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Homélie du Dimanche 8 Mars, par Mgr Brincard.Evangile de la TransfigurationChers amis, nous sommes dans le temps du Carême, temps qui avance et nous devons avancer grâce à lui. Les tendresses de Dieu Ce temps du Carême pour nous faire avancer doit nous rappeler les tendresses de Dieu. Chers amis que chacun et chacune d’entres vous se souviennent des tendresses de Dieu liées à des souvenirs divers. Le Carême, c’est le temps où on fait mémoire de l’amour de Dieu pour nous. Nous savons que le curé d’Ars juste avant de mourir a prononcé une dernière parole bouleversante « aimé de Dieu ». Le temps du Carême, c’est aussi, à partir de ces tendresses de Dieu pour nous, nous souvenir de l’amitié que Jésus a pour nous, une amitié qui manifeste sa profondeur bouleversante à travers sa passion dont le fruit est la résurrection. Pourquoi, pendant ce temps de Carême, ne pas reprendre chacun à titre personnel ou en famille si cela est possible, la lecture de la passion de Jésus. Ce soir, nous aurons l’occasion de méditer sur cette passion à partir de chants qui nous inviteront au recueillement. Si le temps du Carême, c’est se rappeler les tendresses de Dieu et l’amitié de Dieu pour nous manifestée en son fils, à ce moment là nous connaitrons une assurance. Pas l’assurance de l’orgueilleux qui ne compte que sur ses forces mais l’assurance de celui qui se sait aimé. Cette assurance impliquera que nous aurons la certitude que le mal n’aura pas le dernier mot et parfois dans nos vies, il est bien nécessaire que nous ayons cette certitude tant les apparences disent le contraire et du même coup nous serons délivrés de nos angoisses. La dernière conséquence sera que nous aurons un regard pur pour discerner la gloire de Jésus. Si nous nous rappelons de sa tendresse, de son amitié, si nous avons cette certitude que le mal n’aura pas le dernier mot et que nous sommes délivrés de nos angoisses, notre regard sera purifié pour discerner la gloire de Jésus. C’est cette gloire qui est apparue aux apôtres d’une manière particulière en raison de leur mission. La gloire de Jésus dans la Transfiguration Penchons nous quelques instants sur la gloire de Jésus telle qu’elle nous est relatée par la parole de Dieu proclamée aujourd’hui. Pour le faire, il nous faut la foi, une lumière intérieure qui nous met en contact avec Jésus, une lumière éblouissante qui ne nous permet pas de voir la gloire de Jésus bien que nous soyons en contact immédiat avec lui. En paraphrasant Saint Augustin, on peut dire que la foi, ce sont des mains qui touchent Jésus dans la nuit. La main, c’est le symbole du contact. Contemplons donc Jésus à travers le récit de l’Evangile. Tout d’abord, je vous fais remarquer que Jésus a choisi trois apôtres parmi les autres apôtres et parmi ses disciples. Aux disciples, il vient de prédire sa Passion, c'est-à-dire sa mort. A ses trois apôtres, il va faire découvrir, bien qu’ils ne le comprennent pas immédiatement, que cette Passion conduit à la Résurrection, c'est-à-dire que sa Passion est une victoire dont le fruit sera la Résurrection. Ce choix de Jésus nous rappelle que, pour chacun d’entres nous, la foi, cette lumière intérieure qui nous permet de contempler la gloire de Jésus, que la foi est un don de Dieu qui ne nous est pas fait parce que nous sommes meilleurs que les autres ; la foi est un don de Dieu qui nous est fait gratuitement, c'est-à-dire qui n’a pas d’autres motifs que l’amour de Jésus et si ce don nous est fait, ce n’est pas pour que nous le gardions mais pour que nous devenions les serviteurs de Jésus qui veut la communiquer à tous les hommes, à travers un témoignage, celui de notre vie. Le reflet de la divinité en Jésus Que voient les apôtres ? Ces trois apôtres vont se retrouver dans le jardin de Gethsémani au début de la Passion de Jésus. Ils vont contempler un changement très profond en Jésus. Une manifestation de la sainteté de Dieu qui est en lui, de la pureté, et de la perfection de l’amour souverain qui est dans le cœur de Jésus et qui a pour source le mystère du Fils qui, dans la Trinité, est tout l’amour reçu du Père. La blancheur éclatante est symbolique. Aucun peintre n’a su l’évoquer suffisamment malgré son talent qui peut être grand, il suffit pour vous en convaincre de contempler la fresque qui se trouve sous le porche de la Cathédrale et qui représente le mystère de la transfiguration. Que contemplent les apôtres ? Est-ce qu’ils voient directement Jésus dans son mystère de Fils ? Bien entendu, non. Le feu de sa divinité qui se trouve sous les cendres de son humanité se manifeste aux trois apôtres à travers un reflet et il me vient une image. La première Alliance lue en Jésus Cela veut dire que toute la première alliance, avec une unité profonde, avec une grande préparation à la venue du Messie, toute la première alliance doit donc être lue et comprise dans la lumière de Jésus. Il y a une lecture chrétienne de l’Ancien Testament puisque pour nous Jésus en est l’achèvement. Il y a d’autres lectures possibles, lecture poétique, etc… et la lecture