Homélie de l'Ascension, le 21 mai 2009 prononcée par Mgr Brincard



Frères et sœurs, nous formons une belle assemblée diverse cela nous a été rappelé tout à l’heure et en même temps profondément unie. Saint Paul nous a indiqué où il fallait trouver notre unité, en la trouvant nous respecterons mieux notre diversité, nous considérerons qu’elle représente des richesses que nous aurons la joie d’échanger. Notre unité : « une seule foi, un seul baptême, seul Dieu et Père de tous. »


Je voudrais saluer tous mes frères prêtres ici et plus spécialement les prêtres pradosiens parce qu’ils sont présents dans le diocèse, c’est une grâce pour le diocèse.

Je vous rappelle que leur fondateur est le père Chevrier, à peu près contemporain du curé d’Ars, et une singularité à souligner est que leur fondeur a laissé de très beaux écrits, encore plus beaux si on les met en pratique.

Je vous dis seulement pour rendre hommage au Prado, ce que disait le Père chevrier :

« Une once de sainteté et de pauvreté vaut plus que tous les honneurs du monde »

Il ajoutait que cette sainteté passe par la simplicité et rajoute : « Que de raisonnements auraient pu faire tous les saints qui ont suivi la voix évangélique pour les empêcher d’entrer dans une voix si élevée, si parfaite, si difficile à la nature et s’ils s’étaient laissés prendre par tous ses raisonnements, ils ne seraient jamais devenus des saints. Ce sont les raisonnements qui tuent l’Evangile, qui ôtent à l’âme cet élan qui nous porterait à suivre Jésus Christ et à l’imiter dans sa beauté Evangélique. Les Saints ne raisonnaient pas autant et c’est parce qu’il y a tant de raisonneurs qu’il y a si peu de saints. »

Je voudrais saluer parmi les prêtres présents à cette concélébration, un père jésuite car la compagnie de Jésus a été très présente dans le diocèse et en a marqué profondément l’histoire.


Chers confirmands de Saugues, je suis heureux que vous vous trouviez dans cette cathédrale et dans ce grand sanctuaire fréquenté par des pèlerins venus du monde entier.

Beaucoup d’entres eux partent à Saint Jacques de Compostelle, un grand chemin qui aboutit 1600 kms plus loin, à Santiago, au tombeau de Saint Jacques, un des Apôtres du Christ.

Saugues est sur la route de Saint Jacques de Compostelle et je suis heureux de souligner que l’accueil réservé aux pèlerins à Saugues est très apprécié par ceux-ci.

L’accueil, c’est une attitude du cœur qui a pour source un amour venu de Jésus Christ.

Saugues compte aussi des Saints, et nous sommes donc invité, chers jeunes, avec l’aide de votre confirmation, à marcher sur une voix qui va transformer notre cœur et qui va permettre à ceux et celles qui nous rencontrent de découvrir que l’amour nous est donné par Dieu, qu’il est plus grand que notre cœur et c’est pourquoi il l’élargit constamment et que cet amour est finalement un grand cœur, celui de Jésus sur notre main.

Chers jeunes, la confirmation est une force qui nous est donnée pour aimer, pour suivre le Christ toujours de plus près, pour suivre le chemin du bonheur qu’il nous propose avec l’aide de la confirmation et en vous en servant, vous serez de plus en plus heureux. Que  vous souhaiter de mieux que cela ?

Chers amis, nous célébrons aujourd’hui l’Ascension ; c’est un jour chômé, tant mieux s’il permet un repos véritable mais souvenons nous que l’Ascension pour notre foi, c’est Jésus, le ressuscité enlevé au ciel après avoir, dans l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis, nous l’avons entendu dans la première lecture. Nous pouvons aussi, avec l’aide de la parole de Dieu, ajouter : après sa Passion, Jésus s’est montré vivant auprès de ses Apôtres. Il leur a parlé du royaume de Dieu, il leur a annoncé qu’ils allaient recevoir une force, celle de l’Esprit Saint afin d’être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre.

Cette élévation de Jésus et sa disparition aux yeux des apôtres est un fait dont furent témoins en premier les apôtres. Alors quelle peut être la signification de ce fait ?

Il s’agit tout d’abord de se souvenir que l’Ascension ne tourne pas notre regard vers un ciel composé d’illusions, de rêves, de regrets. Il ne s’agit pas de regarder le ciel mais de se comporter en véritable disciple de Jésus-Christ, j’emprunte cette expression au Père Antoine Chevrier.

Pour cela, il faut comprendre la signification du fait que je viens de rappeler à partir de la parole de Dieu et tirer de cette signification et de sa meilleure compréhension des conséquences pratiques pour notre vie chrétienne.

