Homélie de Monseigneur Brincard prononcée le Dimanche 8 Aout



Tous les gestes de la liturgie sont symboliques. Aujourd’hui je voudrais vous rappelez que les deux cierges qui entourent celui qui proclame la parole nous rappelle que Jésus, lumière du monde se donne dans cette parole. Il y en a deux parce que Jésus est le Verbe incarné, Dieu lui-même, il prend notre nature humaine.
 
J’ai remarqué que le cierge qui était à la droite du Père Emmanuel était plus haut que le cierge à sa gauche. Ceci est très beau. La nature divine est infiniment plus grande que la nature humaine, que le verbe a voulu prendre pour notre salut et donc c’est Jésus qui nous parle et qui se donne dans sa parole.
 
Vous remarquerez aussi qu’il y a deux cierges autour de l’hôtel c’est encore Jésus qui se donne dans le mystère de l’Eucharistie, il y a ce qu’on appelle la table de la parole et la table du corps et du sang du Christ par lesquelles Jésus se rend présent et avec lui et en lui toute la trinité divine. C’est vous dire que cette parole que Jésus nous a fait entendre et dans laquelle il se donne lui-même avec toute la Trinité, c’est vous dire à quel point cette parole est importante et justement aujourd’hui, qu’avons-nous retenu de ces trois proclamations de la Parole si importante pour notre vie chrétienne et afin que notre vie chrétienne soit pratique c'est-à-dire mettre en pratique ce que nous avons entendu de Jésus lui-même.
Chacun pourrait répondre pendant cette semaine, vous reprendrez ces paroles en famille, en expliquant à vos enfants, c'est-à-dire en montrant son actualité pour eux, mais je voudrais simplement retenir votre attention sur deux paroles de Jésus qui peuvent nous interpeller. Je n’en commenterais que la première.
 
« Là où est votre trésor, là est aussi votre cœur ». La fin de l’Evangile proclamé aujourd’hui c’est : « à qui l’on a donné beaucoup on demandera beaucoup, à qui l’on a confié beaucoup, on réclamera davantage » ; cette dernière parole s’applique plus particulièrement aux évêques, c’est pourquoi je l’ai retenu. Là où est votre trésor, est votre cœur. J’aimerai que cette parole de Jésus telle une rosée imprègne profondément votre cœur en vous donnant lumière et force.
 
Le trésor, c’est ce que nous avons de plus précieux et ce que nous pouvons toujours garder, du moins dans son sens évangélique. Qu’avons-nous de plus précieux que Jésus ? Que celui qui répond qu’il y a quelque chose de plus précieux, sorte ! Parce que ce qui va être donné ici c’est ce qu’il y a de plus précieux.
 
Jésus se donne à nous par sa grâce tel le soleil qui se donne dans son rayon mais aussi par les sacrements, sacrement de l’Eucharistie où il vient au devant de nous comme un ami qui vient nous rendre visite et l’ami qui veut renforcer sa présence dans notre cœur, que vous pourriez comparer à une demeure, une maison si vous le voulez bien.
Mais il ne suffit pas que Jésus soit présent dans notre cœur, car nous pouvons le laisser seul, voilà un drame qui touche les chrétiens d’une manière particulière.
Il ne suffit pas qu’il vienne dans le mystère de l’Eucharistie, il faut lui ouvrir la porte pour être avec lui dans notre cœur, pour le recevoir dans le mystère de l’Eucharistie : la parole de Dieu nous rappelle qu’il faut la foi. Ce ne sont pas nos sentiments qui nous permettent de rejoindre Jésus dans notre cœur et qui nous permettent d’ouvrir la porte. La foi, elle seule, accueille. Comme l’a dit la Parole de Dieu elle-même, la foi est une connaissance qui tourne à aimer c'est-à-dire une connaissance qui prépare un début de possession au grand sens du terme. Une connaissance est une lumière, c’est une lumière qui vient de Jésus pour l’accueillir et cette lumière nous permet de vivre en sa présence qui est en nous et qui nous permet de l’accueillir dans chaque Eucharistie mais c’est une connaissance qui tourne à aimer ; connaitre Jésus c’est avoir la possibilité d’ouvrir la porte de notre cœur pour prendre le mystère de l’Eucharistie que nous vivons et immédiatement nous étreignons Jésus. Mais il nous a étreints avant.
 
