Homélie du 7ème dimanche ordinaire, dimanche 20 février prononcée par père Emmanuel



La sainteté vient de Dieu, c’est ce que proclame la première lecture : « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint ! » et cette sainteté de Dieu, elle nous a été donnée, de manière parfaite en Jésus, image du Dieu invisible. Donc tous nos efforts pour avancer vers la sainteté, pour progresser dans la vie chrétienne doivent avoir Jésus pour modèle. Il n’y a pas de modèle plus parfait et plus imitable. 






Jésus en effet est le plus imitable parce qu’il est le plus aimable aussi. Il est le plus imitable parce qu’il se fait tout à tous et que dès que nous avons choisi résolument la sainteté, c’est lui-même qui vient en nous pour la réaliser. Pas de sainteté sans lui, pas de vie chrétienne sans lui, pas d’amour véritable sans lui, pas de liberté authentique sans lui, pas de vérité sans lui. Il est le seul qui vous permette d’être saint en étant parfaitement vous-même, c’est-à-dire en répondant pleinement à votre vocation. En effet, même s’il est toujours bon d’imiter d’autres saints, c’est toujours Jésus que j’imite en eux. Le risque en voulant imiter des modèles qui ne sont pas Jésus c’est que j’imite aussi leur particularité, leur vocation propre, leur caractère aussi. Ainsi je risque de croire, en imitant sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, que la seule sainteté possible, c’est la vie au Carmel et je pourrais prendre autant d’exemples qu’il y a de saints. 
 




Pour Jésus, c’est différent. Il assume toute l’humanité, il rejoint chacun et surtout il accompagne chacun. En choisissant Jésus pour modèle, vous choisissez en même temps la vie avec lui. Il ne fera qu’un avec vous tout à l’heure par le mystère eucharistique, il dialogue avec vous dans la prière, il vous inspire la réaction juste. En un mot, il est non seulement votre modèle mais aussi votre ami. Votre seul véritable ami puisque lui seul finalise tous les autres liens que vous pouvez avoir, tous les autres amours, en les enrichissant considérablement. Cette longue introduction, qui m’est inspirée par la première lecture me permet de bien faire comprendre l’Evangile. En effet cet Evangile est souvent mal compris. Comme s’il donnait une préférence au pardon et à la miséricorde (ce qui est d’ailleurs le cas) mais contre la justice, à la charité, contre la vérité. Cela n’est pas possible et je l’ai encore répété dimanche dernier. 






« Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent » (psaume 85) et cette rencontre ne se réalise parfaitement qu’en Jésus. Concrètement qu’est ce que cela signifie. Cela signifie que la foi chrétienne n’est pas une religion de la faiblesse et du masochisme. Ce que nous demande Jésus, ce n’est pas de nous écraser systématiquement. D’ailleurs, quand Jésus se fait un fouet et qu’il détruit les étals des marchants il n’a pas l’air de tendre l’autre joue, quand il traite les pharisiens d’engeance de vipère ou saint Pierre de Satan, sa douceur se manifeste avec une certaine vérité, c’est le moins que l’on puisse dire. D’ailleurs j’ai cru lire dans l’Evangile : « Le royaume de Dieu souffre violence et ce sont les violents qui s’en emparent ! » Et pourtant, au moment de sa passion il est le serviteur souffrant tel que le décrit Isaïe : comme une brebis qu’on mène à l’abattoir, il n’ouvre pas la bouche. Pourquoi d’un côté il semble s’humilier, s’écraser et de l’autre il semble violent. Pour comprendre ce changement il faut faire comme dans le sport, aller au résultat. A chaque fois il est victorieux, à chaque fois il accompli sa mission jusqu’au bout avec une parfaite réussite, la finalité étant la gloire de Dieu et le salut du monde. Il ne renonce pas à éduquer les pharisiens et donc chacun d’entre nous en sachant se montrer sévère et en même temps il nous rappelle que le mystère de la croix est le moyen de notre salut. Si nous souffrons avec lui, avec lui nous règnerons. 





La conclusion de tout cela, est que Jésus est très intelligent, que sa folie apparente, est, comme le dit saint Paul, la sagesse véritable, celle qui me permet de voir plus loin, d’avancer au large, de voir le bien véritable de l’homme et non son bien apparent. Cela peut sembler évident de le dire et pourtant dans notre vie chrétienne c’est bon de le rappeler. Jésus nous demande d’être saint mais aussi d’être intelligent et compétent. Le chrétien n’est pas celui qui, au nom d’une fausse humilité se détruit lui-même en permanence et exalte l’échec. Un médecin chrétien est d’abord un bon médecin, un vendeur chrétien est d’abord un bon vendeur, un architecte chrétien est d’abord un bon architecte, tout comme Jésus était un bon charpentier. Mais parfois il doit savoir renoncer au nom d’un bien supérieur. Il renonce à tout sacrifier à son travail et donc à la productivité au nom du bien de sa famille, au nom du bien de ses ouvriers. On ne lui demande pas de tendre la joue face à la concurrence, mais d’être intelligent en ayant en vue la finalité, qui est le bien commun et la réalisation de cette finalité passe par la compétence et la charité parce que finalement la compétence doit toujours être au service du bien de tous. Et ce bien, saint Paul nous le rappelle : « Frères, n'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. » 
 




Aimer ses ennemis, c’est reconnaître qu’ils sont aussi le temple de Dieu, et qu’ils sont à ce titre, éminemment aimables. Les aimer, selon la mission que j’ai reçue, cela peut vouloir dire les éduquer, comme Jésus avec les pharisiens, ou me taire et m’humilier, comme Jésus face à Pilate. Pour savoir quelle attitude est l’attitude juste, je dois me méfier de moi-même et de mes jugements trop rapides et être intelligent et la première intelligence est de croire qu’on n’est jamais intelligent tout seul. Je vous propose donc d’être intelligent de l’intelligence de Dieu donc de vivre selon l’Esprit Saint, d’avoir souvent recours à Lui pour qu’il nous apprenne ce qui bon, ce qui est juste et bon comme le dit la préface. 





Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.






Viens en nous, père des pauvres. Viens, dispensateur des dons. Viens, lumière en nos coeurs.






Amen






Père Emmanuel Gobilliard






Homélie du 7ème dimanche ordinaire, dimanche 20 février prononcée par père Emmanuel

Maryline Reymond
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