très respectable de nos frères juifs mais notre lecture a ceci de propre qu’elle voit tout dans la lumière de Jésus. Elie et Moïse parlent avec Jésus, c'est-à-dire qu’ils nous font comprendre qu’ils ont préparé sa venue. Les apôtres vont éprouver des sentiments qui vont être les nôtres et que j’expliquerai dans ma conclusion. Ils éprouvent un grand bonheur, ils sont heureux, ils ne disent pas : « on va se dresser trois tentes pour rester avec lui », non, ils disent : « Dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie ». Ils demandent à Jésus de demeurer avec eux. C’est un peu différent. Au moment où ils éprouvent ce bonheur d’être avec Jésus, voilà qu’une nuée apparait et de cette nuée sort une voix, la nuée du mystère du Saint Esprit qui nous aide à entendre la voix du Père. La voix, présence et proximité du Père La voix, c’est une présence invisible d’une sainteté inouïe qui se rend toute proche par ce symbole de la voix, c’est à la fois une présence et une proximité et quand il s’agit de la voix du Père cette présence et cette proximité va provoquer une frayeur nouvelle. La frayeur ici est un tremblement d’amour devant l’immensité de l’amour. Cette voix nous révèle le fils : « nul ne connaît le Père sinon le Fils ». C’est dans l’Evangile de Saint Jean. C’est bouleversant d’entendre la voix du Père nous dire : Cette voix nous dit qui est Jésus : le fils bien aimé, et cette voix nous dit comment le recevoir. Ecoutez-le. Les disciples éprouvent une grande crainte parce qu’ils sont en contact avec un amour trois fois saint : l’amour de la Trinité, l’amour qui unit le Père au Fils et au Saint-Esprit, cet amour tamisé par l’humanité sainte de Jésus. La gloire, c’est la manifestation de l’Amour Je veux souligner enfin que Jésus ordonne à ses disciples, quand il se manifeste selon son aspect habituel, le silence, car pour contempler le Fils à travers sa Résurrection, il faut contempler sa gloire dans le mystère de sa passion ; la gloire, c’est la manifestation de l’amour, et pour comprendre que cet amour est tout puissant, il faut d’abord le regarder dans ses abaissements qui sont des abaissements d’homme. Chers amis, comment allons nous glorifier le Christ, c'est-à-dire le manifester ? Nous pouvons manifester qui il est, par notre joie comme les apôtres. Jésus demeure au milieu de nous par la simple eucharistie : notre joie de venir à la messe sera contagieuse, mais si nous y allons par pure obligation parce qu’il faut le faire, nous n’attirerons personne. Est-ce que notre joie attirerait par cette célébration d’autres qui attendent la joie pour venir à la messe ? Nous glorifions le Christ par notre crainte, l’immensité de l’amour qui vient vers nous et doit nous bouleverser. Le Christ est mort, nous dit Saint Paul et nous devons être bouleversé par tant d’amour et éprouver cette crainte qui ne consiste pas à avoir peur du bâton qui va nous frapper car jamais le Christ ne nous frappe, il frappe à nos portes, ce qui est différent. Non nous devrions avoir la crainte de celui qui se pose la question : « Que faisons-nous de tant d’amour »? Mais cette crainte doit s’accompagner d’une confiance, la puissance et la bonté de Dieu est plus grande que notre péché. Il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : joie, crainte, confiance. Enfin nous glorifierons le Christ en l’écoutant c'est-à-dire en accueillant sa parole. Accueillir la parole de Jésus c’est d’abord la lire, c’est la recevoir telle qu’elle nous est donnée, c’est ensuite l’écouter, la comprendre avec l’aide du Saint Esprit et de l’Eglise, c’est la garder, c'est-à-dire la mettre en pratique. Voilà ce que signifie : écouter la parole du Fils ! Mais nous devons aussi accueillir son amour, un amour qui pardonne, un amour qui se donne dans le sacrement de la réconciliation et le sacrement de l’Eucharistie. Pourquoi avoir peur de ce sacrement ? Parce que nous n’avons pas assez contemplé le Christ dans sa bonté pour nous et enfin il faut l’annoncer par le silence. Le silence, c'est-à-dire en étant témoin de l’amour, non pas en parlant de cet amour mais en laissant cet amour parler à travers nous. Une vraie annonce commence toujours par un silence, celui du témoin qui accueille et qui se donne à celui qui veut l’annoncer. Et quand nous devons parler du Christ, et nous ne le faisons pas assez dans le monde actuel, parlons de sa passion et de sa résurrection. Si vous lisez l’histoire de la conversion de beaucoup d’âmes, vous verrez que cette conversion, c'est-à-dire ce retournement du cœur que seul Dieu peut opérer, s’est opéré par la lecture de la passion. La lecture de la passion du Christ produit des effets extraordinaires. Pendant ce Carême, lisons en famille cette passion. Si nous avons des petits enfants, commentons cette passion de telle manière qu’ils découvrent que c’est un amour venu vers nous et qui ouvre ses bras pour nous serrer contre son cœur. Que la Vierge Marie nous y aide. Amen Monseigneur Henri Brincard Maryline Reymond
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HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

