Homélie de la fête de l'Annonciation et de la prise d'aube des enfants de la Maîtrise prononcée par Mgr Brincard, le 25 mars 2011



Chers amis, chers jeunes, vous qui êtes rassemblés dans cette communauté appelée la Maîtrise, chers jeunes qui allez prendre l’aube je voudrais vous dire quelques mots.


Il y a deux semaines, le chef de l’Etat entrait dans cette Cathédrale et vous étiez vers la sortie du grand escalier intérieur pour chanter alors qu’il montait cet escalier. J’ai remarqué qu’il s’était arrêté devant vous et que vous n’étiez pas trop impressionnés même si vous étiez très respectueux. Quand le chant s’est arrêté, il vous a salué. Vous avez rencontré un grand de ce monde avec beaucoup de responsabilités et aujourd’hui nous célébrons le Seigneur des Seigneurs.


Dieu lui-même est entré dans notre monde par une femme et je salue ce soir toutes les femmes. Quelle dignité, quelle grandeur que vous découvrez en regardant la Vierge, votre sœur.


Demandez à vos parents de vous expliquer ces paroles. Je voudrais évoquer cette entrée dans le monde de Dieu par deux représentations qui se trouvent dans notre Cathédrale, dédiées à l’Annonciation du Seigneur à Marie.


Au fond, dans le sanctuaire marial, que voit-on ? Devant l’Autel, et incrusté en lui, que voit-on ?
Je ne vous demande pas de répondre. Nous voyons une scène qui représente un ange s’inclinant devant une femme Marie. Il porte une très belle fleur qui symbolise le cœur de la Vierge comme ces fleurs, au pied de cet autel devant vous, représentent le cœur  de la Vierge.


En effet le cœur de Marie est tout pur. La pureté, ne l’oubliez jamais, surtout dans les premières tempêtes de l’adolescence ! Aimer, c’est accueillir et se donner et ne pas prendre, posséder, écraser. Marie est tout accueil et c’est pourquoi l’ange présente cette fleur qui représente son cœur.


Pourquoi l’ange s’incline t-il devant la Vierge ?


Chers jeunes vous découvrirez que les anges font partie de la création de Dieu et ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas qu’ils n’existent pas. C’est une grande sottise de notre époque de penser que c’est seulement ce qu’on voit qui existe, le plus important en vous c’est votre cœur, je ne le vois pas, sauf peut être à travers le regard, le sourire.


Oui l’ange s’incline parce qu’il est devant le chef d’œuvre de Dieu. La plus belle créature de Dieu ce n’est pas l’ange, c’est une femme ! Alors mesdames, quand vous vous demandez quelle est votre place dans l’Eglise, regardez Marie et vous découvrirez qu’elle est enviable. Surtout de la perdez pas ! Si l’ange s’incline c’est pour reconnaitre en Marie sa grandeur toute reçue de Dieu. Ce qui est très beau, si vous regardez cette admirable scène, c’est que Marie ne regarde pas l’ange, elle a les mains ouvertes et elle est dans la contemplation : elle a un regard très profond qui voit l’invisible et l’invisible, c’est Dieu qui lui parle à travers cet ange, et ses mains ouvertes c’est le signe de son oui.


Nous voyons qu’elle a été appelée à être la Mère du Sauveur. Si on sent dans son cœur que nous avons besoin de changer, si on sent dans son cœur qu’il y a des noirceurs, des poids, à ce moment là ce cœur commence à crier. « Qui peut me sauver, me délivrer de ces poids, qui peut me donner un cœur jeune ? » On désire un Sauveur !


Je me souviens d’un épisode qui se déroulait sur une route de Haute Loire : un accident venait de se produire, une voiture était renversée et à l’intérieur, il y avait une femme qui perdait son sang et quand je me suis approché d’elle, j’ai entendu : « Sauvez-moi »


Oui nous avons besoin d’être sauvé mais c’est en premier lieu notre cœur qui doit être sauvé. Il a besoin d’être changé !


Celui qui va naitre de Marie, et qu’elle gardera dans son sein pendant neuf mois, le temps d’une maternité, c’est la Sauveur du Monde, c'est-à-dire qu’il apporte un salut à tous les hommes, à la condition qu’ils désirent ce salut. C’est la maternité divine.


Saint Thomas D’Aquin a dit une parole qui fait toujours réfléchir : il a dit que parmi les œuvres les plus grandes, au point que le Seigneur ne peut pas en accomplir de plus grandes, ce qui est très audacieux, il y a la maternité divine de Marie. Dieu lui-même, créateur du ciel et de la terre, veut prendre une nature humaine, créée par un acte de sa puissance, il est venu prendre cette nature humaine à partir d’une femme. Quelle délicatesse, quel amour, quel proximité pour nous !


Je voudrais insister sur un point par rapport à cette maternité divine c’est que tout s’est réalisé à partir du oui de Marie. Saint Bernard, un grand théologien et un grand saint, dira dans un colloque extraordinaire, qu’il a bien sûr inventé, entre Marie et lui : « Oh Marie, dis oui, toute l’humanité est suspendue à ton oui ! » C’est le oui de Marie, un oui caché, un oui d’une pureté extraordinaire, un oui qui est un chemin d’espérance pour chacun et chacune d’entre nous. Merci Marie !


Je voudrais souligner ce soir non seulement la pureté du cœur de la Vierge exprimée à travers son acte de foi mais aussi son humilité. Etre humble c’est simplement reconnaitre que tout ce que nous avons de beau et de grand nous l’avons reçu, que nous avons reçu la grâce de faire fructifier ses propres dons. L’humilité nous aide à dire merci. Rien de plus pénible qu’une personne qui tire de l’orgueil de ses dons comme si ses dons venaient d’elle. Cet orgueil abîme ses dons. L’humilité de Marie c’est de s’effacer dans la lumière qui lui est donnée par l’ange, c’est de s’effacer devant celui qu’elle reçoit de tout son cœur.


Chers amis, il nous faut demander ce soir d’entrer plus profondément dans ce grand mystère qui est un évènement raconté avec une très grande sobriété dans l’Evangile. Ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une invention, mais un récit qui nous met en contact avec la réalité et cette réalité doit transformer notre vie. Ce soir nous dirons merci à Dieu -c’est ce qu’on appelle l’action de grâce- de nous aimer tant, nous dirons merci à Marie et nous demanderons à Marie de nous aider à être un « oui » à Dieu, à l’amour, qui nous permettra de nous transformer et de rayonner car c’est ainsi que l’amour agit à travers nos vies.


Bonne et Sainte fête à tous



Monseigneur Henri Brincard





Maryline Reymond
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