Homélie du dimanche 17 mai 2009 prononcée par le Père Emmanuel GOBILLIARD



Un petit exercice pour les jeunes : si vous ne savez pas que faire en rentrant à la maison,  comptez le nombre de fois où vous trouvez dans l’Evangile et dans la deuxième lecture, le mot amour, aimer, ami. Je vous dis déjà que c’est plus de 15 fois. Alors, je vais vous parler d’amour.

Certains vont penser que je vais faire une homélie un peu mièvre et sucrée. « Oh non ! pensez vous, il va nous parler encore d’amour ; on voudrait quelque chose de plus musclé. » Mais je ne peux pas faire autrement lorsque la parole de Dieu m’impose de parler de cela, pas seulement parce que c’est une qualité de Dieu mais parce que c’est sa nature même. L’amour c’est Dieu lui-même.


Le drame de l’humanité et ce qui suscite ces réactions, le drame de l’humanité c’est de ne pas connaître ou ne pas comprendre que Dieu nous aime, de ne pas le savoir, de le prendre pour un juge impartial, pour quelqu’un qui nous observe, quelqu’un qui serait un marionnettiste, un big brother. Dieu est amour, c’est sa nature, il nous aime avant tout et tout ce qu’il fait c’est en lien avec cet amour fondamental. Le drame de l’humanité c’est aussi de croire que l’on aime trop facilement au point que parfois on aime n’importe quoi.

L’amour exprime des réalités qui vont des plus nobles au plus vulgaires, des réalités qui vont des plus graves au plus légères, il exprime aussi de grandes joies ou de rudes blessures.

Ce matin -c’était un beau signe- quand je suis descendu de chez moi, au pied des marches, il y avait des graffitis inscrits sur le sol : deux prénoms et un cœur transpercé d’une flèche et j’ai pensé qu’il y avait des jeunes, des amoureux qui avait voulu manifester leur flamme. Mais,  un peu plus haut, j’ai vu écrit : « soixante et un ans », peut-être soixante et un ans de mariage, peut être que c’était leur âge, je ne sais pas du tout, mais cela m’a beaucoup plu. Ce que j’ai aimé aussi c’était cette flèche qui transperçait le cœur. Cela nous rappelle que l’amour est un sentiment, une passion, comme si Cupidon avait percé le cœur de ces deux amoureux. Le cœur percé c’est aussi le cœur transpercé de Jésus qui nous dit à travers ce geste de la passion : « Voyez jusqu’où je vous ai aimé », deux réalités sont présentes, elles doivent être présentes parce que notre nature nous pousse à aimer, à désirer, à ressentir et que notre volonté quand elle est guidée par la charité nous pousse à nous donner.

Ce qui fait naitre une opposition c’est lorsqu’on veut prendre, accaparer pour soi, croire qu’on aime alors qu’on se fait seulement plaisir. Alors, pour bien comprendre de quel amour nous voulons parler, pour bien nous éduquer à l’amour, nous pouvons nous souvenir de ce que l’Eglise enseigne sur les péchés capitaux.

En revenant sur les péchés capitaux, nous découvrons qu’ils expriment tous un amour dévoyé, un amour mensonger, des masques de l’amour ! Prenez l’orgueil : on est tellement tourné vers soi, on croit s’aimer soi-même mais on écrase les autres. Prenez l’avarice, c’est la même chose liée à l’argent : j’aime des choses qui me rabaissent, qui ne rendent pas compte du désir profond que j’ai dans le cœur de me donner et d’aimer. Pour aimer vraiment, je dois aimer quelqu’un qui me fait grandir, et qui peut me faire mieux grandir que Dieu ?  

Prenons l’envie, c’est aimer ce que les autres ont ou sont sans regarder ce que j’ai reçu, sans voir le don que le Seigneur me fait, de ma personne, de ce que je suis, de mon entourage, de mon environnement, de mes qualités. C’est pareil pour la pureté, la gourmandise. Notre amour est placé dans des choses qui ne nous élèvent pas. Alors il faut discerner si j’aime vraiment, comment je peux aimer vraiment et ce discernement nous est donné par la première lecture.

