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Homélie de Monseigneur Brincard, évêque du Puy en Velay



La belle liturgie de cette vigile pascale est une liturgie pleine de symboles.

Le premier symbole, c'est cette nuit profonde au cÅ“ur de laquelle a commencé la célébration : c'est la nuit du péché et voila que tout à coup cette nuit s'éclaire d'un feu symbolisant le feu que Jésus est venu jeter sur la terre, le feu de son amour et d'un amour sauveur. Mais la lumière que nous avons reçu du cierge pascal  nous rappelle aussi que Jésus est lumière.

Nous sommes montés dans la cathédrale et ensuite nous avons écouté ce qu'on appelle une catéchèse baptismale.

Ensuite il y a eu ce qu'on appelle des préfigurations du Christ. L'ancien testament se lit dans la lumière du nouveau qui en est l'accomplissement. Le sacrifice d'Isaac : le fils d'Abraham préfigure le grand sacrifice de la croix et la délivrance du peuple d'Israël au cours d'une nuit mémorable et dont aujourd'hui Israël fait encore mémoire d'une manière particulière. La délivrance du peuple d'Israël est la préfiguration de la délivrance que Jésus nous apporte. Nous avons également à travers la lecture de l'ancien testament découvert des préfigurations de l'Eglise et aussi du baptême lui-même qui est une immersion dans la mort et dans la résurrection du Christ.

Chers amis, toute cette grande catéchèse était donnée au catéchumène pendant les premiers siècles et nous la retrouvons aujourd'hui non seulement dans la vigile pascal mais dans la catéchèse donnée aux adultes qui se sont préparés au baptême pendant plusieurs années et qui en cette nuit pascal le reçoive notamment dans notre diocèse et nous prierons pour eux. Cette catéchèse, cet enseignement à partir de la parole de Dieu sur les merveilles accomplies pour nous, doit être aujourd'hui donnée à mon avis selon l'ordre que nous avons entendu tout à l'heure. Il faut que la catéchèse parte bien de la parole de Dieu, qu'elle soit au service de cette parole, d'une parole qui est reçu par l'Eglise avec une plénitude unique et communiquée par l'Eglise à travers ce qu'on appelle sa tradition qui n'est pas une accumulation d'habitudes mais qui est une transmission vivante de la parole qui nous est donnée avec toute sa profondeur.

Et ensuite, les différents dévoilements, comme on nous l'a très bien dit tout à l'heure manifestent l'immense joie de Pâques. Le grand don de Dieu, c'est son fils qui est venu parmi nous et qui est venu nous tirer des abîmes du péché pour nous communiquer la vie de Dieu avec une abondance nouvelle car le salut apporté par Jésus ce n'est pas un retour au paradis terrestre, c'est une nouvelle communion avec Dieu dans le mystère inouï venu de son fils jusqu'à nous.

Chers amis, cette résurrection du Christ est une vérité au coeur de notre foi. On peut même dire que c'est la vérité centrale de notre foi, c'est-à-dire de notre conviction que Dieu nous aime et qu'il a scellé une alliance de vie, une communion avec lui inouïe.

Le Christ est ressuscité d'entre les morts, par sa mort il a vaincu la mort, aux morts, il a donné la vie, c'est ce que chante une hymne pascale.

Le mystère de la résurrection du Christ, de ce triomphe sur une mort qui a brisé sa nature humaine, ce mystère de la résurrection du Christ est un évènement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées : le tombeau vide, c'est-à-dire l'absence du corps du Christ , bien que cette absence peut s'expliquer autrement elle demeure cependant un signe essentiel à cause des témoignages que nous en avons, des témoignages à travers les cinq femmes, à travers Pierre, à travers Saint Jean l'apôtre. Saint Jean qui a constaté lui-même le tombeau vide et qui a constaté que cette absence du corps du Christ n'a pu être une Å“uvre humaine et que Jésus aussi n'est pas revenu à une vie terrestre.

