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Homélie prononcée dimanche 20 juillet par le Père BressonQu'elle est merveilleuse ! la saveur des paraboles. Une saveur pleine de fraicheur : … un homme qui a semé du bon grain dans son champ ; vraiment Jésus à une parole vive et géniale : il ne nous raconte pas un film qui traine une demi heure pour commencer : tout de suite, nous voyons, mieux : nous vivons la scène… Une saveur qui sent bon le vécu des émotions de l'enfance : … du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine… derrière ces mots, en fermant les yeux, frères & sœur, ne voyons-nous pas les grands yeux étonnés de Jésus, enfant, des yeux qui ne perdent pas une miette de la scène familière qui se déroule dans la maison de Nazareth : dans la fraicheur d'un petit matin rayonnant : c'est Marie qui pétri énergiquement la pâte du pain familial… Une saveur piquante comme un grain de sénevé, la graine de moutarde sauvage de l'Évangile : … La plus petite des semences, qui devient un arbre… Là, Jésus raconte une parabole extravagante : un sénevé ! un arbre ! vous n'y pensez pas ! mais c'est l'art du conteur que de raconter des choses étonnantes : l'art de leur donner cette saveur piquante, art du coup de théâtre, c'est un coup de tonnerre dans le beau jardin des paraboles. Car le Royaume dont parle Jésus dépasse toutes les paraboles et il surprendra tout le monde. Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : « c'est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines. » … des choses cachées depuis les origines… des mystères dans lesquels depuis la nuit des temps l'homme se débat avec sa conscience, avec son semblable, avec ses dieux, avec son Dieu : … pourquoi l'homme peut-il être si méchant ? Pourquoi les choses de Dieu paraissent-elles si insignifiantes ? Pourquoi Dieu n'agit-il pas plus rapidement ? Pourquoi le mal ? Satan existe-t-il ? que pense Dieu de moi quand j'accomplis le mal ? Le monde est-il éternel ? la vie est-elle limitée par le temps ? le monde aura-t-il une fin ? ma vie est-elle éternelle ? que se passera-t-il lorsque je serai mort ? que se passera-t-il à la fin du monde ? l'enfer existe-t-il ? quelle sera la récompense des justes ? quelle sera la punition des méchants ? Voilà quinze sujets d'homélies que j'ai trouvé dans ce morceau de chapitre treize de saint Mathieu ! Je suis sûr que lorsque vous l'aurez relu, vous en trouverez quinze autres. Ne trouvez-vous pas que simplement avec trois histoires si simples, savoureuses, vécues, piquantes, Jésus se révèle à nous comme le Maître, celui dont la Parole est plus douce que le miel dans la bouche ? Frères & sœurs, lisez l'Évangile ! depuis quand n'avez-vous pas ouvert votre Bible, votre Nouveau Testament, votre missel du dimanche, ou encore Ta Parole est un trésor ? Trois travaux pratiques : Premier travail pratique : observer, de préférence avec ses enfants, ça rend plus simple, un beau champ de blé, de seigle, d'orge ou d'avoine, pourquoi pas un champ de lentilles ? bien observer dans le champ : est-ce qu'il n'y a pas des coquelicots et des bleuets dispersés, ou encore des chardons qui y poussent ? Observer que si les coquelicots ou les bleuets c'est beau, en tout cas le jour de la moisson ça ne donne rien de bon… Fermer les yeux alors et observer : tiens ! dans le champ de mon cœur, je préfère les bleuets de mes petits défauts mignons. Oh ! dans le champ de mon cœur, j'admire, et cultive même, les coquelicots vénéneux : c'est joli un coquelicot… oui, c'est agréable, la paresse ; ça fait rire, la médisance et la critique ; ça émoustille, les jeux de l'amour et du hasard ; ça satisfait mon égo : l'orgueil et l'asservissement à l'argent… Chacun est bien sûr libre d'allonger la liste en fonction de l'espèce de coquelicot à laquelle il a à faire personnellement… Noter ensuite les observations soigneusement (par écrit ou par cœur) puis penser à l'Évangile de dimanche dernier, le 13 juillet. Voir qu'il ne suffit pas de semer du bon grain dans de la bonne terre pour que tout marche bien. Voir ainsi, puis comprendre que Jésus est un bon poète, donc qu'il est réaliste. Apprendre ainsi que tout n'est pas blanc ou noir dans le champ de notre