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Homélie prononcée par Mgr Brincard le 19ème dimanche du temps ordinaire, le 7 Août 2011 Je vois les fidèles de la cathédrale qui viennent chaque dimanche et que je salue avec beaucoup de respect et de reconnaissance, je vois aussi tous ceux qui prennent un repos mérité certainement et je souhaite que ce repos soit bienfaisant. Je vois également des familles ; nous savons combien l’Eglise aime la famille et elle doit le manifester toujours plus par des initiatives adaptées à notre temps. Notre cathédrale -qui est aussi un sanctuaire- accueille beaucoup les familles comme cette famille qu’on appelle la paroisse. Donc chères familles sentez-vous chez vous en venant chez nous et surtout que les cris de vos enfants ne vous causent aucune frayeur : dans l’évangile nous savons qu’ils ont crié aussi beaucoup et que Jésus a sévèrement repris ses apôtres qui s’en plaignaient. Je vois aussi parmi vous des jeunes ; tout à l’heure notre père recteur a parlé des routiers qui ont reçu dans la nuit d’hier une pluie de grâces, pluie violente, je suis heureux de les saluer, je suis heureux de saluer les scouts d’Europe et leur aumônier. Enfin, je salue d’une manière toute particulière mes frères prêtres et les consacrés parmi vous. La première lecture de ce jour est poignante au sens propre de l’épithète. Saint Paul nous parle du mystère d’Israël qui le touche particulièrement et qui nous touche aussi particulièrement par un autre chemin. Saint Paul est juif et il nous le dira fortement dans plusieurs de ses épîtres. « Mes frères de race » dit-il dans l’épitre aux romains. Mais il est proche d’eux comme nous, nous sommes appelés à être proche d’eux. Oui, Israël est un grand mystère, le mystère de l’amour de Dieu pour un peuple, un amour jamais repris comme saint Paul le rappelle, d’où le respect que nous devons avoir pour nos frères juifs. Et en même temps ce respect s’accompagne d’une grande tristesse et, si nous étions vraiment chrétiens, d’une douleur incessante. Et cette tristesse concerne le mystère du Christ qui est venu achever toutes les promesses et la première alliance assumée et non pas détruite. Et voilà la rencontre d’une manière visible entre le Christ et Israël est encore à venir. Comme nous souhaitons être les serviteurs du Christ auprès de nos frères par l’exemple, un exemple qui attirera mieux que nos paroles vers celui qui devrait être tout notre amour. Respect, tristesse, espérance. Justement l’espérance est fondée sur ce que je viens de dire. Il y a sûrement des limites et des maladresses et même des offenses qui ont été faites et qui ont voilées le mystère du Christ pour nos frères. Nous devons bien sûr nous en repentir, Jean Paul II l’a fait admirablement au nom de toute l’Eglise, et en même temps être dans l’espérance qu’un jour cette rencontre dont je parlais tout à l’heure se fera, selon les voies de Dieu et à la mesure de notre humilité et de notre générosité. Je vous invite à relire ce passage de l’épître de saint Paul aux romains et de le méditer et d’en tirer des conséquences pour nos relations avec nos frères juifs. L’évangile de ce jour est une grande lumière sur l’Eglise d’une part et sur nos vies d’autre part. La Parole de Dieu comporte toujours ces lumières qui sont unies entre elles en partant d’une lumière qui est première et qui est sur le Christ. Tout l’évangile nous parle de Jésus, je dirais même toute la Parole de Dieu nous parle de Jésus. Et en même temps, toute la Parole de Dieu nous parle du mystère du corps mystique du Christ, l’Eglise, et aussi de notre vie chrétienne ou de ce qu’elle devrait être. Je voudrais juste souligner brièvement à partir de l’évangile de ce jour : nous voyons d’abord Jésus prier à l’écart dans la montagne, tous ces détails sont porteurs d’enseignement. D’abord, Jésus prie, il ne prie pas en tant que Dieu mais en tant qu’il est homme et la prière est la vie profonde de Jésus. Il est toujours en prière et cela nous est montré à certains moments pour nous rappeler l’importance de la prière. La prière de Jésus est un grand mystère, parce qu’elle est insondable et nous avons toujours à la découvrir, à la redécouvrir et aussi à nous laisser attirer par elle, à faire en sorte que cette prière devienne nôtre. Le mystère de la prière de Jésus et un mystère de colloque personnel, cet aspect personnel est souligné par le fait que Jésus est à l’écart. C’est le mystère aussi d’une adoration personnelle bien sûr, dans son humanité sainte et cela est symbolisé par la montagne. En un mot c’est le mystère d’un colloque d’amour entre le Fils et le Père, un colloque qui passe par l’humanité sainte de Jésus. Quel mystère ! Mes chers amis, pour découvrir la prière, il faut regarder Jésus, il faut demander à l’Esprit Saint d’entrer dans le mystère de Jésus. Comment faut-il le prier ? Comment l’Eglise prie plus exactement ? Eh bien, il faut se reporter à la première lecture : comme le prophète Elie, elle sort dans la montagne, c’est-à-dire dans l’adoration et en