Il y a une deuxième constatation historique que nous pouvons faire à partir des apparitions du Christ ressuscité aux apôtres, à Pierre spécialement, aux cinq femmes, à deux disciples, plus de cinq cent personnes dira Saint Paul et nous pouvons dire ces témoignages sont crédibles et ces témoignages sont transmis par l'Eglise et c'est sur eux que notre foi s'appuie avec la grâce de Dieu.

Oui, la résurrection n'est pas un mythe, c'est un évènement.

Je voudrais maintenant ajouter que par sa résurrection, l'état de l'humanité de Jésus est un état nouveau, c'est certes son vrai corps. Dans l'évangile il nous est dit qu'on pouvait le toucher, nous voyons Jésus aussi consommer un repas, non pas parce qu'il a en besoin mais pour prouver la réalité de son corps. C'est un corps identique à celui qui a subit  la passion, il porte les grands stigmates de la passion, les blessures dans les mains, dans le côté et dans les pieds. Mais c'est un corps glorieux qui est en dehors du temps et de l'espace, dans un état nouveau.

J'ajouterais seulement que cet évènement dont j'ai dis qu'il comportait une possibilité d'être saisi par l'histoire, c'est aussi un évènement qui dépasse complètement l'histoire. Les deux sont vrais, l'histoire en saisit quelque chose mais le mystère lui échappe et ce mystère c'est le passage de Jésus à une autre vie. Ce passage n'a eu aucun témoin direct parce c'est un dépassement de l'histoire et la grande vérité de la résurrection de Jésus ne peut être atteint que par la foi, cette lumière intérieure source d'une  certitude qu'à travers sa parole Dieu nous parle et que dans cette parole il se révèle ce qu'il a accompli pour nous.

La résurrection est la confirmation de tous ce que Jésus lui-même a enseigné et fait c'est le signe de la vérité de cette divinité, c'est le signe aussi de la vérité de l'ouverture à une nouvelle vie qu'il propose aux hommes à travers une alliance avec eux dans ce mystère qu'on appelle l'Eglise. La résurrection du Christ est aussi source de notre propre résurrection, cette vérité de foi nous donne une grande espérance, ce corps que nous avons et qui fait partie de notre personne nous le retrouverons dans un état nouveau  par un acte du ressuscité.

Chers amis, le baptême auquel maintenant nous allons participer dans la foi c'est justement une immersion dans le mystère de la mort du Christ et aussi une participation à sa résurrection et cette résurrection, le petit enfant qui va être présenté au baptême va la connaître dans son cÅ“ur.  Lorsque l'eau tombera sur son front, cette eau, signe d'une grâce puissante, une grâce qui vient du ressuscité, il sera arraché à la mort du péché et plongé dans la vie du Christ à travers sa mort et sa résurrection. Mais cet événement inouï se passera dans la simplicité.

Je voudrais achever par un petit témoignage concernant un baptême d'une jeune ici même pendant une veillée pascale il y a plusieurs années : lorsque j'ai versé sur sa tête l'eau par laquelle le Christ donné à son cÅ“ur une nouvelle vie en arrachant ce cÅ“ur à la mort du péché, elle a éclaté en sanglots entendus par toute la cathédrale. Après la célébration je lui demande « qu'est ce qu'il t'est arrivé ? Â» et elle me répond cette parole que je répète depuis « Père Evêque l'eau est tombée sur ma tête, est entrée dans mon coeur et sortie par mes yeux Â». C'est l'eau profonde du baptême, symbole d'une vie donnée. Souvenons nous de notre baptême et si un tout petit est baptisé alors qu'il ne peut pas encore connaître le Christ d'une manière consciente, c'est pour nous dire que Dieu nous devance toujours, il n'attend pas d'être aimé pour aimer. Dieu est toujours premier, Dieu à l'initiative, certitude réconfortante qui nous permet de chanter de tout notre cÅ“ur « ALLELUIA Â» ce qui veut dire « louons Dieu Â» !

Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay



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Homélie du 27 juillet 2008 par Mgr Henri Brincard