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Homélie de Monseigneur Joseph Boishu, évêque auxiliaire de Reims à l’occasion de la solennité de l’Ascension le 1/05/08

Frères et sœurs vous avez remarqué comment le Seigneur donne cette consigne à ses apôtres : « attendez ce que le Père vous a promis », et nous savons que le Père nous a promis l’Esprit Saint. Et ils vont attendre en se mettant en prière. Saint Luc nous dit qu’ils « étaient assidus à la prière avec Marie et d’autres personnes ». L’Eglise nous invite également pendant ces jours qui nous conduisent à la Pentecôte à être assidus à appeler l’Esprit Saint, à demander au Seigneur pour chacun de nous, pour l’Eglise et pour le monde, cet Esprit de Pentecôte.



Tout cela est un peu étonnant. En effet Jésus nous dit « attendez ce que le Père a promis ». Mais pour attendre, il faut désirer ! On attend quelqu'un quand on désire sa venue. Pour les plus anciens, rappelez vous combien, pendant la dernière guerre, le retour des prisonniers était désiré, combien ils étaient attendus. C'est vrai également d'une fiancée qui attend le retour de celui qu'elle aime. C'est une question de désir. Et la première question que je voudrais vous poser, c'est : « Que désirez vous profondément dans votre vie ? quel est votre plus désir le plus profond ? est-ce bien de recevoir la plénitude du Saint Esprit dans votre vie ? » Il est vrai que dans notre civilisation de surabondance, notre désir est toujours sollicité par une multitude de choses qui ne sont peut-être pas l'essentiel. Mais Jésus nous demande d'attendre et de désirer ce que Dieu a promis. Prenons l'exemple d'un enfant qui demande un cadeau de Noël a ses parents et qui lui répondent : « Nous te promettons que tu auras tel ou tel cadeau ! » Dès lors, l'enfant ne va plus demander puisque ses parents lui ont promis. Or Jésus ici nous invite à demander dans la prière. Comme s'il fallait faire pression sur Dieu pour qu'il tienne ses promesses. Mais nous savons bien que Dieu tient toujours ses promesses. Alors, pourquoi continuer à lui demander l'Esprit Saint ? D'ailleurs, l'Esprit Saint nous l'avons déjà. Nous l'avons reçu au baptême, à la confirmation et nous le recevons d'une certaine manière à chaque messe. Mais autre chose est de le recevoir à l'état de germe dans le baptême, autre chose est d'en recevoir tous les fruits dans notre vie, car souvent l'Esprit Saint que nous avons reçu ne peut pas produire tous ses fruits de vie, de sainteté, parce que notre désir n'est pas à la hauteur du don. En effet si l'Eglise nous demande d'entrer dans cette demande instante et profonde, ce n'est pas pour faire pression, c'est pour nous permettre d'ouvrir notre cœur à ce que Dieu veut nous donner. Prenons une comparaison : mesdames il vous arrive parfois de faire vos courses. Vous est-il arrivé déjà de partir avec un sac et de vous trouver très mal à l'aise en vous apercevant que ce que vous achetez est trop important pour le sac que vous avez. Vous tirer sur le sac pour qu'il corresponde grandeur de l'achat que vous avez fait. Et bien c'est le problème de notre Dieu : il veut nous faire un cadeau extraordinaire : l'Esprit Saint, mais quand il regarde notre cœur, il voit que notre cœur est trop étroit pour y mettre vraiment tous les fruits de l'Esprit Saint qu'il veut nous donner. Et le rôle de la prière sera, progressivement de permettre à notre cœur de s'élargir à la grandeur du don de Dieu. La prière doit adapter notre cœur et notre être à la hauteur de ce que Dieu nous a promis. Au fond pour que notre désir de l'Esprit Saint soit « exaucé », il faut que notre désir soit « exhaussé » à la hauteur du don de Dieu. C'est vraiment extraordinaire que Dieu veuille se donner à nous en donnant la personne de l'Esprit Saint avec tous les fruits de sainteté, de joie de paix, de patience….Ce sont d'ailleurs ces fruits que nous voyons dans la vie des saints. Et si nous persévérons dans la prière pour demander l'Esprit Saint, ce n'est pas parce qu'on se dit que peut-être Dieu ne veut pas nous le donner. Au contraire notre prière persévérante va s'appuyer sur cette certitude que Dieu veut nous donner l'Esprit Saint. Son désir est plus grand que le nôtre, et c'est pour cela que dans les jours qui viennent, nous devons prier pour que notre désir de l'Esprit Saint grandisse et s'affermisse. Nous qui avons tellement de mal à pardonner, nous savons que Dieu veut nous donner cette grâce du pardon. Et bien si nous demandons la grâce de Dieu pour avoir la force de pardonner, nous savons qu'il nous accordera cette grâce. Vous frères et sœur qui êtes mariés dans le Seigneur, comment ne pas demander la force de l'Esprit Saint pour rester fidèles dans cet amour et donner un témoignage de la présence de Jésus dans votre couple. Vous vous appuyez sur cette certitude que Dieu veut vous en donner la grâce parce qu'il s'y est engagé par le sacrement de mariage. Pour vous qui faites le catéchisme, comment ne pas demander cette force de l'Esprit Saint pour bien vivre cette mission que vous avez reçu de l'Eglise et témoigner de celui qui est la Parole vivante, le Verbe de Dieu. Pour vous tous qui êtes baptisés, comment ne pas demander la force de l'Esprit Saint pour mieux comprendre l'amour de ce Dieu qui, le jour de votre baptême, vous a dit : « tu es mon enfant bien-aimé ». nous savons que Dieu veut nous révéler son amour mais notre cœur souvent n'est pas disponible pour recevoir cette révélation, n'a pas toujours la capacité de bien comprendre l'Evangile. Nous avons besoin de l'Esprit Saint pour recevoir l'Evangile comme une parole de vie. Dieu veut se révéler à nous et son désir est immensément plus grand que le nôtre. Osons demander l'impossible, osons demander la grâce des grâces, Dieu lui-même : l'Esprit Saint dans notre vie. Je termine par une petite parabole : c'est l'histoire d'une grand-mère qui sent qu'elle va bientôt mourir et elle a une petite fille qu'elle aime beaucoup. Elle veut lui faire un grand cadeau. Alors elle profite de la visite de sa petite fille, ouvre l'armoire de sa chambre, en sort un beau coffret dont elle vide sur la table le contenu. Dans ce coffret, il y a tous ses bijoux. Certains sont extrêmement précieux et d'autres sont des bijoux de pacotille. Elle dépose le tout sur la table et dit à sa petite fille : « choisit ce qui te fait plaisir! » Naturellement dans son cœur de grand-mère, elle désire que sa petite fille choisisse le bijou le plus précieux. Que va t-elle choisir ? Que va –t-elle demander ? Le risque, c'est qu'elle demande ce qui brille le plus, ces bijoux de pacotille qui la séduisent parce que son désir n'est pas formé, son désir n'est pas encore à la hauteur. Quelle tristesse pour la grand-mère si elle choisit quelque chose qui a si peu de valeur, mais quelle joie si elle choisit ce qui est le plus précieux parce que son choix va sceller l'amour entre la grand-mère et sa petite fille. Notre Dieu n'est-il pas un peu triste quand nous n'osons pas choisir, quand nous n'osons pas désirer et demander ce que Dieu veut surtout nous donner : l'Esprit de Sainteté. Rappelez vous la parole de Jésus : « cherchez d'abord le royaume de Dieu ! » Oui cherchez d'abord à vivre de l'Esprit de sainteté et tout le reste vous sera donné par surcroît. Amen


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