adorant c’est Jésus qui vient, c’est-à-dire Dieu dans une brise légère. Rappelez-vous, dans la première alliance, Dieu se manifeste à travers ce qu’on appelle des théophanies et c’est toujours très impressionnant : la montagne tremble, la fumée s’élève, les éclairs se multiplient (hier soir, on en a eu quelques-uns), le tonnerre retentit. La théophanie s’accompagne toujours d’une manifestation de la toute-puissance de l’amour, car la toute-puissance en Dieu est liée à ce qu’il est, l’Amour, et on tremble. Jésus, c’est la brise légère, il vient au milieu de nous, doux et humble de cœur. Il nous sauve, non pas par une puissance qui aurait foudroyé mais par un amour qui transforme. Et l’Eglise prie ainsi, elle est Elie, elle sort dans la montagne et elle adore Jésus qui vient vers elle dans la brise, dans l’Eucharistie, une brise qui vient aussi par d’autres chemins, dans la Parole de Dieu proclamée il y a un instant, Jésus vient aussi à travers le frère qu’il faut servir. Et alors, l’Eglise se couvre d’un manteau comme Elie, c’est-à-dire, avec un immense respect d’amour, elle se prosterne, elle se livre à Jésus qui passe. Je voudrais conclure par rapport à notre propre vie en soulignant que Jésus passe aussi à travers les épreuves et c’est bien ce que l’évangile de ce jour nous rappelle. Jésus laisse partir la barque avec les disciples, il sait qu’il y aura un ouragan. Les disciples, sur la mer de Galilée, ont le sentiment d’être abandonnés, d’être seuls, d’être loin : « où est Jésus ? Mais où est-il ? » et voilà que Jésus, avec la toute-puissance de l’amour, s’approche d’eux par un chemin singulier qui étonne, bouleverse et les plonge aussi dans une crainte accompagnée d’interrogations. Et que dit Jésus en venant ? « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur», la brise qui passe à travers l’épreuve. Eh bien, chers amis, qui d’entre nous n’a pas d’épreuves dans sa vie ? Qui d’entre nous ne se demande pas à certains moments « Mais où est-il ? où est-il ? Est-ce qu’il m’entend ? » et voilà que Jésus vient dans l’Eucharistie, dans sa Parole et dans le frère en nous disant : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. » Chers amis, beaucoup de doutes, beaucoup d’angoisse, beaucoup de peurs peuvent être surmontées en servant Jésus dans le pauvre. C’est peut-être souvent mieux que de longues réflexions, qui ont leur place mais peut-être pas toute la place. Le pape lui aussi connaît les peurs et les épreuves mais attention, il a la grâce de l’infaillibilité, c’est vrai, jamais il ne défaillira au niveau de la foi proclamée, mais qui vous dit que dans son cœur il n’y a pas des moments de grandes épreuves, de tristesse et pourquoi pas, des peurs ? et c’est pourquoi nous prions pour lui. J’ai souvent été étonné par une prière que j’entends dans les prières d’intention à chaque messe : « prions pour que la foi du pape ne défaille pas. » Intérieurement je me dis : « est-ce que c’est juste de dire ça ? » parce qu’enfin, il a la grâce de l’infaillibilité, ça fait partie de notre foi : quand le Pape proclame la foi de l’Eglise, il ne peut pas se tromper. Et même il y a une forme de soutien donné par le saint Esprit au Pape dans les actes du magistère. Mais qui vous dit qu’il ne sent pas des moments de solitude ? Qui vous dit qu’il n’a pas besoin de notre affection et de nos encouragements ? J’aimais tant voir le pape Jean Paul II arrivé au milieu de milliers de jeunes qui l’applaudissaient : « nous t’aimons, nous t’aimons » et le pape ne le prenait pas comme une gloire personnelle mais comme un soutien dont il avait besoin mais c’est touchant, c’est merveilleux, on va peut-être le vivre à Madrid avec Benoît XVI et même sûrement, supprimez le « peut-être ». Alors, chers amis, nous allons prier pour Benoît XVI, quel don de Dieu à l’Eglise, et nous l’aimons et nous l’écoutons et nous méditons ses paroles et si certaines d’entre elles nous échappent un peu parce que nous n’avons pas nécessairement tous les moyens de les recevoir immédiatement (immédiatement, je dis, c’est-à-dire sans médiation) hé bien, allons demander à ceux qui peuvent nous aider, nos frères prêtres, nos frères diacres que sais-je encore, les évêques pourquoi pas. Je serais heureux qu’après cette messe tel ou tel d’entre vous veniez me dire « j’aimerais que vous répondiez à une question que je me suis posée en vous écoutant. » Mais bravo, vous vous êtes posé une question, c’est merveilleux. J’aimerais pouvoir avoir la joie, avec la grâce de Dieu et en communion avec l’Eglise, de vous donner une lumière pacifiante et qui vous rendra plus joyeux. Oui, nous allons prier pour le Saint Père, nous allons penser qu’il connaît des moments de solitudes et de détresse et nous allons l’entourer d’une immense affection exprimée dans la prière. Que la Vierge Marie nous aide à accueillir cette brise divine qu’est son divin Fils. Monseigneur Henri Brincard Maryline Reymond
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2ème DIMANCHE DE PÂQUES HOMELIE prononcée par PERE FLORENT DE RUGY

