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Homélie du dimanche 25 mai 2008 prononcée par le Père Emmanuel Gobilliard
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »
Quand nous entendons ce texte, deux questions se posent. La première est d'ailleurs la question des juifs. La première question : Est ce que les chrétiens sont anthropophages ? et la deuxième question : Suffit-il de communier au corps et au sang du Christ pour avoir la vie éternelle ? Je vais à la messe, je communie et tout va bien je suis sauvé, je n'ai plus rien à faire !! Lorsque le Seigneur parle de sa chair, il parle de son corps, de son vrai corps, il parle de sa vie et de tout son être. Communier au corps et au sang du Christ, c'est communier à sa vie. Les chrétiens ne sont pas anthropophages, ils communient à la vie du Christ. La réalité n'est pas une réalité matérielle, c'est une réalité qui me dépasse infiniment puisque je communie au corps glorieux du Christ et donc c'est toute sa vie qui m'est offerte. Communier au corps du Christ c'est donc recevoir tout ce qu'il est ! L'Evangile nous aide à comprendre qui est Jésus
Première étape : la vie cachée
La vie du Christ commence par la vie cachée. Communier à la vie du Christ, c'est recevoir cette vie en exemple, exemple d'une vie cachée, humble, à l'écoute, obéissante, une vie de travail et d'humilité, un modèle pour les adolescents parce qu'il est parfaitement libre. Regardez le quand il est au milieu des docteurs : il surprend ses parents et pourtant au fond il leur obéit parfaitement. Il est obéissant et totalement libre. Communier à la vie du Christ pour un jeune, un adolescent c'est recevoir cet exemple du Christ dans sa vie qui nous indique qu'on peut écouter, obéir, être totalement libre et décider de sa vie et de sa mission ? Deuxième partie de la vie du Christ : c'est sa vie apostolique : Faire l'unité entre ses apôtres, transmettre la vie de Dieu, accueillir, sauver, aimer. Ainsi je participe à la vie du Christ que je reçois dans l'Eucharistie en faisant l'unité autour de moi, en aimant, en accueillant comme le Christ, en pardonnant et en vivant ma mission, la mission à laquelle Dieu m'appelle, ma vocation. Troisième partie de sa vie : le mystère Pascal. Le Christ donne tout par amour ; le mystère pascal a un lien essentiel avec l'Eucharistie puisqu'on dit de la messe que c'est le sacrifice non sanglant du Christ qui se renouvelle. Pour moi comment vivre, comment communier, comment vivre de la vie du Christ dans ma vie de tous les jours ? La bienheureuse Mère Térésa dirait : « aime jusqu'à que cela fasse mal ». Ce n'est pas du dolorisme, du masochisme, c'est suivre l'exemple du Christ. « Love until it hurts » disait elle toujours, parce que finalement suivre le Christ, communier à sa vie et vivre de sa vie c'est concrètement, aimer et se donner, c'est se lever au milieu de la nuit lorsque le bébé pleure, c'est aller chercher les enfants à l'école alors que je préférerais être assis dans mon fauteuil, c'est aller travailler alors que j'ai envie de faire tout autre chose, c'est finalement faire souffrir d'abord mon égoïsme pour me permettre d'accomplir ma mission et permettre aux autres d'accomplir la leur. Je dois donc à la fois vivre de la vie du Christ et laisser le Christ vivre en moi : « ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » dit saint Paul. Communier à la vie du Christ, c'est suivre son exemple dans le travail, dans la famille, dans l'annonce de l'évangile, dans le service des frères. Lorsque j'ai dis cela, j'ai fais une description de tout le mystère de l'Eucharistie qui se prolonge dans la charité fraternelle. Pour bien vivre du mystère de l'Eucharistie, il faut que je connaisse le Christ car la vie du Christ m'est donnée en exemple dans l'évangile mais ce n'est pas l'évangile que je dois reproduire mais ma propre vie que je dois vivre à la lumière de l'évangile. Comment vivre du Christ à chaque instant : grâce à l'aide de ma conscience : la fréquentation quotidienne du Christ dans le tabernacle, dans l'Eucharistie, dans l'adoration Eucharistique me permet en moi-même d'avoir les sentiments qui sont dans le Christ Jésus. Lorsque je prends le temps de lui parler, de l'écouter, de l'aimer, de le connaître par l'oraison devant le Saint Sacrement alors je sais qu'à chaque fois que je l'interrogerai dans ma vie il me répondra par ma conscience. Ma conscience est alors comme la petite voie de Jésus qui m'aide et me conseille.
Je vous promets que si vous avez l'habitude d'une prière régulière, à chaque fois qu'un problème se posera dans votre vie et que vous aurez une décision à prendre, le Seigneur vous inspirera la bonne décision (libre à vous de la mettre en pratique ou pas) mais la petite voix de la conscience qui parle au cœur c'est la voie du Christ qui poursuit sa mission, qui nous aimes et qui se donne lui-même pour que nous agissions selon son Esprit. Alors nous comprenons mieux combien communier au corps et au sang du Christ, communier à sa vie a une valeur de vie éternelle. S'il nous communique sa vie et pas seulement son corps matériel mais tout son être alors ma vie est un prolongement de sa vie et je suis sauvé : « Si nous mourrons avec lui avec lui nous vivrons, si nous souffrons avec lui, avec lui nous règnerons »
Ayons à cœur de vivre de sa vie, ayons à cœur de le prier fréquemment pour mieux connaître sa volonté sur nous, pour mieux connaître comment nous devons servir, comment nous devons accomplir notre mission en un mot comment nous devons aimer. Alors nous serons des hommes et des femmes « eucharistiques ». Amen Père Emmanuel Gobilliard |
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