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Homélie du 3ème dimanche de Pâques A
Nous sommes au cœur du temps pascal pendant lequel nous célébrons la résurrection du Seigneur, cause de notre joie. Oui c’est un temps de joie et d’allégresse. Mais attention ! De quelle joie s’agit-il ? Certainement pas de cette joie superficielle et adolescente qui procède de la méthode Couet et dont le but est de nous faire oublier notre vie difficile et déprimante. Cette joie là c’est la joie des stades de foot et des film d’amour. La joie de Dieu est une joie profonde, qui est aussi un fruit de l’Esprit Saint. Elle est la conséquence d’un changement radical de vie. Dimanche dernier j’ai été surpris de la réflexion de certains, peu nombreux, alors que la béatification de Jean Paul II était diffusée en direct dans cette cathédrale. Il n’y avait pas assez d’ambiance. Juste après avoir entendu cette réflexion nous entendions par la commentatrice, que le pape Benoît XVI, avait invité les fidèles à intérioriser leur joie, à éviter des manifestions trop exubérantes. Nous avons tous la nostalgie de ces journées mondiales de la jeunesse pendant lesquelles nous vivions une ferveur, une communion, une joie extérieure profonde et touchante, mais qui risquait d’être très superficielle. Le signe de la vraie joie, c’est la conversion, le changement radical de vie. Nous sommes prêt à vivre une joie toute psychologique qui d’ailleurs ne peut que nous faire du bien, mais sommes nous prêts à changer de vie ? C’est pourtant ce qui se passe avec tous les témoins de la résurrection. Regardez dans la première lecture Pierre, qui au moment du procès de Jésus était incapable d’affirmer seulement qu’il le connaissait, qui s’est enfermé au Cénacle, pétri de peur. Regardez le, ce pêcheur du lac de Tibériade, haranguer les foules en se tenant debout. Il risque maintenant sa vie. Que s’est-il passé ? Il a rencontré le Christ vivant et sa vie a été bouleversée. Avons-nous fait cette rencontre qui a transformé notre vie ? Je préfère dire au présent, faisons nous cette rencontre qui transforme notre vie, la faisons nous tous les jours ? Je me souviens d’un couple très choqué à la suite du diner un peu mondain dans un milieu plutôt « catholique bon teint ». La discussion tournait autour de la foi et de la vie après la mort. Cette dame, qui avait sans doute fait une véritable rencontre du Christ ressuscité, témoignait de son espérance lorsque son voisin, catholique pratiquant lui dit : « je trouve que la religion catholique est très importante pour notre vie quotidienne, pour la morale, pour l’éducation de nos enfants, mais ne me dites quand même pas que vous croyez à la résurrection pour de vrai ? » Faire une rencontre du Christ ressuscité, ce n’est pas éprouver dans son cœur la présence de Jésus. Cette sensation très douce et très affective, c’est le lot des débutants dans la foi, qui sont ainsi encouragés à suivre Jésus et à enraciner leur foi plus profondément. Mais la plupart des grands mystiques, et mère Térésa en est un exemple éclatant, ne ressentaient plus rien mais vivaient du Christ de façon extraordinaire. Qu’est ce donc que « vivre du Christ » ? C’est vivre la suite du Christ, c’est lui obéir, c’est témoigner de lui par notre vie, c’est changer de vie, c’est nous convertir, comme les disciples d’Emmaüs. Ils ont tellement changé de vie qu’ils ont fait demi tour. Ils étaient déprimés, tournés sur eux-mêmes, sans espérance et la rencontre avec le Christ ressuscité les a totalement transformés. Si j’ai fait une véritable rencontre du Christ alors ma vie doit en être transformée, je dois vivre de la charité du Christ. Concrètement cela signifie que je dois vivre cette recommandation du Christ « On vous reconnaîtra pour mes disciples à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». Le signe que vous êtes disciples du Christ, ce n’est pas le fait que vous veniez à la messe. La messe c’est la cause, c’est la rencontre hebdomadaire, voire quotidienne qui vous permet d’être signe. Mais le signe c’est la charité. Vivre du Christ, c’est respecter ses collègues de travail sans les humilier, sans les écraser, c’est ne pas calomnier, c’est aimer ses ennemis, pardonner, ne pas jalouser, savoir rendre grâce. Comment peut on par exemple se prétendre disciples du Christ en étant par exemple voleur. Voler ce n’est pas seulement prendre le sac à main d’une vielle dame, c’est aussi tricher en remplissant sa déclaration d’impôts. Vivre du Christ, c’est savoir reconnaître le Christ dans les autres, vouloir qu’ils soient heureux, c’est donner sa vie. Oui vivre le mystère pascal, ce n’est pas d’abord sauter de joie, c’est vivre de la mort et de la résurrection du Christ, c’est mourir à moi-même pour vivre du Christ. Et je ne peux pas vivre du Christ sans mourir à moi-même et à mes idées fausses, comme les disciples d’Emmaüs sont morts à eux-mêmes en faisant demi tour et en comprenant grâce à la patience du Christ que leurs idées étaient fausses. Vivre du Christ, c’est l’écouter, le laisser me parler pour qu’à sa lumière je sache enfin ce qu’il y a de faux dans ma vie et le changer, et me convertir. Pendant ce temps de la Résurrection Jésus parle à chacun d’entre nous, il nous explique les écritures, il change notre cœur et nous invite à changer quelque chose dans nos vies. Ayons la patience de découvrir, avec son aide ce qui doit changer dans nos vie alors non seulement nous aurons des faces de ressuscités mais nos vies ressusciteront dès maintenant et nous pourrons vivre la vrai joie, celle de Marie, la joie du bonheur des autres, la joie d’avoir donner notre vie pour nos frères
Emmanuel Gobilliard
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