La première lecture nous parle de l’Esprit Saint. Ce discernement, qui peut mieux le faire que celui qui est la communion d’amour du Père et du fils. Le lien d’amour du Père et du fils porte un nom, il est une personne divine : c’est l’Esprit Saint.

C’est cet Esprit Saint qui va nous apprendre à aimer, à discerner, à agir, c’est cet Esprit Saint que nous avons reçu à la confirmation et que nous invoquons régulièrement. Voyons les Apôtres qui sont réunis dans la première lecture et qui reçoivent cette visite de païens qui demandent le baptême : c’est la première fois que cela arrive, la question ne s’était pas posée, l’Evangile avait toujours été annoncé à des juifs qui se sont convertis et voilà que des païens viennent frapper à la porte de Pierre pour lui implorer le baptême.

Que se passe t-il ? Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint s’emparât de tous ceux qui venaient écouter la parole. L’Esprit Saint s’empare de tous ceux qui sont présents et la décision naturelle qui découle de cette effusion de l’Esprit c’est : «  bien sûr vous faites partie de la même famille, nous vous accueillons, vous avez part au royaume de Dieu. »

Alors sachons invoquer l’Esprit Saint lorsque nous avons tendance à aimer nos propres idées plus que les personnes, c’est cela le risque dont parle la première lecture : aimer plus nos propres idées que d’accueillir les personnes, vouloir faire croire qu’au nom d’une vérité, nous devons exclure alors que le Seigneur nous demande d’accueillir. Accueillir ne veut pas dire tout permettre ! Les éducateurs que vous êtes le savent mais ils savent aussi qu’il faut prier l’Esprit Saint pour savoir comment aimer ses enfants.

Prenons un exemple sur ce que peut être une prière au moment où nous éduquons : imaginez que vous êtes emportés par une violente colère envers vos enfants –colère ! encore un péché capital- une violente colère qui vous fait ressentir un désir irrépressible de les frapper ou d’être violents avec eux verbalement, alors priez l’Esprit Saint pour qu’il vous calme le cœur, qu’il vous apaise, que la passion disparaisse, que votre cœur soit apaisé par l’amour. Retardez votre décision pour prendre le temps de prier. Lorsque vous agissez sans colère, vous êtes justes ; vous pouvez quand même éduquer et dire des paroles qui ne plairont pas nécessairement à celui qui les recevra mais la finalité c’est que vous les aimez et que vous allez agir en fonction de cet amour qui finalise votre lien avec vos enfants.

Alors comment aimer ?  En priant l’Esprit Saint de nous transmettre ce qu’il est lui-même. Comment savons nous que nous avons reçu l’Esprit Saint ? Le fruit de l’Esprit Saint est la joie.

Et le Seigneur nous dit dans l’Evangile « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie ».

Le signe que l’amour est vrai, qu’il se donne c’est que nous éprouvons une grande joie et par opposition le signe d’un amour égoïste, possessif, accapareur c’est que nous sommes tristes car nous avons écrasé les autres, parce que nous avons mis notre amour dans des biens qui ne le méritent pas, nous sommes tristes parce que notre amour n’a pas respecté l’amour des autres et la fidélité.

Le Seigneur nous invite à aimer, à être heureux et à être joyeux.
 
Il faut juste savoir connaître les règles de la patience : apprendre à aimer, les règles de la prière : se reposer et apaiser son cœur pour mieux discerner comment je vais aimer, et en apprenant ces règles simples, en nous éloignant du péché, nous nous remettrons dans le cœur  de Dieu, en nous éloignant du péché, nous nous rapprochons de Dieu, et Dieu est amour.
 
Demandons à l’Esprit Saint de s’emparer de nous comme il s’est emparé des Apôtres pour que tout simplement nous ressemblions à Dieu. Amen
 
Père Emmanuel GOBILLIARD 

Emmanuel Gobilliard
Lu 909 fois


Autres documents :
1 2 3 4 5 » ... 6

Actualités | Horaires messes et offices | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter