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Homélie prononcée le jeudi de l'Ascension, le 2 juin par père Emmanuel GobilliardEt moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. C’est, dans l’évangile l’une des plus belles paroles que nous puissions entendre. Et pourtant cette parole est inséparable d’une autre que Jésus avait dite quelque temps avant : il est bon pour vous que je m’en aille. De quelle absence parlons-nous, de quelle présence aussi ? Pourquoi Jésus est-il invisiblement présent ? Pour faire grandir notre liberté et pour affermir notre fidélité ! Si Jésus était présent, ici, au milieu de nous dans sa gloire de ressuscité, nous serions obligé de croire en lui. Sa présence s’imposerait à nous. Mais l’amour ne s’impose pas, il se propose, il réclame notre liberté. Je ne peux forcer personne à m’aimer. C’est une question de liberté ; or l’amour implique la liberté. Jésus nous veut libre, parce que plus nous serons libre, plus nous aimerons. Donc en ce sens, l’absence visible de Jésus est bonne. Elle nous oblige à avoir à son égard une attitude dynamique. Nous devons l’inviter, aller le chercher, lui proposer de venir demeurer en nous. Il attend notre appel. Si nous restons dans une attitude passive, endormie, il ne viendra pas. Il respecte trop notre liberté. Le carême a pourtant dû nous préparer à cette attitude active, lorsque la liturgie nous a répété : « il est temps de sortir de votre sommeil », « réveillez vous ! » C’était pour que nous allions à la recherche de Jésus, dans la prière, dans les sacrements, dans les pauvres, dans tous ceux qui nous entourent et qui nous rappellent le cri de soif de Jésus à la croix. Jésus nous dit : j’ai besoin de ton amour, j’ai besoin de ton attitude active de charité. Souvenez vous de cette belle chanson de John Littelton : « Je cherche le visage, le visage du Seigneur, je cherche son image, tout au fond de vos cœurs ». Cette recherche active que le Seigneur attend de nous, elle se fait par le désir. L’un des objectifs de la prière, c’est de creuser notre désir. Jésus se donnera toujours à nous, et il se donnera totalement, parce qu’il ne connaît pas la demi-mesure, il se donnera infiniment parce qu’il est Dieu. Le problème n’est donc pas le contenu mais le contenant. Le contenant, c’est notre cœur que nous devons agrandir, dilater, à la mesure du cadeau que Dieu veut nous faire. Je me souviens de la comparaison que Monseigneur Boishu avait utilisée ici même lorsqu’il était venu présider une célébration dans cette cathédrale. Il nous avait dit en substance : « ne vous est-il jamais arrivé d’aller au supermarché et de vous apercevoir que votre cabas était trop petit pour contenir tout ce que vous aviez mis dans votre cadi ? Jamais vous n’avez diminué vos achats, vous avez juste agrandi le contenant en achetant un autre sac ! » C ‘est la même chose avec les dons de Dieu. Quelle tristesse de devoir le refuser parce que nous n’avons pas les capacités pour les recevoir. Elargissons donc plutôt notre cœur à la mesure de ce que Dieu veut nous donner, creusons notre désir de lui, alors il fera sa demeure en nous, il nous remplira de sa présence, alors nous comprendrons que s’il a choisi de disparaître à nos yeux, c’était pour faire sa demeure en nos cœurs qui peuvent ainsi devenir la demeure de la Trinité tout entière : « vous allez recevoir une force, celle du saint Esprit » et ailleurs « mon père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Cette absence de Jésus est donc bonne, à condition qu’elle creuse notre désir et qu’elle augmente ainsi notre foi. Si nous refusons cette attitude active de recherche de Dieu, nous risquons de tomber dans l’acédie, qui est un manque de goût pour Dieu. Ce péché guette les âmes tièdes qui oublient la prière et la charité. Leur cœur se rétrécit et ils n’ont plus envie, ils sont las de tout et en particulier de Dieu. C’est l’attitude de notre monde actuel. On oublie Dieu parce qu’on ne prend plus le temps d’aller à sa recherche, parce que nous ne voulons plus faire grandir notre foi. C’est comme lorsque nous n’entretenons plus l’amitié, elle disparaît. Alors ce qui aurait dû être une chance magnifique, le Christ qui monte au ciel, qui disparaît à nos yeux pour établir, dans nos cœurs sa demeure, deviens notre malheur, nous l’oublions totalement et nous désespérons. Prenons les moyens de la joie véritable, préparons nous à recevoir le saint Esprit, pour que la Trinité tout entière vienne habiter en nous ! Soyons fidèles. La condition, pour que le seigneur soit présent en nous, c’est que nous soyons fidèles à ses commandements : « Celui qui a reçu mes commandements et qui y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime, et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » Aimer, ce n’est pas éprouver des sentiments. Jésus nous rappelle, qu’aimer c’est en acte, aimer c’est agir, aimer c’est servir. N’attendons pas pour aimer, ne soyons pas passifs, nous risquerions de ne plus être capable d’aimer parce qu’incapable de recevoir celui qui est l’amour. « Vous allez recevoir une force… » Désirons cette force de l’Esprit, préparons à la recevoir, disposons nos cœurs en les élargissant à la mesure du don de Dieu. L’eucharistie d’aujourd’hui peut nous y aider. Amen Père Emmanuel GOBILLIARD Maryline Reymond
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2ème DIMANCHE DE PÂQUES HOMELIE prononcée par PERE FLORENT DE RUGY

