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Homélie du 6ème dimanche de Pâques le 27/04/08

prononcée par monseigneur Henri Brincard



Nous sommes encore dans le temps pascal, un temps qui nous invite à regarder d'une manière profonde le mystère du Christ ressuscité et surtout à en vivre.


Pendant ce temps pascal, j'ai eu le bonheur d'aller à Lourdes avec le pèlerinage diocésain et parmi les participants, il y avait 230 collégiens. Au-delà du chiffre, j'ai été impressionné par ce qui s'est passé dans le cÅ“ur de ces jeunes. Je crois que plus que jamais il est nécessaire et j'espère que c'est pour vous tous une évidence, de  proposer aux jeunes ce que j'appelle l'expérience d'une vie de foi. L'enseignement de la foi se fait par le catéchisme et par d'autres modes mais l'expérience de la vie de foi n'est pas facile pour eux. Dans leur famille, cette expérience ne leur est pas toujours proposée. Heureux les enfants qui ont des familles où cette expérience est réelle.



L'expérience de la foi est proposée par l'intermédiaire de la vie paroissiale mais les familles n'ont pas toujours de grands liens avec leur paroisse et enfin nous savons que nos écoles, même méritantes, rencontrent des difficultés pour proposer cette expérience de la foi bien qu'en ce moment, elles fassent un grand effort dans ce domaine. Alors, il reste les temps forts pour que les jeunes fassent cette expérience de la foi . C'est ce que les jeunes de notre diocèse ont vécu à Lourdes et avec eux 11000 jeunes de la région parisienne venus participer au « Frat Â» ; la transformation de leur cÅ“ur faisait plaisir à voir. C'est la grâce de Lourdes qui avait opéré dans leur cÅ“ur. L'expérience de la foi implique l'expérience de la prière, de la rencontre avec le Christ à travers les sacrements et du service. Certains jeunes, les JSM (Jeunes au service des malades) ont vécu d'une manière particulière cette expérience du service.



Je voulais vous partager cette grâce et vous inviter aussi à prier pour les vocations sacerdotales car c'est le service du cœur profond de l'homme qui est très nécessaire aujourd'hui. Nous savons que notre diocèse traverse des heures difficiles et avec votre prière nous en ferons en chemin pascal, à travers une offrande, source de vie.



Je voudrais vous dire un mot sur l'évangile puisque l'homélie c'est le service de la parole de Dieu et d'une parole qui éclaire en brûlant comme le cierge, tout particulièrement le cierge Pascal qui symbolise la présence du Christ qui nous éclaire en nous brûlant. Nos cœurs n'étaient ils pas brûlants tandis qu'il nous parlait en chemin ?



Dans l'évangile, nous voyons que Jésus, juste avant d 'entrer dans sa passion va enseigner à ses disciples deux choses très importantes : Tout d'abord il ne les laissera pas orphelins ; c'est paradoxal de le dire juste avant sa mort mais c'est une façon d'annoncer déjà sa résurrection et en même temps de dire qu'il reviendra sans cesse vers son Eglise par ces chemins que nous connaissons : la prière, la charité fraternelle et les sacrements. Les sacrements, c'est vraiment Jésus qui nous serre contre son cÅ“ur. Ces trois chemins, je le répète sans me lasser, sont indissociables : prière, sacrement et charité fraternelle sont des chemins inséparables par lesquels Jésus vient vers nous.



Les témoins de la résurrection, Jésus l'annonce, seront ses disciples : « vous me verrez vivant Â». Nous vivons de la résurrection depuis notre baptême. Le baptême est une vie et à partir de cette vie qui est en nous et à l'aide de la foi, de l'espérance et de cet accueil qui s'appelle l'amour de Dieu, nous découvrons que Jésus est dans son Père, que nous sommes en lui et que lui est en nous : C'est comme un résumé de la foi qui nous est proposé par Jésus. Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi je suis en vous. Mais comment être en Lui ? Par la foi, je viens de le dire mais aussi en gardant ses commandements. Jésus l'ajoute : « aimez et si vous m'accueillez dans l'amour sachez que aimer ce n'est pas sentir mais consentir c'est-à-dire s'unir à ma volonté et devenir un avec moi Â». Nous connaissons cette volonté à la fois radicale, simple, exigeante, merveilleuse, source de bonheur. Cette volonté c'est que nous adorions avec lui son Père. Nous avons été invités à venir à la messe, à la célébration de l'eucharistie pour adorer avec Jésus, le Père. Après la consécration, le moment où Jésus sera présent, je lèverai l'hostie et le calice. C'est à ce moment que nous sommes invités à adorer avec Jésus, le Père, car le Père se cherche des adorateurs en Esprit et en Vérité



La seconde volonté, après l'adoration, c'est la charité fraternelle. L'amour reçu doit être communiqué à nos frères. Nous devons devenir pour eux le visage du Christ et aussi sa main.



Jésus dit une parole étonnante et si on n'est pas étonné par l'évangile c'est qu'on s'est habitué à l'entendre sans jamais le comprendre : nous devons entrer plus profondément dans la signification de ce que Jésus nous dit.