Un enfant qui ouvre la porte familiale a devant lui son père et sa mère qui le prenne dans ses bras et l’enfant étreint ses parents dans un cri de joie.
Voilà ce que la foi nous permet de faire : connaitre Jésus, reconnaitre Jésus qui frappe à la porte dans le mystère de l’Eucharistie et se laisser étreindre par lui tout en l’étreignant, tout en poussant un grand cri de joie, mes chers amis, cette joie doit apparaitre à travers ce que nous sommes, ce sera le meilleur moyen d’attirer vers l’Eucharistie, cette grande rencontre.
La foi, cela est dans la parole de Dieu, engendre l’obéissance, c'est-à-dire suivre Jésus, et qu’est ce que Jésus est venu faire, qu’est ce qu’il désire ? Nous emmener vers son Père afin qu’un jour nous puissions le contempler, ce qui est une bonté inouïe, dans la lumière du fils avec l’Esprit Saint mais quelle joie, c’est ce qu’on appelle la patrie de toujours dont l’épitre aux hébreux a fait allusion.
 
Chers amis, Jésus vient pour nous emmener et dans notre cœur, il veut nous entrainer toujours vers le Père. Suivre Jésus, c’est d’abord lui obéir, ceci est très pratique, le mot obéissance est tellement général que nous ne nous sentons pas concerné mais obéir à Jésus, c’est vouloir ce qu’il veut et il veut que nous l’adorions et avec lui il veut que nous adorions le Père. Je suis très heureux et je trouve que cette initiative est excellente avant l’Eucharistie, nous étions au pied de l’autel de la Vierge adorant Jésus présent dans la sainte Eucharistie et cette adoration nous renvoie à sa présence dans notre cœur ; la présence est pour nourrir la présence qui est dans notre cœur mais c’était en silence donc très beau, nous nous laissions entrainer vers le Père avec un grand désir dans notre cœur, voilà le troisième effet de la foi, le désir de voir Jésus et avec lui le Père d’espérance, ce dont il est question dans la deuxième lecture. La foi nous aide à reconnaitre, et accueillir la foi nous fait obéir, suivre Jésus, et la foi nourrit un grand désir qui est l’espérance. Benoit XVI en a parlé dans un enseignement que je vous conseille de lire.
 
Suivre Jésus, c’est aimer les autres avec son cœur. Voilà ce que signifie être disciple de Jésus.
 
Chers amis, après cette messe, comment allons nous vivre ces deux commandements qui nous permettent d’être des disciples en vérité ?
 
Je veux conclure. Ce désir de voir Jésus un jour, qu’on appelle l’espérance et qui a pour fondement la foi, va engendrer en nous une attitude qui nous permet de savoir si vraiment nous espérons la venue de Jésus. Nous aspirons à une patrie meilleure, cette attitude s’appelle veiller : les scouts appellent cela être toujours prêts. Cela signifie être dans une attente comme une fiancée sur un quai de gare qui attend son fiancé. C’est ce que signifie veiller. C’est désirer voir Jésus en tenue de service c'est-à-dire en accomplissant son devoir d’état, ce que Dieu nous demande de faire : non pas ce que nous faisons selon nos initiatives et qui nous empêche de faire ce qu’il nous demande ; Etre toujours prêt, veiller, c’est avoir un grand désir dans une activité quotidienne inspirée par la foi. L’espérance et l’amour quelque soit cette activité. Ce qui permettait à St Louis de Gonzague de dire ces paroles célèbres et surement bien répétée, si on dit à un enfant jouant au ballon « Si Jésus venait, qu’est ce que vous feriez ? ». « Je continuerais à jouer au ballon ». Pourquoi changer d’activité ?
La beauté de la Cathédrale nous prépare pendant cette neuvaine à une grande fête mariale : l’Assomption puis à une autre fête que je vous parlerai à la fin de la célébration.
L’Assomption est un grand mystère de Marie, avec ce blanc de l’Immaculée Conception préservée de tout péché. Elle a reçu ce don du ciel comme elle nous le fait comprendre à nous. En Marie tout est grand, humble, elle ne s’approprie rien. Regardez le bouquet, toujours du blanc, ce cœur immaculé a souffert terriblement comme personne n’a souffert car plus on aime, plus on souffre, et cet amour éclatant unique, elle l’a manifesté au pied de la croix.
Que c’est émouvant et ce blanc nous explique pourquoi les fleurs sont si rouges, regardez le fond, Notre Dame du Puy avec sa robe verte au pied de la croix, elle engendre la vie, nous sommes tous des enfants, tous nés d’un cœur blessé dans un cœur brisé. Merci aux mères. Nous sommes heureux de te célébrer dans cette gloire que nous appelons l’Assomption. Aujourd’hui avec ton corps, tu es au ciel, éclatante de beauté et de lumière et de pureté mais toute proche de nous car tu es notre mère.
 
Monseigneur Henri Brincard

Maryline Reymond
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