Homélie du 18ème dimanche ordinaire par le Père Roland Bresson



Homélie du 18ème dimanche ordinaire par le Père Roland Bresson

F. & S.,
 

En cette année B, c'est le deuxième des cinq dimanches pendant lesquels, nous interrompons la lecture de l'évangile de saint Marc, pour écouter le chapitre six de l'évangile de saint Jean. Cinq dimanches pendant lesquels nous revivons, nous entendons, nous méditons l'enseignement de Jésus sur le Pain de Vie.
 

En cette période d'été, il nous est bon de nous reposer aussi spirituellement pour voir et goûter comme le Seigneur est bon dans son Pain, nourriture de nos corps et de nos âmes.
 

Dimanche dernier les paroles de Jésus ont été précédées par le miracle de la multiplication des pains. J'espère que j'avais bien compris et que nous avions tous bien compris le miracle de la multiplication des pains : Jésus a rassasié une foule immense. Si nous n'avons pas bien compris : faisons comme les disciples dans l'évangile de dimanche dernier :

recueillons les "morceaux" que nous ne pouvons pas assimiler, de peur que ce que nous n'avons pas compris ne se perde. Douze paniers furent remplis et conservés de ce que la foule immense n'avait pu manger ! Dans l'évangile il y a toujours des choses qu'on ne comprend pas : alors il ne faut rien jetter : au contraire : il faut garder cela pour un autre jour...

Aujourd'hui nous voyons que la foule de l'évangile est comme nous : elle n'a pas tout compris, elle n'a pas tout mangé. Elle croit avoir compris : elle se met à chercher Jésus pour qu'il devienne roi : le roi du Pain. Le roi qui nourrit gratis. C'est Jésus lui-même qui révèle à la foule le malentendu :

Amen, Amen, je vous le dis : Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.

Vous êtes charnels, vous êtes matériels, vous ne voyez que ce qui se voit et qui rempli le ventre. Mais vous ne voyez pas les signes !

Nous aussi nous allons voir du pain et du vin que vont porter dans quelques minutes des baptisés dans la procession des offrandes, nous verrons encore du pain sur l'autel et encore quand le prêtre vous montrera et vous donnera la communion... mais, au delà du visible, voyez encore le signe que veut nous faire Jésus aujourd'hui :

La nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle.

Jésus nous adresse des paroles assez critiques :

Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd.... ou, encore une fois : Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes mais parce que avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.

Que venons-nous chercher à l'église ? Que venons-nous chercher le dimanche à la messe ? Bien souvent : une nourriture qui se perd : des faveurs temporelles... devant la statue de Notre-Dame du Puy, les reccueils de prières en sont remplis. Les petits papiers déposés devant la statue de saint Jacques aussi... on demande à Dieu, à Notre-Dame, à saint Jacques : du travail, la santé du corps, la réussite, la fin de la crise, le bonheur dans les affaires. On n'y trouve qu'assez peu souvent : "Je viens chercher Jésus pour lui-même, et pas pour ce qu'il pourrait me donner " : Vous me cherchez parce que vous avez mangé du pain !

Oh, ne pensez pas que le Seigneur nous reproche nos prières pour les besoins les plus simples et indispensables de notre vie. N'a-t-il pas dit que nous devons prier ainsi :

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ? La liturgie de ce XVIIIe dimanche ne nous fait elle pas prier ainsi :

Assiste tes enfants, Seigneur, et montre à ceux qui t'implorent ton inépuisable bonté ; c'est leur fierté de t'avoir pour Créateur et Providence... ? dans ce beau nom de Providence, il est dit que Dieu est notre pourvoyeur de bienfaits pour notre corps aussi. Ne bénissons-nous pas nos repas en remerciant Dieu de nous donner la nourriture que nous allons prendre ? A la messe, le prêtre ne dit-il pas en élevant le pain en offrande :

Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donne ce pain...? Oui, Dieu accueille nos demandes, si matérielles soient elles. Mais Jésus nous dit aussi :

Ne travaillez pas pour la nourriture qui se pert mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme.

Ne "saisissons pas" le Pain de ce jour mais "recevons-le" en rendant grâce pour la Main qui nous le donne. Cela nous pouvons le comprendre facilement. Mais je crois que Jésus nous invite à aller plus loin quand il dit : l'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qui l'a envoyé.

Cela signifie déjà pour notre vie chrétienne ordinaire qu'il nous faut adorer le Dieu de qui vient tout don. Le don n'est que passager, alors que la source du Don demeura toujours. Et cela signifie aussi quelque chose de plus important. Si Jésus est l'envoyé, si Jésus est, comme il le dit dans l'évangile de ce jour, le Pain de la vie, nous devons par l'accueil de ce don, remonter au Père qui est le donateur et aussi nous somme conviés à la croire : c'est cela le grand travail, la grande affaire de la foi, le grand enjeu de nos vies, le drame de toute l'humanité : c'est cela l'oeuvre de Dieu : croire en celui qui a envoyé Jésus.

Remontons toujours à la source : la Loire qui coule chez nous, ne serait rien sans ses sources. Nos êtres vivants ne serait rien sans la Vie, sans celui qui possède la Vie en abondance et qui la partage avec nous.

Revenons aux intentions écrites par les pélerins devant la statue de Notre-Dame pour saisir un peu comment Marie nous aide à remonter à la source. Son image, sa statue est là : hiératique, comme en attente, les yeux fixés sur nous est au dela de nous, au delà de nos petites personnes, de notre assemblée. Elle tient son enfant Jésus sur ses genoux : non dans un face à face tendre ou ébloui à la façon des vierges de l'époque gothique, mais dans l'attitude d'un trône vivant. Ou plutôt dans la posture de celle qui est prête à nous faire un don : elle semble nous dire : "vous venez me demander des faveurs : du travail, la santé du corps, la réussite, la fin de la crise, le bonheur dans les affaires. Eh bien moi, je veux vous donner plus : prenez avec vous la source de tous les dons et vous aurez mieux encore : prenez avec vous mon Fils. Voyez, il est là au bord de mes genoux, prêt à descendre. Tendez-lui les mains, et vous l'aurez avec vous." Voilà le trésor qu'elle nous donne : celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.

Nous contemplons la statue de Notre-Dame du Puy et un peu plus bas, nous voyons le tabernacle dans lequel se trouve l'Eucharistie : le Pain de la Vie, Jésus. Ce n'est plus Marie seulement, c'est l'Eglise qui nous le transmet aujourd'hui : Le même et unique Esprit saint qui avait conçu Jésus dans le ventre de Marie à Nazareth, le jour de l'Annonciation, a consacré : "trans-substancié" le pain devenu le Corps du Christ ici sur l'autel durant la messe. Voilà la nouvelle nouvelle naissance, le nouveau Noël : non plus à Bethléem seulement mais dans nos églises, au coeur de nos villes et nos villages.

Alors la foule dit à Jésus :

Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours.

Jésus leur répondit :

Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ;celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.
Amen.


Maryline Reymond
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