« Je me manifesterai à celui qui m'aime Â». Comment se manifeste t-il ?


Par la paix et la joie qu'il nous a promise si nous sommes fidèles :la paix, la plénitude, la lumière et l'amour, la joie, la dilatation du cÅ“ur, un cÅ“ur qui s'élargit progressivement aux dimensions de celles du Christ et qui continuera à s'élargir ainsi dans l'éternité bienheureuse.



Jésus, ensuite, promet de prier le Père pour que le Père donne l'Esprit saint, l'Esprit de vérité et d'amour, le défenseur comme Jésus l'appelle dans l'évangile de ce jour avec un nom très particulier sur lequel je m'attarderai quelques instants mais avant de le faire, je pose la question : Pourquoi Jésus dit « je prierai Â» et non pas je prie ?


 Il fait allusion à la grande prière de la croix, c'est sur la croix que cette prière immense, intense, irrésistible car jaillit de l'amour du Fils pour le Père, que Jésus dans sa prière appelle l'Esprit Saint. Il demande au Père d'envoyer l'Esprit Saint par et dans le Fils. C'est très important pour ceux qui veulent se laisser conduire par le Saint Esprit. Je reconnais la présence du Saint Esprit dans un cÅ“ur non pas par des prodiges ni par des signes extraordinaires, je le reconnais par un sens de la croix, un amour de la croix, un cÅ“ur à la croix et la croix dans le cÅ“ur. Voilà le signe ! Jésus appelle l'Esprit Saint, l'Esprit de vérité ; en effet l'Esprit Saint nous est envoyé par le Père dans le Fils pour nous aider à reconnaître dans en Jésus le sauveur et donc à rendre témoignage que Jésus est le fils de Dieu.


Témoigner c'est rendre témoignage que Jésus est le fils de Dieu et nous le faisons à travers notre vie avant de le faire par la proclamation, en rendant compte de l'espérance qui est en nous. Nous proclamons en rendons compte de l'espérance qui est en nous. Le pape Benoît XVI a développé admirablement ce thème. Je vous invite à lire sa dernière encyclique.



Je dirais qu'ici l'espérance désigne à la fois une certitude et un désir. La certitude  que Jésus  nous conduit vers son Père et le désir d'être auprès du Père et d'être le visage à travers notre bonheur de ce que Jésus propose à tous les hommes. Les chrétiens ont convertis le monde, c'est-à-dire bouleversé les cÅ“urs, au début de l'histoire chrétienne, surtout par la joie de se savoir aimer, de savoir que la vie a un sens puisque avec Jésus nous allons vers son Père, et qu'un bonheur immense nous est promis au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir.  Ce que l'Å“il n'a pas vu et ce que l'oreille n'a pas entendue nous est proposé : voir le Père dans le Fils sous le souffle de l'Esprit Saint.
Ces proclamations doivent se faire avec douceur et avec respect. Ce respect que la Sainte Vierge a eu à Lourdes, elle qui a été envoyé par le Saint Esprit auprès de Bernadette et à travers elle à toute l'Eglise. Bernadette dira « elle me regardait comme une personne qui regarde une autre personne Â». Le regard, c'est d'abord, le respect, un respect pour une dignité qui ne vient pas de nous mais qui est en nous et qui est en ceux que nous rencontrons et c'est par ce respect que nous pouvons faire découvrir très souvent cette dignité et nous souvenir  que nous devons l'honorer dans nos vies.
Le Saint Esprit est le défenseur comme l'appelle Jésus. En grec ce terme désigne très concrètement celui qu'on appelle à la rescousse pour prêter main forte dans une situation difficile ou qui exige beaucoup de courage. Jésus le présente comme le conseiller, l'intercesseur, celui qui nous console, qui nous apporte l'appui dont nous avons besoin pour demeurer fidèle dans la communion avec Jésus comme dans le témoignage que nous devons lui rendre. C'est une assistance dont nous avons besoin. Jean Paul II dira dans une encyclique admirable que l'Esprit Saint est un protagoniste de la mission c'est-à-dire celui qui aide l'Eglise à rester fidèle à ce que Jésus lui demande : d'être une épouse, c'est-à-dire de l'accueillir et de se donner à lui et aussi de l'annoncer à tous les hommes à travers une mission qui participe à celle de Jésus. L'Esprit Saint nous y aide puissamment. Invoquons le et demandons pendant ce temps Pascal, d'être comme ce cierge qui éclaire en se consumant c'est-à-dire à travers l'offrande de notre vie qui peut prendre bien des formes et que, en même temps nous puissions éclairer à travers une proclamation qui jaillit de l'offrande comme la flamme du feu.
Que la Vierge Marie nous y aide. Lourdes nous rappelle bien tout cela. Qu'est ce qu'était Lourdes en 1858 ? Une petite bourgade comme beaucoup d'autres. Qu'est ce qu'elle est aujourd'hui ? Un lieu où viennent 6 millions de personnes. C'est d'abord l'Å“uvre de Dieu, une Å“uvre à laquelle nous coopérons avec le Saint Esprit, c'est cela la mission. Amen




+Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay



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