteurs de l'Alliance éternelle, serviteurs joyeux et généreux de la communion des hommes avec Dieu et, de ce fait, d'une nouvelle communion des hommes entre eux. Comme l'a dit avec insistance le dernier concile, notre service sacerdotal atteint sa plus haute expression dans la célébration de l'eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise ». Nous le savons : l'Eglise est une communion structurée qui se réalise « dans la coordination des divers charismes, ministères et services, et est ordonnée à l'obtention du but commun qui est le salut. »[2] En tant que successeur des apôtres, et donc à un titre particulier, votre évêque est lui aussi serviteur de la communion ecclésiale. Par mon ordination épiscopale, ayant reçu, de manière nouvelle, en mon cœur la charité pastorale du Christ, il m'appartient de développer dans le diocèse la spiritualité de la communion, spiritualité qu'Elisabeth de la Trinité définissait ainsi : Le Christ « est toujours vivant, toujours à l'œuvre en notre âme ; laissons-nous bâtir par lui et qu'il soit l'âme de notre âme, la vie de notre vie, pour que nous puissions dire avec saint Paul : « Vivre, pour moi, c'est Jésus-Christ »[3]. [1] Is 61 [2]Jean Paul II, Pastores gregis, n°44 [3] Elisabeth de la Trinité, letter n°145
Frères dans le sacerdoce, entre vous et votre évêque, existe aussi « une communion sacramentelle » en raison du sacerdoce ministériel, participation à l'unique sacerdoce du Christ. C'est pourquoi je tiens à vous dire combien notre assemblée générale à Chadenac, le 4 mars dernier, a été pour votre évêque source de joie et d'espérance ainsi que l'heureuse occasion pour lui de vous exprimer une affection privilégiée. J'ose même ajouter : votre joie, chers frères, ce jour-là , a puissamment contribué à la mienne. Je suis reconnaissant au bureau du conseil presbytéral d'avoir si bien préparé et accompagné cette journée de fraternité et d'échanges fructueux, journée m'ayant en outre offert la possibilité d'être auprès de vous un père, un frère et un ami. A l'avenir, il nous faudra renouveler plus fréquemment et par des voies diverses de tels moments. A cet égard, je me réjouis particulièrement de la rencontre à Clermont, le 15 avril prochain, des prêtres appartenant aux quatre diocèses de notre province. Je souhaite que nous y soyons nombreux.
Vous en êtes, je le sais, convaincus : le premier devoir d'un évêque diocésain est le soin spirituel de son presbyterium. Qu'il me soit permis de mentionner ici une parole de Jean Paul II qui m'a interpellé : « le geste du prêtre qui place ses mains dans les mains de l'évêque, le jour de l'ordination sacerdotale, en lui professant « respect filial et obéissance », peut à première vue sembler un geste à sens unique. Ce geste, en réalité, les engage tous les deux : le prêtre et l'évêque. Le jeune prêtre choisit de se confier à l'évêque et, pour sa part, l'évêque s'engage à préserver ces mains »[1]. C'est vous dire, chers amis, qu'au cours des prochaines années, je m'efforcerai de veiller toujours mieux à la qualité de nos relations. Constituant avec moi un unique presbyterium, je sais que je puis également compter sur votre collaboration responsable, une collaboration exercée dans un esprit de communion filiale et fraternelle.
A la suite de ma récente visite pastorale de l'ensemble paroissial de Saint-Julien-Chapteuil, j'ai remarqué avec grand plaisir l'esprit missionnaire animant tant les prêtres que les communautés chrétiennes. Pour ma part, je me suis efforcé d'encourager et d'aider chacun à mener son apostolat en puisant à la grâce des sacrements de baptême et de confirmation. C'est ainsi que nous pourrons assurer au mieux la mission d'annoncer l'Evangile. A ce propos comment ne pas citer un extrait des vœux, adressés en votre nom, au début de cette année, par l'un d'entre vous : « Nul doute que le message du Christ est attendu aujourd'hui, de façon nouvelle, (..) comme une force intérieure afin de faire face à toutes les réalités de la vie sociale, familiale, de l'éducation, de l'économie, de la politique, de la solidarité, à la lumière d'une certaine vision chrétienne de l'homme ». [1] Jean-Paul II, discours à un groupe d'évêques nommés récemment – 23 septembre 2002.
En concluant, je tiens à encourager notre diocèse à mener à bonne fin le programme pastoral qu'à la suite de nombreuses consultations, j'ai tracé dans mon message du Nouvel an, message où je résumais mon propos en disant : « Pour marcher ensemble, guidés par une véritable espérance, il nous faut continuer à former de nouvelles communautés paroissiales, prêter aussi une attention particulière aux familles en deuil, enfin, à la suite « d'Ecclesia 2007 », intensifier notre désir d'annoncer l'Evangile ». A l'avenir, il nous faudra certainement ouvrir d'autres chantiers pastoraux. Comme le dit Saint Paul : « Amor urget nos », « L'amour nous presse ».
A présent, confions à l'Etoile de l'Evangélisation notre diocèse : « Notre-Dame du Puy, nous nous remettons à toi dans la lumière de ton « fiat », celui de l'Annonciation et celui de la croix. Accompagne-nous sur le chemin de la mission. Fortifie notre espérance et remplis-nous de ta paix aimante. Nous mettons sous ta protection maternelle nos communautés paroissiales, nos mouvements, nos consacrés, notre presbyterium et plus spécialement nos frères prêtres malades ou éprouvés par de lourdes épreuves ». Amen ! + Henri Brincard Evêque du Puy-en-Velay Actualités | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter |
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