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Homélie du père Stéphane Pélissier prononcée le 20 décembre 2009Je souris avec vous de bienveillance depuis notre arrivée au Puy, quand j’entends dans cette ville ou dans le diocèse un échange qui parle de clefs, un mari demandant à sa femme ou l’inverse, des parents avec leurs enfants : « Est-ce que tu as clavé la porte ? » ou « Faut que j’aille déclaver ». Ce que l’on prend pour un mot de patois est en fait tout simplement un mot latin, ce qui montre que nos patois de langue d’oc sont les héritiers directs de la langue latine, le parler franc-comtois que l’on peut trouver en Suisse valaisanne, par exemple, parle de « clager » et non pas de « claver » mais c’est la même origine. Que vient faire cette histoire de clef au quatrième dimanche de l’Avent, 20 décembre ? Nous sommes entrés dans la « Petite Semaine », il y a la « Grande Semaine », la semaine des semaines qui est la Semaine Sainte et depuis le 17, nous sommes entrés dans cette « Petite Semaine » avant Noël. Chaque soir, depuis des siècles, des hommes et des femmes dans le monde, depuis le 17, s’exclament, s’extasient : « Ô », les grandes « Ô », non pas qu’il pleuve, c’est le début de l’antienne du cantique évangélique des Vêpres. Oui, le monde s’extasie de joie et de gloire, et c’est un compliment qui est adressé à Celui qui vient. Hier nous avons chanté : Ô radix Jesse, Ô surgeon, racine de Jessé : l’Enfant est d’abord fils d’Abraham, et c’est pour cela qu’Il doit naître à Bethléem, fils de David et donc de Jessé, son père. Aujourd’hui 20 décembre, nous sommes encore aux prémices de cette « Petite Semaine », nous allons chanter : Ô clavis David, Ô clef de David, d’abord racine de Jessé, le père puis clef de David, le fils. Ce n’est pas un très beau compliment, forcément, que l’on adresse au Christ mais c’est un compliment éminemment biblique, qui puisse, dans tous les sens du terme, aux racines même de l’humanité du Christ. Alors, si le Christ est dit être clef, c’est parce qu’Il nous ouvre, Il nous rouvre la porte du Ciel c'est-à-dire Il nous rouvre la porte de l’amitié avec Dieu, Il nous rouvre la porte de la dignité de notre création. Et que vient-Il faire ? c’est la suite de l’antienne : « Viens », on le dit tout le temps au milieu de l’antienne, « viens », « veni », « arrache les captifs de la prison, eux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort ». Nous sommes captifs, de quoi ? Du péché ? On ne va pas recommencer à parler du péché ! Le péché, c’est pour le Carême. Avez-vous, chers frères et sœurs, regardé la couleur de la robe, de ces ornements, ils sont de couleur violette. Serait-ce donc que le temps de l’Avent fût un temps de pénitence ? Quel vilain mot réservé à la longue quarantaine au désert ! Il serait temps, chers frères et sœurs, c’est le quatrième dimanche de vous en rendre compte. Oui la saveur du temps de l’Avent est matinée, teintée, non pas de l’amertume du Carême mais d’une semi-pénitence, nous nous reconnaissons pécheurs. C’est parce que nous sommes pécheurs qu’il est venu ! Sinon le salut est inutile. « Arrache les captifs de la prison », pas besoin de lire les penseurs grecs, pas besoin de lire Platon avec sa caverne et sa chaîne, nous en avons conscience mais me direz-vous, il y a le Carême aussi. La messe le dimanche, la confession pour Pâques. On est dans les clous, on est dans les clous des commandements de l’Eglise. On a tous nos tampons ! Il ne s’agirait pas non plus de faire du zèle. Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas inventer la confession de Noël ? Dans votre vie, dans notre vie ? Pourquoi n’aurait-elle pas sa place puisqu’il y a un temps de relative, de semi-pénitence ? Nous voulons sortir des ténèbres, nous voulons que ce ne soit plus l’ombre de la mort mais l’ombre de l’Esprit-Saint qui tombe sur nous. C’est inutile, chers frères et sœurs, si vous n’avez pas fait pénitence, d’essayer de vous rattraper dans les cinq jours qui restent mais préparons donc notre confession de Noël par la Vierge Marie, parce que ce quatrième dimanche de l’Avent est un dimanche marial. Vous avez tous reconnu la collecte, qui est une collecte éminemment mariale même si là on ne la mentionne le secours de la Vierge Marie. C’est la