Homélie prononcée par Mgr Brincard pour la messe du rassemblement des guides SUF le 13 novembre 2011



Homélie prononcée par Mgr Brincard pour la messe du rassemblement des guides SUF le 13 novembre 2011
Chers jeunes, chers frères prêtres, chères sœurs consacrées,
 
Nous avons entendu dans la première lecture une question : « Qu’elle est la femme vaillante ? » ensuite on la décrit. J’ai envie de répondre qu’il y en a beaucoup parmi les guides unitaires de France. Je regarde vos visages fatigués mais heureux. Si je vois quelques yeux se fermer pendant les paroles que je vous dirai, ne vous inquiétez pas, je penserai à une parole de l’Écriture : « je dors mais mon cœur veille » !
 
Chers jeunes, votre joie augmente la mienne. Vous avez apporté beaucoup de joie à votre évêque d’un jour et à tous ceux qui vous ont accompagnés de leur dévouement. Je voudrais dire en votre nom un grand merci à votre aumônier national, aux frères prêtres qui nous accompagnent et aussi à deux prêtres de mon diocèse qui se sont mis à votre service, le père Roland et le père Florent. Merci aux consacrées, à la maîtrise, à Anne et Nicolas et à leur équipe et à tous ceux qui ont participé à l’organisation de journées inoubliables, d’une organisation remarquable et remarquée.
Vous avez augmenté notre joie mais vous êtes aussi la joie de la Vierge Marie. Je suis si heureux de vous voir dans ce sanctuaire où vous découvrez d’une manière nouvelle celle qui reste un modèle humain. Vous voulez savoir ce qu’est la femme, regardez-la ; vous voulez découvrir la grandeur de votre vocation de femme, regardez-la ; vous avez besoin d’un appui, elle est là ; vous avez besoin d’une direction, elle vous la montre. Cette direction, elle vous la montre à travers cette statue qui se trouve au-dessus du tabernacle au fond de la cathédrale en face de vous ; elle est au-dessus d’une présence non pas parce qu’elle est plus grande que cette présence mais pour nous dire : vous le cherchez, recevez-le là où il se donne à vous.
Regardez Marie vraiment comme l’étoile de votre vie, l’étoile du matin, l’étoile qui guide, qui soutient, qui encourage. C’est donc la Vierge Marie qui vous accueille dans ce sanctuaire où tant d’hommes et de femmes sont venus pendant des siècles, ce sanctuaire qui fut un sanctuaire national, où sont venus de nombreux rois de France et aussi des grands personnages de l’état, il y a quelques mois, le président de la république lui-même.
 
Que vous dire de la Vierge Marie ?
 
Tout d’abord n’ayez pas peur, et dans le monde d’aujourd’hui les angoisses peuvent être fréquentes et les souffrances nombreuses. Cette parole que nous venons d’entendre apaise, parce qu’en la lisant la Vierge Marie nous montre son fils Jésus ; écoutez-le, il nous parle à travers l’évangile. Cette parole nous la recevons dans la prière. La prière, c’est le cœur qui écoute, c’est un cœur qui accueille. Les femmes le savent et elles doivent le faire découvrir de plus en plus dans le monde où nous sommes et où il y a tant de peines à écouter.
La Vierge Marie vous demande d’accueillir son Fils là où il se donne à vous, dans l’Eucharistie. Il sera là dans quelques instants au milieu de nous, que lui direz-vous ? Je suis là, je t’écoute. Et comment le recevrez-vous ? Avec la foi, une certitude dans votre cœur, vous êtes aimés de Dieu d’une manière inouïe : regardez cette croix, regardons-la puisqu’elle nous concerne tous, et nous le recevrons aussi avec l’espérance et l’amour.
Accueillez-le là où il vous donne son pardon. C’est merveilleux de vous voir demander le pardon de Jésus, je pense qu’aucun des prêtres qui a eu la grâce de vous servir, de servir le pardon de Jésus ne me contredira. Ce  pardon dont nous sommes les instruments nous en profitons au passage. Chaque fois que nous donnons l’absolution, nous vous regardons dans ce regard de l’amour de Jésus pour vous.
Accueillez-le et servez-le là où il se trouve et là où il vous tend la main. Mère Térésa fut interrogée par un jeune : « Je n’ai jamais vu Jésus », encore aujourd’hui dans une lettre de confirmand je trouve cette question : « Moi je n’ai jamais vu Jésus, comment croire en lui ? ». La réponse de Mère Térésa : « Comment ? Tu n’as jamais vu Jésus, tu n’as donc jamais rencontré un pauvre ? ». C’est l’Évangile ! Oui servez-le là où il nous tend la main.
 