cœur, comme dans le champ de l'humanité : il y a du bon et du mauvais. Se souvenir que l'agriculture biologique vaut mieux que la chimique et, en relisant l'évangile de saint Mathieu chapitre treize versets vingt-quatre et suivants, pratiquer la méditation sur le fait que Dieu est plutôt « bio » : il arrache au bon moment, plutôt que de traiter massivement les mauvaises herbes. Normalement ce travail pratique se conclut par une bonne confession où Dieu va nous aider à arracher les bleuets, les coquelicots et les chardons spirituels et relationnels. Si vous avez déjà pratiqué ce traitement de la confession par le passé et que ça ait repoussé… ne vous découragez pas, c'est ça la culture biologique, c'est pas de la chimie qui tue les bonnes et les mauvaises herbes à la fois, d'ailleurs c'est très difficile à distinguer par nous-mêmes, la culture bio, ça demande de la patience mais justement si il y a quelqu'un de patient, c'est bien Dieu... Deuxième travail pratique : On attendra pour ce travail la bonne saison et les enfants ne prendront pas les graines qui se trouvent dans les pots de moutarde à l'ancienne, il y a des chances pour que ça ne marche pas. Semer une graine et attendre qu'elle pousse tout en l'arrosant suffisamment mais pas trop. Comparer la taille de la graine et celle de la plante, la productivité, etc… Demander alors aux parents, aux grand parents, à un ancien, à un ainé dans la foi, quelle graine semée dans le champ de son cœur a produit des fruits imprévus ? graine de prière, exaucée longtemps après et parfois d'une manière très inattendue, geste d'amitié qui a été le début d'une histoire improbable, petits ouis échangés un jour très ancien de mariage qui forment déjà un arbre… généalogique, souvenir d'enfance croyante qui ont fait de l'homme ou la femme murs des branches solides et verdoyantes. Troisième travail pratique : toujours de préférence avec ses enfants, ça les intéresse beaucoup en général et ça leur apprend quelques choses… prendre un bonne proportion de farine y mélanger le levain que vous vous serez procuré chez un bon boulanger ainsi que les conseils pour y arriver (certainement disponibles sur internet aussi) et fabriquer du pain en observant surtout le phénomène qui se produit durant la phase de repos et de fermentation de la pâte. Bien noter que la quantité de levain est minime mais très efficace, que le levain disparaît en devenant efficace. Comparer avec Mathieu, XIII, et l'Évangile et l'histoire de l'Église en général : voir le progrès du génie de beaucoup de civilisations au contact de l'Évangile, voir que les bonnes choses de notre culture européenne viennent toutes d'un contact prolongé avec le christianisme (si vous n'arrivez pas à bien voir, c'est normal : le christianisme n'apparaît plus comme tel, comme le levain dans une bonne pâte, dans ce qu'il y a de meilleur dans notre culture). Voir aussi que le propre du chrétien, comme du levain, c'est de se mélanger avec la pâte et de mourir parfois martyr, son triomphe est parfaitement invisible. Voir qu'il est assez normal que la quantité de chrétiens nous paraisse toujours trop faible, comme le levain. Par exemple : observer que si douze hommes ont mis en fermentation le monde entier, il doit y avoir un certain manque de qualité aujourd'hui, puisque malgré notre si grand nombre (encore), nous sommes incapables de mettre en fermentation les 6 milliards de frères et sœurs que nous comptons aujourd'hui ou tout simplement le cercle de nos connaissances et famille (1) On peut aussi terminer ce travail pratique par une bonne confession précédé d'un examen sérieux de cette dernière observation nous concernant tous personnellement. Ceci afin de ne pas désespérer de la patience sans borne de Dieu, de sa puissance invincible pour nous arracher au feu dont Jésus parle en termes si rudes. Mais Jésus est descendu aux enfers, et donc que nous serions impardonnables de ne pas méditer aussi le mystère du refus possible et obstiné du don de son Amour. Amen. Père Roland BRESSON (1) cf. S. Jean Chrisostome : Hom. 46, 2 : PG 58, 479 : Maryline Reymond
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HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