même collecte que pour la fête de Notre-Dame de Lépante, le 7 octobre, c’est la même prière que celle qui termine l’angélus. Vous savez l’angélus… l’appel à la prière en France, pour l’instant, est celui de l’angélus, trois fois par jour, à des heures qui peuvent varier. Çe n’est pas simplement le temps du XIXème siècle, avec les paysans bien pieux, les « mimines » bien jointes, immortalisés par Millet. Comment pouvons-nous passer à côté de ce triple appel quotidien sous le regard de la Vierge Marie et dire cette prière de collecte qui est nôtre aujourd’hui en ce quatrième dimanche ? C’est l’évangile de la Visitation avec ce cri extraordinaire, un des plus beaux cris de l’évangile : « Comment ai-je ce bonheur, que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ». C’est une réalité théologique. La Vierge Marie, qui n’est pas couverte de l’ombre du péché mais de l’Esprit-Saint, aurait très bien pu rester tranquillement à Nazareth pour préparer la naissance et commencer les cours de tricot. Il faut bien neuf mois surtout pour un premier enfant. Elle part, non pas dans la précipitation, mais le grec précise bien, « en toute hâte », pressée par l’Esprit-Saint comme son Fils le sera au moment de partir au désert après le baptême par Jean. Dès que Jésus et Jean doivent se rencontrer, l’Esprit-Saint presse. Oui, elle est portée, quelque part, par ce Fils qui est déjà en son sein depuis quelques jours, elle est portée à aller jusqu’à Elisabeth, pour elle-même porter son Fils vers son Précurseur. Voyez-vous la Vierge Marie, c’est elle qui va nous porter vers notre confession de Noël, vers notre rencontre d’amour avec le Christ venu dans la chair. Pourquoi la Vierge doit-elle nous porter ? Parce que le péché nous déporte de notre vocation à la sainteté. Et ce triste XXème siècle, à travers différents totalitarismes, nous a montré qu’être déportés c’est aller vers la mort. Le péché nous conduit à la mort spirituelle et peut même nous faire mourir pour l’éternité. Quel besoin avons-nous de cette confession de Noël, sinon le besoin des saints. Quelle est la différence, chers frères et sœurs, entre nous, vous et moi, et les grands saints, les saints canonisés ? St Jean-François-Régis, St Curé d’Ars, ils sont pécheurs comme nous mais leur différence c’est qu’ils se confessent plus souvent que nous. Nous avons la joie depuis quelques heures de voir notre Mère l’Eglise nous présenter au culte de nouveaux vénérables. Mgr Dziwisz, archevêque de Cracovie, a partagé le quotidien pendant plus de quatre décennies du vénérable Jean-Paul II. Il y a quelques jours, on lui demande quels étaient les défauts de Jean-Paul II ? Hélas, la réponse a été un petit peu langue de buisée mais il a dit quelque chose de très intéressant finalement : « Il faudrait demander à son confesseur. » parce que Jean-Paul II se confessait chaque semaine. Voyez-vous, chers frères et sœurs, la différence entre St Jean-François-Régis, le saint Curé d’Ars, le vénérable Jean-Paul II et nous, c’est qu’ils se confessaient chaque semaine. Ils prenaient à bras le corps leur état de pécheur pour le présenter au Christ, pour en être lavé, pour en être purifié.Donc notre confession de Noël va nous transporter vers le mystère de l’Incarnation. Ce quatrième dimanche, c’est un balcon sur la Nativité. Il est vain de nous rappeler qu’il ne s’agit pas simplement de cadeaux, qu’il faut penser au Christ, nous allons à la rencontre du Fils éternel du Père venu dans le temps prendre une humanité pour que Dieu se laisse toucher et que l’homme se laisse guérir. Etre transporté d’amour vers le confessionnal, çela pourrait être la grâce de ce quatrième dimanche marial. Prendre enfin au sérieux les promesses de Dieu, prendre enfin au sérieux cette humanité du Christ, pour prendre au sérieux les promesses de notre baptême. Oui, nous demandons que la clef de David ouvre la porte de notre cœur pour que l’amour qu’Il a pour le Père et le Père pour Lui nous relève, nous sanctifie. Enfin nous serons fils de Dieu, certes par adoption, mais nous pourrons le regarder face à face, nous pourrons l’aimer comme des fils. Amen. Père Stéphane PELISSIER Maryline Reymond
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HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