Enfin, attendez. Quand on aime on attend d’une manière toute particulière. J’aime bien regarder les quais de gare en attendant un train, je détecte tout de suite les fiancés. Ils attendent quelqu’un mais quelle joie quand ils se rencontrent. En tant que chrétien, nous attendons le retour de celui que nous aimons déjà, qui est dans notre cœur comme un ciel qui commence ; c’est ce que disait un enfant quand on lui demandait qu’est-ce que le ciel, il a répondu : « Plus tu aimes, plus tu comprends ». Le ciel commence en nous quand nous aimons et plus nous aimons, plus nous désirons voir celui que nous aimons. Ce n’est pas négliger la terre, ni négliger les amitiés, ni négliger tout ce qui est beau et grand, c’est donné à tout une dimension nouvelle. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, il nous est dit : « Attendez-le », ne faites pas de prévisions mais des provisions. Il ne faut pas deviner quand Jésus reviendra, il faut être prêt, toujours prêt, il me semble que c’est une devise du scoutisme.
Ensuite pour préparer son retour, faites fructifier vos talents, le talent était une monnaie romaine très précieuse de grande valeur et donc a symbolisé les autres talents que sont les dons que nous avons reçus, nous avons tant reçu. Je pense à beaucoup de jeunes qui ont moins reçus que nous et qui voudraient tellement avoir ce que nous avons et qui peut être en feraient en meilleur usage. L’Évangile nous dit : « Fais fructifier les dons que tu as reçu sinon tu les perdras pour l’éternité, fais fructifier les richesses que tu as reçues de Jésus, ton baptême, ta confirmation, toutes les eucharisties auxquelles tu as participé, la parole de Dieu que tu viens t’entendre » Faire fructifier la parole de Dieu, c’est en retenir quelque chose et après la messe mettre en pratique ce que nous avons compris.
Attendre ce n’est pas se croiser les doigts, c’est ouvrir ses mains et son cœur de telle manière que lorsqu’il reviendra, on ne dira pas : « au voleur ! », mais « par ici ! » La mort peut être le prélude d’une belle rencontre, se jeter dans des bras toujours ouverts.
 
Cher jeune, je termine, gardez Marie, elle vous gardera. Demandez-lui par quel chemin je pourrais me donner le plus, est-ce le mariage ? Une vie consacrée ? Un service qui peut prendre des formes différentes mais toujours pour Jésus ? je ne le sais pas. Je vous conseille de demander à Jésus son avis, c’est le moyen le plus sur d’être comprise, d’être heureuse.
 
Je termine par cette prière qui s’intitule : prière de la soif du bonheur. Je me rappelle quand j’étais jeune aumônier, je la lisais souvent aux groupes de jeunes que je rencontrais. Prière composée par une jeune de 17 ans morte d’un cancer, il y a très longtemps. A 16 ans, voilà ce qu’elle écrit :
Savez-vous, Seigneur, ce qu’est une âme de seize ans ?
La vie est devant moi, inquiétante, passionnante.
Je dois m’y tailler une place ; j’ai le droit, le devoir de réussir.
Vous m’avez mise au monde, Seigneur, pour y jouer ma vie. Voyez mon frémissant désir de posséder ma vie, l’argent comme un moyen, la carrière pour rayonner mon influence.
            Etre quelqu’un
Un chef qu’on suit, qu’on aime.
Mon Dieu, je vous offre tout cela.
J’ai tout de même peur, Seigneur.
J’ai peur de ne pas réussir. J’ai peur de traîner une existence médiocre.
Je ne suis pas faite pour souffrir mais pour être heureuse.
J’ai peur, mon Dieu, que votre conception du bonheur ne soit pas la mienne.
Je sais que vous avez promis un bonheur, mais il me semble qu’il est différent de celui dont mon âme a soif.
Que les richesses, la débauche n’apportent pas la joie, je l’admets facilement.
Mais faut-il souffrir en ce monde pour gagner la vie éternelle ?
Faut-il renoncer aux plaisirs que la terre nous offre ?
Que faut-il vous sacrifier ?
Pour être, faut-il se donner ?
« Aimer, se donner, servir, perdre son âme » que veulent dire ces mots ?
Je ne comprends plus, Seigneur.
Est-ce que l’Evangile changerait ma vie ?
La Croix ! Porter sa croix pour vous suivre…
Mon Dieu, je veux être heureuse…
Vous savez bien que nous avons besoin de certitude, de lumière…
Nous ne voulons pas gâcher nos vies, et nos âmes ont trop soif de bonheur…
                        Mon Dieu, éclairez-nous !
                        Mon Dieu, apprenez-nous à être heureux !
Ainsi soit-il.
                                                                                  + Henri Brincard
                                                                                  Evêque du Puy-en-Velay
 (Homélie non relue par l'auteur)

Maryline Reymond
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