Homélie prononcée par Mgr Brincard pour la fête de la Toussaint

Mardi 1er novembre 2011



Homélie prononcée par Mgr Brincard pour la fête de la Toussaint
Frères et sœurs, vous avez remarqué que votre Evêque a cherché sa crosse avant la proclamation de l’Évangile et je vais vous dire pourquoi. Il doit avoir sa crosse pour la proclamation de l’Évangile. La crosse est le signe qu’il est le bon pasteur, il est appelé à vous guider dans la lumière de la parole de Dieu. C’est cette parole qui doit servir comme un chemin de lumière et de sainteté pour tous et c’est pourquoi la volute de la crosse est tournée vers l’Évangile. Nous fêtons aujourd’hui la cité du ciel, notre Mère, la Jérusalem d’en haut, pour reprendre ce que nous dit la parole de Dieu sur le ciel. Ce ciel est évoqué, à sa manière, dans ce bouquet que vous pouvez admirer. Les couleurs du bouquet sont symboliques, il a non seulement une très belle forme mais il a aussi une très belle harmonie de couleur. Il y a la couleur verte, le ciel est une vie ; il y a la couleur jaune, cette vie est la vie même de Dieu, une vie de lumière ; et en même temps il y a des fleurs rouge foncé, cette vie est une vie d’amour, Dieu est amour. Le ciel est une participation en plénitude à la vie de Dieu. Si nous voulons reprendre la parole de Dieu pour décrire le ciel, nous pouvons nous représenter le ciel comme une foule immense qui voit Dieu tel qu’il est, qui est près de Dieu, qui est dans la joie du ciel qui aujourd’hui peut descendre un peu plus dans nos cœurs si nous le désirons. Une foule pleine de joie, une foule dans l’adoration, une adoration qui nous est révélée, c'est-à-dire qu’elle nous est montrée par Dieu lui-même à travers sa parole que nous avons proclamée. Cette adoration, c’est une adoration de louange, de gloire, de sagesse et d’action de grâce, une louange d’honneur, de puissance et de force, c’est aussi la louange des anges. Louer : remercier Dieu de ses bienfaits. Glorifier : manifester combien Dieu est bon, manifester ce que Dieu est, Dieu est lumière, amour, bonté, sagesse. Dieu conduit tout selon les desseins de son amour, un dessein qui s’accomplit même si parfois les apparences ici-bas font penser le contraire. Nous verrons au ciel que Dieu a tout conduit avec sagesse et nous comprendrons ce que nous ne pouvons pas comprendre ici-bas. Action de grâce, cela rejoint la louange, c’est un remerciement ; honneur, c’est manifester l’excellence de Dieu, il est plus grand que tout ; puissance, la puissance d’un amour parfait qui est la vie même de Dieu, la vraie puissance est là, comme les béatitudes nous le rappellent. L’adoration de cette foule immense est une adoration qui glorifie, qui acclame la sagesse, qui proclame l’excellence, la puissance et la force de Dieu. Vous remarquerez qu’il s’agit de la liturgie, cette action divine à laquelle nous nous unissons, et c’est d’abord une action de Jésus, par la liturgie nous participons au bonheur du ciel. Voilà une évocation du ciel où il faut revenir tout le temps pour rentrer plus profondément dans ce mystère que nous célébrons aujourd’hui. Avons-nous dès ici bas l’expérience du ciel ? Oui nous avons l’expérience du ciel, ce qui fait que le ciel n’est pas pour nous un grand inconnu. Ce n’est pas un au-delà de ce que nous vivons, c’est quelque chose qui se développe en nous et dans notre vie. En effet, en participant à la vie de Dieu par le baptême, nous participons à la vie du ciel, une vie d’amour, nous aimons avec le cœur de Jésus, et nous comprenons le ciel. C’est pourquoi les saints désirent tant le ciel. Le ciel pour eux c’est comme un soleil qui a commencé à se lever dans leur cœur et qui atteindra un jour, après le franchissement des portes de la mort, son zénith, sa plénitude, le ciel. Ici-bas nous marchons vers le ciel par un chemin que les béatitudes évoquent. C’est le programme pour aller au ciel. Le curé d’Ars lors de sa venue à Ars au milieu d’un brouillard qui ne lui permettait pas de voir le village dont il allait devenir le pasteur illustre, trouve sur son chemin un enfant et lui demande où est Ars. L’enfant berger connaissant bien la région indique au curé d’Ars le chemin. Le curé d’Ars lui répond : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel. » Il l’a montré par sa pratique des béatitudes. Elles nous montrent par quel chemin il faut passer pour parvenir au ciel. Il l’a montré à travers sa vie et l’on pourrait illustrer les béatitudes en montrant le curé d’Ars qui a vécu chacune d’entre elles. Le chemin du ciel passe par un cœur pauvre, un cœur qui ne dépend que de Dieu qui a mit l’amour à la place qui lui revient, la première. Nous parvenons au ciel par un cœur doux, le cœur pour qui la puissance suprême, c’est l’amour reçu puis communiqué. On ne peut être doux que si l’on considère que la puissance suprême c’est l’amour. Des pleurs, c’est le cœur qui souffre que l’amour ne soit pas aimé, St François d’Assise par exemple. Le cœur pauvre et ayant soif de justice, c’est le cœur qui a faim et soif que l’amour reçoive son dû et le dû de l’amour, c’est l’amour ! Le cœur miséricordieux, c’est le cœur plein de compassion qui fait siennes les misères qu’il peut rencontrer et qui présente sa misère à Dieu. Le cœur artisan de paix, c’est le cœur qui met l’unité, dans le monde d’aujourd’hui ces cœurs-là sont très importants. Ils trouvent le chemin du ciel. Ce grand chemin évoqué rapidement dans l’évangile des béatitudes est un chemin qui n’est pas dénié d’épreuves et de souffrances. C’est une contradiction. En effet le cœur pauvre, le cœur doux, le cœur qui pleure, le cœur qui a soif de justice, le cœur qui unit, c’est un cœur qui est conformé progressivement à celui de Jésus-Christ vers la sainteté, c’est cela être à l’image du Christ. Pour nous, le chemin du ciel passe par où est passé ici-bas le chemin de Jésus pour nous. La croix apparaît ici non pas comme la souffrance mais comme l’amour qui se sert de la souffrance pour donner la vie. La souffrance n’a qu’un seul maître l’amour, sinon la souffrance peut écraser, et quiconque ne le pense pas ne sait pas jusqu’où la souffrance peut aller. Aimer dans la souffrance et souffrir dans l’amour, c’est le secret du cœur configuré à Jésus. Aujourd’hui Jésus sera présent au milieu de nous dans le mystère de l’Eucharistie, nous lui demanderons de marcher sur le chemin du ciel avec lui qui se donne à nous. Nous ferons passer notre demande par le cœur qui a pleinement suivi le chemin des béatitudes à la suite de Jésus son fils, le cœur de Marie. Plus nous marcherons sur le chemin du ciel, plus nous goûterons la joie du ciel. Amen Monseigneur Henri Brincard

Maryline Reymond
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