L’Ascension signifie la participation du Christ, dans son humanité, à la puissance et à l’autorité de Dieu. Il est le Seigneur du cosmos et de l’histoire, il est au dessus de tout pouvoir, de toute puissance et de toute souveraineté, c’est Saint Paul qui nous le rappelle dans l’Epitre aux Ephésiens. Est-ce vrai dans nos vies ?

Jésus exerce son autorité sur l’Eglise dont il est  à la fois la tête et la source. Nous savons que Jésus gouverne l’Eglise par une présence dans son Eglise ; il est présent par sa parole.Cette parole proclamée avec solennité nous rappelle que Jésus se donne lui-même dans sa parole, il est présent dans l’Eglise par les sacrements et tout particulièrement par l’Eucharistie que nous célébrons. Nous venons ici pour rencontrer le Christ et le recevoir, le laisser nous transformer et l’annoncer par cette transformation aux autres et si nous comprenons cela, nous comprenons toujours mieux -car on a aura jamais fini de la comprendre- la messe.

Jésus est présent dans le prochain à travers lequel il nous tend la main, lisons l’Evangile pour en être convaincu. S’il est présent dans son Eglise, son règne commence à être présent aussi dans l’Eglise.

Depuis l’Ascension, nous sommes dans ce qu’on appelle la dernière heure. Le renouvellement du monde est acquis, mais le règne du Christ n’est pas achevé. L’heure de l’avènement glorieux du Royaume du Christ n’est pas encore arrivée. C’est l’heure de l’ordre définitif de la justice, de la paix, de l’amour.

L’avènement du Christ glorieux, c’est encore la Parole de Dieu qui nous le dit, est imminent mais nous n’en connaissons pas le temps, inutile de raisonner sur ce point.

Nous savons à propos de cet avènement final du Christ, deux choses :

-                          Cette venue du Christ est suspendue à la reconnaissance du Christ par Israël, Saint Paul nous en parle longuement.


-                          Nous savons aussi qu’avant l’avènement glorieux du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale dont le Christ nous dit lui-même qu’elle ébranlera la foi de nombreux croyants, c’est dans Saint Luc au chapitre XVIII.

En quoi peut consister cette épreuve ?

Cette épreuve sera celle d’une imposture religieuse suprême qu’on appelle l’imposture de l’anti Christ. C’est l’imposture d’un pseudo messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son messie qui est venu dans la chair.

L’Eglise n’entrera dans la gloire du royaume du Christ qu’après un déchainement ultime du mal dont Dieu triomphera. Le retour du Christ s’accompagnera du jugement des vivants et des morts, c’est le jugement que nous allons proclamer comme une vérité de foi dans le credo dans quelques instants.

Qu’est ce que ce jugement ?

 

Ce sera la mise en lumière de la conduite de chacun. Jésus est venu pour nous sauver et pour nous donner la vie qui est en lui. C’est par le refus de cette grâce en cette vie que chacun se juge lui-même. Dieu ne repousse personne.

 

Pour conclure, regardons en vérité notre vie. Ce regard dans la lumière de la miséricorde de Dieu nous stimulera, nous sortira de la médiocrité et des complaisances dans lesquelles nous nous sommes enfoncées. Appuyons nous sur la miséricorde de Dieu, sur cet amour tout puissant, toujours prêt à nous renouveler et à nous remplir du bonheur dont il est la source.

Soyons fidèle à notre vocation, à cet appel que nous recevons de Dieu, selon les paroles de Saint Paul. La fidélité consiste dans l’humilité, la douceur, la patience et consiste à garder l’unité, d’être des gardiens de l’unité c'est-à-dire ses serviteurs. Les chemins de tout cela nous sont indiqués dans l’Evangile.

 

Demeurons aussi fidèles à notre mission qui est de proclamer la bonne nouvelle à toute la création pour ceux et celles que nous rencontrons tous les jours selon des chemins parfois providentiels. Mère Térésa a su le dire avec des mots tout simples. Un jeune qui lui demandait ce qu’il pouvait faire pour combattre la misère dans le monde et les malheurs qu’elle apporte, elle lui répond : « Fais ce qui dépend de toi, et le monde ira mieux, si on te dit que c’est une goutte d’eau, tu répondras : l’océan est fait de gouttes d’eau ». 

Que la Vierge Marie, Mère du Christ sauveur, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise nous aide à répondre à l’appel à la sainteté, à l’appel à la mission. 
 

Monseigneur Henri BRINCARD


Emmanuel Gobilliard
Lu 535 fois




Autres documents :
1 2 3 4

Actualités | Horaires messes et offices | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter