Homélie du dimanche 29 juin 2008 prononcée par le Père Yves Briais



Pour vous qui suis-je ? Au terme de cette année sabbatique vécue au Puy et au cours de laquelle presque chaque dimanche et ici avec vous en cette Cathédrale j’ai professé ma foi, la foi de toute l’Eglise, le père Emmanuel m’a demandé si j’acceptais de faire l’homélie avant mon départ. Faire l’homélie, c’est être appelé comme pasteur a professer sa foi pour conforter, éclairer celle de son troupeau (nous sommes en pays de montagne) ou celle de sa communauté. Au milieu de cette semaine, une sœur est venue me trouver pour me dire au revoir et elle me dit « pour toi qui est Jésus ? ».Je n’ai pas été terrassé comme Paul par cette question mais j’ai été surpris de la question et je lui ai répondu : « il est mon sauveur, il est le bon berger et a pris sur ses épaules la brebis chancelante ». Ce matin je trouvais un texto d’une amie de la paroisse de la Courneuve où j’étais avant et qui me donnait la réponse : « il est la source de ma vie. » La question que Jésus pose à Pierre nous est adressée à chacun et selon que nous sommes enfants, jeunes ou adultes selon ce que nous aurons traversé ou ce que nous avons connu dans notre histoire personnelle, notre réponse ne sera pas la même ou du moins le contenu de notre réponse n’aura pas la même couleur comme il en va de la relation vivante entre deux personnes. Les mots : « je t’aime » est la première déclaration de foi et les même mots prendront une autre signification lorsque nous fêterons 25 ou 50 ans de mariage.

En ce dimanche, le Père Sarret qui célèbre ses 60 ans de sacerdoce en l’Eglise du Collège redit sa foi et son amour du Christ chargé de l’histoire, du don de lui-même pour le faire connaître et aimer comme prêtre. En ce jour de fête, nombreux sont ceux qui à travers le monde sont ordonnés diacre ou prêtre ; ils annoncent par toute leur vie la bonne nouvelle de l’évangile, professent leur foi en Jésus, Messie Fils du Dieu vivant, Christ ressuscité des morts. Ils servent son Eglise, participant à son édification et à sa nourriture par les sacrements. Professer sa foi en cette Cathédrale en ce jour c’est d’une certaine manière avec Pierre redire à Jésus : « tu es le messie » ou c’est offrir à Pierre de façonner en nous sa réponse. Grâce à Paul de Tarse l’évangile du Christ sillonna toutes les côtes de la méditerranée et le Puy fut bénéficiaire des commencements de cette Eglise ; urgence de la proclamation de cet évangile : « pour moi, vivre c’est le Christ » que proclamera Paul par toute sa vie. Affligé mais non écrasé, terrassé mais non achevé, abattu mais non perdu. Le pape Benoît XVI proclame donc en ce jour l’ouverture de l’année jubilaire consacrée à Saint Paul ; c’est la raison pour laquelle le père Emmanuel est venu déposer l’évangile dans cette niche. Vous avez vécus il y a peu de temps le jubilé de ce lieu marial, vous êtes allez nombreux avec le diocèse sur les pas de Bernadette à Lourdes pour vivre le jubilé du 150ème anniversaire des apparitions ou bien vous projetez de vous y rendre cette année, et le pape sera du rendez-vous en septembre.

Nous pensons que Saint Paul est né entre les années 7 et 10 après Jésus-Christ et c’est donc pourquoi en ce jour et jusqu’au 29 juin 2009 nous célébrerons le bi millénaire de la naissance de Saint Paul. Chaque dimanche ou presque, on entend une lettre de Saint Paul aux Romains, Corinthiens, Ephésiens, Philippiens, etc, Paul ne manquait pas d’écrire à ces communautés pour les fortifier dans leur foi, les appeler à l’amour, à l’unité, leur dire, lui, relais de l’amour de son Seigneur : « j’aurai beau connaître toutes les langues si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. » Aujourd’hui dans la lettre qu’il écrit à Timothée, Paul nous dit : « je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis restée fidèle » et plus loin, « le Seigneur m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes ». Tenir jusqu’au bout, tel est le témoignage de cette fidélité sans faille, de ce fol amour qui nous fait franchir toutes les frontières et qui par le Christ, dont l’esprit l’embrase, renverse ces frontières, donne le Christ à toutes les nations, nous le donne à nous en ce jour. Une année jubilaire c’est une année de grâce pour que celle-ci prenne corps dans nos vies alors choisissons de lire ces lettres non pas partiellement par morceau mais toutes entières, en demandant à l’Esprit Saint qu’elle donne de prendre feu pour le Christ comme l’auteur lui a pris feu. Notre monde a besoin de belles audaces, d’une même conscience éperdue. Paul est sûr que son Seigneur le fera rentrer dans son royaume parce qu’il est sûr de l’avoir servi de tout lui-même. Cette folie de l’amour n’est pas réservée à Paul. Le Seigneur veut que le cœur et la vie de chacun et de chacune de nous s’imprègnent aussi intensément. Tout à coup surgit l’ange du Seigneur et une lumière brilla dans la cellule, l’ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « lève-toi vite, mets ta ceinture et tes sandales ». Pierre obéit et l’ange ajouta : « mets ton manteau et suis-moi ». Pierre et Paul ont travaillé chacun selon sa grâce à rassembler l’unique famille du Christ ; demandons par leur intercession une fidélité parfaite à leur enseignement avec la grâce de vivre entre frère comme les premiers chrétiens solidement enracinés dans l’amour. Amen Père Yves Briais

Maryline Reymond
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