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Homélie du dimanche 6 juillet prononcée par Père EmmanuelOn vous a peut être enseigné que la meilleure façon d'aimer c'était de tout donner. Moi je vous dis que la première façon d'aimer, c'est de dire à l'autre : « j'ai besoin de toi. » On vous a peut-être appris dans la vie chrétienne qu'être un bon chrétien c'était d'abord être généreux. Moi je vous dis qu'être un bon chrétien c'est d'abord demander à Dieu son aide et lui dire j'ai besoin de toi. Qu'as tu que tu n'aies reçu ? Que peux tu donner que tu n'aies reçu ? Je peux donner, je peux me donner parce que j'ai reçu et j'ai reçu tout de Dieu. La porte d'entrée de la vie chrétienne, qui s'exprime dans les sacrements, dans la prière, dans la charité c'est de dire : « Seigneur j'ai besoin de ton aide, sans toi je ne peux rien » C'est lorsque j'ai crié vers Dieu et qu'il m'a répondu que je peux à mon tour me donner. C'est vrai de la vie humaine, de l'amour humain comme de la vie spirituelle et de l'amour divin. Je vous dis cela car quand je lis l'Evangile, au premier abord je suis surpris ; en effet, le Seigneur nous dit : « venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau je vous procurerai le repos. » Comment le Seigneur nous procure t-il le repos ? « Prenez sur vous mon joug ! » Avouez que comme repos on peut faire mieux . En fait nos avons l'image du joug comme quelque chose de pesant, de lourd : c'est ce gros socle de bois que les animaux portent sur leur cou. Mais on n'oublie que ce socle de bois doit accueillir deux cous. Imaginez un bœuf sur lequel on mette un joug sans qu'il soit accompagné d'un autre bœuf, Que se passe-t-il ? Quelque soit la force de ce bœuf, il tombe. Prenez sur vous mon joug, cela veut dire que Jésus le porte déjà et qu'il a besoin de nous pour avancer. Impossible d'avancer avec un joug si on est seul. Jésus porte son joug, il a porté sa croix, il a besoin de nous pour avancer. Pourquoi cela peut-il nous procurer le repos ? Et bien parce que c'est lui qui le porte. Il a juste besoin de notre petite contribution pour ne pas tomber. Jésus a choisi d'avoir besoin de nous. Il a besoin de nous parce que sans nous il ne peut pas aimer. Qui servirait les plus pauvres si nous le faisons pas ? Qui serait la main de Dieu comme le dit si bien Mère Térésa si nous ne lui offrons pas nos mains et tout notre corps pour aimer, pour aider, pour soutenir. Le Seigneur a besoin de nous pour qu'a travers nous, il puisse aimer les autres. Le Seigneur a besoin de nous pour se donner. Il a besoin de l'Eglise aussi ; il a choisi d'avoir besoin de l'Eglise pour se donner par les sacrements. Finalement ce qui est vrai de la charité, de la prière est aussi vrai du travail : pour que le monde avance, pour que le monde progresse dans la vérité, dans la charité, le Seigneur a besoin de nous mais c'est lui qui agit, c'est lui qui nous donne la force, la force de son esprit comme dit Saint Paul dans la deuxième lecture. Il a choisi d'avoir besoin de nous pour se donner. A notre tour, nous avons aussi besoin de lui et nous devons le lui exprimer. Curieusement si le Seigneur n'est pas là parfois cela se voit moins. On renonce à porter le joug et on avance tout seul. Cela se voit moins mais je vous assure qu'il n'y a aucune fécondité. Le Seigneur nous donne sa force et la fécondité de son Esprit Saint. « Sans moi, nous dit il, vous ne pouvez rien faire ! » Alors revenons au début de l'évangile : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits ». Pourquoi cette partie de l'évangile précède justement la partie sur le joug ? Parce que ceux qui ont compris, ce sont les enfants ! Les enfants sont obligés d'avoir besoin des autres pour se nourrir, pour avancer, pour vivre, pour être éduqué ; la question ne se pose même pas. Ils grandissent librement parce qu'ils se mettent sous la protection de leurs parents, de leurs éducateurs, ils grandissent librement parce qu'ils acceptent d'avoir besoin, cela signifie que plus nous grandissons, plus nous oublions d'avoir besoin, plus notre orgueil nous fait croire que nous nous suffisons à nous même, que nous pouvons tout faire par nous même comme les sages et les savants. Ils ont peut être trop reçus alors ils s'imaginent être tout puissants. C'est la tentation du démon : le plus beau des anges a cru que sa beauté et son intelligence venaient de lui. C'est l'orgueil ! Revenons un peu en arrière dans les lectures d'aujourd'hui et écoutons la première lecture. « Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi. » Que suis-je sans le travail des autres ? rien et je meurs. Dans l’Eglise, la diversité que nous formons nous fait comprendre combien nous pouvons avancer infiniment plus loin si nous sommes plusieurs, nous avançons en étant unis et complémentaires. Jamais par nous même, nous n’arriverons à vaincre la mort, le péché et posséder la vie éternelle. Pourtant le Seigneur nous donne tout cela en abondance ; il nous suffit d’une chose, une seule chose qui manifeste notre liberté intérieure, dire au Seigneur : « j’ai besoin de toi », tendre la main et recevoir de lui tout amour et toute vie. Amen Père Emmanuel Gobilliard |
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