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Homélie de Monseigneur Henri Brincard pour la messe chrismale, le 30 marsLa joie d’être prêtre. En cette année du sacerdoce et au terme d’une journée fraternelle, quelle joie profonde de nous retrouver pour la célébration eucharistique dans la lumière du Bon Pasteur dont, par notre ordination sacerdotale, nous sommes les premiers serviteurs ! À l’aide de cette profonde lumière, nous voulons ensemble rendre grâce pour notre appel et aussi pour les années au cours desquelles, au nom du Christ, nous avons conduit les communautés qui nous ont été confiées. Aujourd’hui, dans une joyeuse espérance, nous voulons renouveler nos cœurs. En effet, faire mémoire du don du sacerdoce, c’est aussi se souvenir qu’en tant que baptisés nous sommes appelés à la sainteté et qu’en tant que prêtres nous répondons à cet appel dans l’exercice même de notre ministère. Le Décret conciliaire sur « Le ministère et la vie des prêtres » le souligne fortement. Il affirme, en effet, qu’en menant la vie même du Bon Pasteur, nous trouverons « dans l’exercice de la charité pastorale le lien de la perfection sacerdotale » ramenant « à l’unité notre vie et notre action »[1]. Exprimer notre reconnaissance à Jésus, c’est aussi proclamer que notre mission sacerdotale est une mission de communion, mission exprimant de manière particulière le mystère de l’Église. Selon une belle expression de Jean Paul II, l’Église n’est-elle pas, en effet, essentiellement « une communion missionnaire » ? Dans un monde où il y a tant de souffrances causées par des divisions atteignant les communautés humaines et les communautés ecclésiales, nous souvenir que nous sommes serviteurs de la communion augmente beaucoup notre joie d’être prêtres, car notre service spécifique est de « donner Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». De ce fait, nous sommes aussi les ministres d’une communion nouvelle rassemblant les hommes dans cette fraternité de fils ayant pour Père en Jésus-Christ, « l’unique Père des cieux ». En raison même de notre ministère sacerdotal, notre appel à la sainteté avec sa forme particulière est un appel à une très haute sainteté comme Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI nous l’ont rappelé avec des accents émouvants. Reconnaissons aussi qu’aimer le monde ne signifie pas pour autant en approuver tous les comportements ni suivre aveuglément les modes du jour. En effet, « Il nous faut l’approbation de Dieu et non celle des hommes »[2]. C’est bien ce à quoi Jésus nous invite dans l’Évangile : « Soyez dans le monde sans être du monde ». C’est dire qu’avec l’aide du Saint-Esprit, il nous faut opérer sans cesse un discernement pour aimer et servir humblement ceux qui nous sont confiés. Alors ne soyons pas étonnés qu’annoncer le Christ soit dérangeant, pour nous d’abord et ensuite pour ceux qui nous écoutent. Ce temps de la Passion nous le fait comprendre de manière plus évidente que jamais. Oui, osons déranger en refusant, par exemple, d’ajouter notre voix à celles proposant à l’homme les idolâtries du jour, celles qui ont pour nom le plaisir, l’argent, le pouvoir, la vaine gloire flattant notre vanité, etc. Permettez-moi de citer ici une page célèbre de Bernanos, page où cet auteur inspiré rappelle dans un style étincelant que l’ultime pouvoir de l’Église réside dans la sainteté de ses membres, une sainteté agissant au sein du monde comme un ferment d’espérance, comme un torrent puissant emportant tout sur son passage. « L’heure des saints - nous dit Bernanos - vient toujours. Notre Église est l’Église des saints ! Qui s’approche d’elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle. Pour être un saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ? Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure. Qui l’a une fois compris est entré au cœur de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine ». Frères dans le sacerdoce, je voudrais maintenant partager avec vous une conviction qui, après de nombreux contacts, m’habite profondément. L’urgent pour notre diocèse est le renouveau de la mission. Point besoin d’inventer ni le contenu ni les formes essentielles de cette mission car le Christ nous les a données lui-même par son Église. La vraie question devient par conséquent : « Comment répondre de mieux en mieux à l’appel que nous adresse "le Premier né d’entre les morts", appel pressant à évangéliser les hommes de notre temps ? » Pour nous, évêque et prêtres, cela revient à nous demander : « Comment vivre notre sacerdoce dans un esprit missionnaire ? Comment aider nos communautés à devenir, elles aussi, de plus en plus missionnaires ? » Notre dernière assemblée plénière à Lourdes s’est penchée sur ces questions. Au terme d’échanges fructueux, le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence, nous a délivré un message plein d’espérance. En voici un extrait : « Notre Église retrouve le goût d’être apostolique et missionnaire. Elle est apostolique parce que, depuis vingt siècles, nous recevons la foi au Christ par le témoignage des Apôtres et de leurs successeurs : "As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ?"[1] L’Église est missionnaire parce qu’elle ne serait rien si elle n’était animée par l’Esprit de Pentecôte, constamment tournée et tendue vers les autres, vers ceux qui ne connaissent pas le Christ, ceux vers qui le Christ est lui-même toujours tourné : "Allons ailleurs, parce que là aussi il faut que j’annonce l’Évangile"[2]. Sans cesse, il nous faut appeler les communautés à se laisser entraîner par ce dynamisme missionnaire ». Sans mettre en place de nouvelles structures de concertation, je souhaite que, selon un programme préparé par de judicieux et indispensables échanges, nous favorisions au sein de nos communautés chrétiennes une réflexion en profondeur sur la mission et ses priorités aujourd’hui. Le moment venu, nous pourrons tirer profit des conclusions en développant les énergies missionnaires de nos communautés. Redisons-le : la mission nous concerne tous, évêque, prêtres, diacres, consacrés, fidèles chrétiens ! Alors faisons nôtre le souci de la mission, un souci premier car « l’amour nous presse » ! Cherchons avec persévérance à mieux répondre par des initiatives concrètes à l’appel que l’apôtre Paul nous adresse à chacun : « Malheur à moi si je n’évangélise pas ! » Pour les temps qui viennent, que la devise de notre diocèse soit : « En avant sur le chemin de la sainteté et de la mission ! » En cette année du sacerdoce, confions notre presbyterium et notre diocèse à la Vierge Marie afin que nous soyons, avec nos communautés, les missionnaires de l’amour inouï de Dieu pour les hommes. En communion avec Benoît XVI, je conclus avec une prière que le Saint-Père a composée pour l’Année sacerdotale et que je tiens à dire spécialement en union avec les frères prêtres qui, pour cause de maladie ou pour d’autres raisons, n’ont pu nous rejoindre en ce jour d’action de grâce et d’espérance : « Seigneur Jésus, présent au Très Saint Sacrement, Messe chrismale de l’année sacerdotale 2010. + Henri Brincard Évêque du Puy-en-Velay Maryline Reymond
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HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

