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Homélie du dimanche 14 septembre pronocée par Père Emmanuel GOBILLIARD



Il y a quelques dimanches, nous avons entendu Jésus demander à ses disciples

« Pour vous, qui suis-je Â» ?


Nous avons entendu la belle profession de foi de Pierre : « tu es le Christ, le fils du Dieu Vivant Â» mais la semaine suivante nous avons entendu dans l'Evangile, alors que Jésus annonçait le mystère de sa passion et de sa mort à venir, que saint Pierre se faisait traiter par Jésus de satan. « Eloigne-toi de moi, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. Â» Le mystère de la croix est une pierre d'achoppement dans notre foi, dans notre monde, dans notre compréhension du mystère chrétien et pourtant c'est le moyen que le Seigneur a choisi pour nous sauver, nous aimer et pour nous ouvrir les portes de la vie éternelle.

Si le Seigneur dans sa miséricorde avait choisi de venir parmi nous aujourd'hui pour son incarnation et vivre l'évangile à l'époque actuelle, il aurait eu sans doute de nombreuses personnes pour lui donner des conseils avisés : des conseillers politiques pour lui dire que certainement, le mystère de la croix n'était pas le meilleur moyen pour lui d'asseoir son règne ; des conseillers diplomatiques pour lui dire que, sans doute, il serait plus prudent de parler de l'Evangile avec un peu moins de force, ceci pourrait heurter les gens importants, et surtout des conseillers en communication qui lui auraient dit que pour sa popularité il aurait peut être été bon de donner l'image d'une certaine ouverture, mais sans heurter les consciences, et puis que le mystère de la croix n'était certainement pas une image médiatique qu'il convenait d'utiliser. Le Seigneur est parmi nous, aujourd'hui et ces jours-ci son vicaire nous a parlé en son nom.



Le Pape représente le Christ et sa voix est celle du Christ. Alors comme un serviteur, plutôt que de commenter l'évangile d'aujourd'hui, je voudrais reprendre certaines de ses paroles.


Ses paroles sont libres, et le plus important pour lui n'est pas l'image qu'il donne mais la force de l'évangile qu'il doit annoncer au monde. Le Pape est un père, il n'est pas un homme d'abord médiatique, et lorsque je rencontre mon père, je peux parfois ne pas être d'accord mais c'est mon père et je sais qu'il m'aime et je sais que ce qu'il veut pour moi c'est mon bonheur.


Ce bonheur peut passer par une vie exigeante, difficile, par la croix et la souffrance mais nous savons qu'il est toujours là comme un père représentant le mystère de la paternité de Dieu. Il est là comme un père et l'Eglise nous est offerte comme une mère qui nous console, qui nous réconforte. Hier et aujourd'hui, nous avons eu les deux images de cette belle paternité de Dieu et de cette belle maternité de l'Eglise. Paternité de Dieu qui nous montre la finalité qui nous donne la force d'accomplir notre mission et maternité de l'Eglise qui par sa miséricorde infinie prend soin des plus petits.


Obéissant à sa mission de nous guider, le Pape, dans l'homélie d'hier matin, nous a dit qu'il fallait fuir les idoles. « Cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd'hui, nous dit-il, le monde contemporain ne s'est-il pas créé ses propres idoles ? N'a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l'Antiquité, en détournant l'homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? C'est là une question que tout homme, honnête avec lui-même, ne peut que se poser. Qu'est-ce qui est important dans ma vie ? Qu'est-ce que je mets à la première place ? Le mot « idole » vient du grec et signifie « image », « figure », « représentation », mais aussi « spectre », « fantôme », « vaine apparence ».


L'idole est un leurre, car elle détourne son serviteur de la réalité pour le cantonner dans le royaume de l'apparence. Or n'est-ce pas une tentation propre à notre époque, la seule sur laquelle nous puissions agir efficacement ? Tentation d'idolâtrer un passé qui n'existe plus, en oubliant ses carences, tentation d'idolâtrer un avenir qui n'existe pas encore, en croyant que, par ses seules forces, l'homme réalisera le bonheur éternel sur la terre ! Demandons à Dieu qui nous voit et qui nous entend de nous aider à nous purifier de nos idoles pour accéder à la vérité de notre être pour accéder à la vérité de son être infini. Â»

La mission du Pape, c'est de nous guider avec force, de nous montrer où est notre plus grand bien, de nous détourner des vaines apparences, de faire en nous la vérité sur notre être, et cette vérité seul Dieu  peut nous la révéler. La structure qui va me permettre de vivre ma vie chrétienne seul Dieu peut me la donner parce que, comme je le dis presque chaque dimanche, il est le seul à m'aimer infiniment et il est le seul à me connaître parfaitement. Cette connaissance intime que Dieu a de chacun d'entre nous doit nous plonger dans l'espérance et la confiance. La route n'est pas facile, elle est semée d'embûches mais l'espérance est toujours donnée.

Le Pape nous le dit encore : «  l'espérance demeurera toujours la plus forte ! L'Église, bâtie sur le roc du Christ, possède les promesses de la vie éternelle, non parce que ses membres seraient plus saints que les autres hommes, mais parce que le Christ a fait cette promesse à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle. » Dans cette espérance indéfectible de la présence éternelle de Dieu à chacune de nos âmes, dans cette joie de savoir que le Christ est avec nous jusqu'à la fin des temps, dans cette force que l'Esprit donne à tous ceux et à toutes celles qui acceptent de se laisser saisir par lui, je vous confie, chers chrétiens de France, à l'action puissante et miséricordieuse du Dieu d'amour qui est mort pour nous sur la Croix et ressuscité victorieusement au matin de Pâques. À tous les hommes de bonne volonté qui m'écoutent, je redis comme saint Paul : Fuyez le culte des idoles, ne vous lassez pas de faire le bien ! Â»

Frères et sÅ“urs, accueillons la visite du saint Père comme une visite qui doit renouveler nos cÅ“urs, le cÅ“ur de chacun d'entre nous. Le but de cette visite n'est pas de renouveler la popularité de l'Eglise, son image auprès des médias, son but est de renouveler nos cÅ“urs, de nous montrer le chemin de la vraie vie, de nous donner les bases d'une foi solide par son enseignement qui est sûr, parce que ce que le Christ a dit à Pierre, il le redit aujourd'hui au Pape Benoît XVI : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise Â». 

Demandons au Seigneur la force d'être des obéissants et le Pape, vendredi a redit ce que signifie « obéir Â», c'est écouter ! Soyons des écoutants de la parole de Dieu, soyons des écoutants de cette parole qui nous est expliquée par le saint Père et sachons la mettre en pratique fidèlement ; alors nous aurons vécu le mystère de la croix car le mystère de la croix est d'abord un mystère d'obéissance. Le Christ a vécu la croix par obéissance, nous devons vivre chacun de nous notre mission par obéissance en écoutant la parole de Dieu et en la mettant en pratique. 


Demandons cette force à l'Esprit Saint qui nous est donné aujourd'hui et chaque jour de notre vie. Amen. 
  

Père Emmanuel Gobilliard




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