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Homélie de Monseigneur Brincard prononcée le dimanche 7 juin
Cette Cathédrale, ce Sanctuaire à aujourd’hui une beauté particulière parce que c’est vous l’Eglise. L’Eglise de pierres est certes nécessaire mais l’Eglise vivante c’est là l’Eglise dans son mystère profond, c’est à dire dans sa réalité que nous ne pouvons découvrir qu’avec l’aide de la foi : une lumière qui est dans notre cœur et qui nous montre ce que l’intelligence par elle-même ne peut pas découvrir.
Chers amis, je suis donc très heureux que vous soyez dans votre Sanctuaire et dans votre Cathédrale. Particulièrement heureux parce qu’il y a parmi vous de nombreuses familles qui ont amené leurs jeunes jusqu’à ce beau jour de la confirmation dont nous reparlerons. Je leur dis toute ma gratitude ainsi qu’aux parrains et marraines qui vont les accompagner, pas seulement aujourd’hui mais, je l’espère, pendant de nombreuses années. Accompagner signifie apporter un soutien à travers un exemple qui entraîne. Car les paroles peuvent être abondantes et pas séduisantes. Je remercie aussi beaucoup tous ceux et celles qui ont préparé ces jeunes et cette célébration. Père Roland l’a dit tout à l’heure : la préparation a été intense et elle a requis beaucoup de dévouement de la part des accompagnateurs et accompagnatrices, de la part des prêtres aussi, mais je ne veux pas les énumérer tous. Je veux simplement leur dire dans le Seigneur un merci qui monte en action de grâce.
Chers amis, nous célébrons aujourd’hui une fête qui est très importante dans la vie chrétienne. La fête de la Trinité.
Je voudrais en quelques mots essayer de vous donner le sens de cette fête pour en tirer quelques applications pour notre vie. En tout homme, il y a une dimension religieuse, c’est à dire une recherche profonde du cœur, une recherche de lumière qu’on appelle la vérité, une recherche d’amour. Cette recherche est à l’origine de ce qu’on appelle la religion dont tout homme. La religion ne trouve tout son sens que si elle devient relation. Voilà ce que veut dire religion. Relation avec celui qu’on découvre comme notre source et que nous appelons Dieu. Mais voilà, là encore la question va demeurer : Qui est Dieu ? On peut regarder l’histoire des hommes pour découvrir que cette question a été et demeure très importante si nous voulons donner un sens plénier à ce que nous sommes et un sens plénier à notre cheminement sur cette terre. Où allons-nous ? D’où venons-nous ? Ces questions ne peuvent laisser personne indifférent, sinon un jour nous serons affrontés à des expériences comme celle de la mort où ces questions vont apparaître avec une force inouïe. Et bien, le religieux qui est inscrit dans le cœur de l’homme comme un appel, le religieux devient relation si l’on découvre que notre existence est au fond tout ce qu’il y a de bon en nous. Nous avons reçu non pas pour le garder mais pour le faire fructifier et le partager. Mais cela ne suffit pas. Est ce que Dieu a parlé aux hommes ? Non pas est-ce que je l’ai découvert avec des moyens qui demeurent très limités finalement mais c’est déjà pas mal de l’avoir découvert. Est-ce qu’il a parlé ? 3 religions le disent mais seulement 3. Nos frères juifs ce sont les premiers qui vont recevoir une parole de Dieu dans laquelle Dieu les éclaire sur qui il est et sur ce qu’il veut faire pour eux et ce qu’il attend d’eux. Et Israël, puisque tel est son nom, va comprendre progressivement que cette révélation n’est pas pour lui seul. Il doit en être le serviteur. Et Israël va comprendre que Dieu va venir vers les hommes d’une manière extraordinaire pour les sauver c’est à dire les transformer profondément et faire en sorte que leurs cœurs ne soient que lumière et amour progressivement. Israël attend donc un Messie c’est à dire un sauveur. Si on croit que l’on peut se sauver soi même, c’est à dire si l’on pense que l’on est bon par soi même, qu’est-ce qu’on attend pour l’être tout le temps ? Mais si on pense que notre cœur qui aspire à la vérité, à l’amour, a besoin d’un changement, à ce moment là on attend et on se pose une question. Israël attend et voilà que le Messie c’est à dire le sauveur promis vient. Et voilà qu’Israël va se partager par rapport à ce sauveur. Mais commence avec lui, c’est Jésus, un nouveau moment, une nouvelle profondeur dans la relation avec Dieu. Jésus va se manifester comme Dieu lui-même venu vers les hommes ; il n’est pas seulement admirable il est adorable et il va le manifester d’une manière bouleversante et là il faudrait évoquer tout l’évangile, ce que je ne peux pas faire aujourd’hui. Qu’est-ce qu’il va dire ? Qu’est-ce qu’il va révéler ? C’est à dire quelle connaissance va t-il donner aux hommes que les hommes ne peuvent pas avoir par eux-mêmes.
Dieu est amour, première grande révélation. Deuxième révélation : Dieu donne aux hommes son Fils pour qu’ils aient la vie en abondance. Et qu’est-ce que Jésus va dire encore : « Aimez vous les uns les autres comme je vous est aimé ». Une nouvelle relation avec Dieu entraîne une nouvelle relation avec les hommes. Entre les hommes et avec les hommes.
Chers amis en nous révélant que Dieu est amour, Jésus va aussi nous révéler ce que signifie cela et il va nous faire connaître la vie de Dieu qui est une vie de lumière et d’amour et il nous la fait connaître parce que nous sommes appelés à la partager. Evidemment il s’agit du grand mystère qu’on appelle la Trinité, qui est le mystère de la vie divine. Mystère veux dire quelque chose que je ne peux pas découvrir par moi-même. Sur ce très grand mystère, je ne peux pas vous faire un grand développement. Je voudrais simplement vous inviter à regarder ce bouquet. Je l’ai admiré au début de la célébration ; il est un peu caché malheureusement par des cierges qui ne sont pas là pour faire joli mais parce qu’ils sont symboliques. Mais si vous ne voyez pas très précisément ce que je vais montrer vous viendrez tout à l’heure au pied de cet autel pour bien regarder. Au bas du bouquet, sur la gauche de ce bouquet vous avez trois fleurs superposées : une, deux, trois. Elles sont d’égales beautés, d’égales natures et cela est un très beau symbole du mystère de la vie de Dieu. Un seul Dieu certes, mais dans ce Dieu unique nous distinguons le Père, le Fils et le Saint Esprit mais s’ils ont égaux, ayant une seule nature, ils ne sont pas identiques. Nous ne sommes pas polythéistes même si nos frères musulmans le pensent parfois. La fleur du haut : le Père, la fleur du milieu : le Fils, la fleur qui est en bas : le Saint Esprit autrement dit la très simple Trinité c’est une tige, trois fleurs égales mais elles ne diffèrent que par leurs relations. Vous regarderez bien le mystère de la Trinité symbolisé par ces trois fleurs. Et au dessus vous avez une même fleur tournée vers nous, c’est extraordinaire ! C’est Dieu qui nous appelle, qui nous attire vers lui et qui veut nous donner son bonheur. Le bonheur d’aimer parfaitement, le bonheur de connaître la vérité toute entière. Trois fleurs, mystère de la Trinité, trois fleurs tournées vers nous, mystère de l’amour de Dieu pour nous. Et bien, chers amis, je m’arrêterais là pour vous dire seulement ceci : découvrons qui est Dieu, ce qu’il a fait pour nous ou plutôt ce qu’il attend de nous pour pouvoir transformer notre relation. Si nous venons à la messe, là où Jésus va venir dans quelques instants caché comme le soleil derrière un nuage c’est parce que nous pensons qu’en recevant le Christ, nous recevons celui qui peut changer notre cœur, qui peut le remplir de cette lumière, de cet amour dont je viens de parler. Parce que nous pensons qu’un jour au delà des portes de la mort, nous verrons l’amour ; nous n’allons pas vers l’inconnu, nous n’allons pas vers le néant, nous allons vers le plus grand amour. Tout commence ici bas avec le baptême et être chrétien ce n’est pas seulement le croire c’est le vivre. Autrement dit après cette messe et après avoir reçu le Christ il faut qu’on puisse nous dire à chacun, à chacune : d’où viens-tu ? Mais quelle joie, quel bonheur dans tes yeux, quelle générosité dans ton cœur, quelles mains toujours serviables. Et si vous répondez : « c’est parce que je vais de la messe, je vous promets qu’il va falloir agrandir cette Cathédrale mais je ne sais pas comment.
Chers jeunes, nous avons eu la joie de parler un petit peu ensemble, nous avons essayé de découvrir le sens de la confirmation et son importance pour votre vie je n’y reviens donc pas et j’espère que maintenant vous êtes prêts à recevoir un grand cadeau et surtout à vous en servir. Ne le laisser pas dans la boîte. J’ajouterais simplement une chose parmi les questions très bonnes qui m’ont été posées : il y a celle de ce qu’on appelle la vocation.
Qu’est-ce que Dieu attend de nous ? Que nous l’accueillons et que nous aimions les autres avec l’amour qu’il nous donne : on va être serviable, heureux, on va mettre de l’ambiance partout, on va pardonner, on va mettre un nouveau climat et là aussi on pourra poser la question : « Qu’est-ce qui t’arrive » et vous répondrez : « Je suis confirmé et toi qu’est-ce que tu fais de ta confirmation ? » Vous pouvez retourner la question à celui qui vous la pose. Je souhaite donc, chers jeunes que vous découvriez votre vocation profonde. Aimer toujours plus, aimer toujours mieux cela veut dire accueillir, se donner, servir. Par quel chemin ? Il y en a trois. Il y en a peut-être plus mais il faudra demander au Saint-Esprit de nous dire lesquels. Il y a le chemin du mariage. Si vous êtes appelés à vous marier, formez une grande communion avec votre conjoint, c’est la condition pour que vos enfants soient heureux. Ensuite deuxième chemin : regardez ces prêtres : dans leurs cœurs ils ont perçu un appel : « veux tu me servir par le chemin du sacerdoce, le chemin qui me rendra présent à l’humanité ? » Ils ont dit oui, merci Seigneur ! Et puis il y a le chemin de la vie consacrée : on donne toute sa vie pour servir, par exemple, les plus pauvres, on est content d’avoir des sœurs, on est content d’avoir des religieux mais donnez les moi chers parents et si un de vos enfants vous fait une confidence n’étouffez pas cette confidence en lui disant : « n’y pense pas on a autre chose à faire ». Il y a toujours quelque chose à faire mais il y a pas toujours mieux à faire. Si ma mère m’avait dit quand je me suis posé certaines questions : « écoute, non, ton père a un projet sur toi tu ne vas pas le décevoir », je ne sais pas si je serais là au milieu de vous aujourd’hui. En tout cas ce que je peux vous dire c’est qu’à l’âge de 7 ans comme je pense pour mes frères prêtres à un moment ou à un autre, les parents vont le demander : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » je n’ai aucun souvenir de la réponse mais on me l’a dit le jour de mon ordination sacerdotale : « Maman, je veux beaucoup aimer ». Le chemin peut-être différent mais le but sera toujours le même. Que la vierge Marie nous aide à vivre ce grand moment dans l’action de grâce. Monseigneur Henri BRINCARD Emmanuel Gobilliard
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