|
|
||
S'identifier
|
Homélie prononcée par Mgr Henri Brincard le dimanche 4 janvier 2010
Chers amis, en écoutant la parole de Dieu, cette belle crèche nous aide à méditer sur le mystère que nous célébrons aujourd’hui.
Le mot mystère indique déjà que, ce que nous célébrons, dépasse ce que nous pouvons concevoir par nous-même car nous sommes plus aimés que ce que nous pouvons en comprendre. Epiphanie vient du mot grec qui signifie « manifestation ». C’est le mystère du Sauveur du monde qui se manifeste à toutes les nations du monde représentées par ces trois personnages. Cette manifestation comporte pour nous de grandes leçons que nous pouvons tirer pour notre vie chrétienne. Mais avant de le faire, je voudrais vous rappeler que l’Epiphanie est un évènement qui nous éclaire sur comment Dieu est entré dans l’histoire des hommes et pourquoi Il y est entré. Il s’agit donc bien d’un évènement. Pour nous en convaincre, lisons plus attentivement l’évangile qui vient d’être proclamé. Ces mages qui sont-ils ? Ne nous égarons pas en suppositions qui font le bonheur des spécialistes, disons simplement qu’il s’agit de personnes honorées et honorables. Les présents qu’ils apportent sont les présents traditionnels de l’Arabie. L’or, un métal précieux et très recherché et d’un grand prix, l’encens un parfum qu’on brûlait devant les grands du monde et qui avait plusieurs usages pratiques, purifiait l’air, symbolisait la grandeur du personnage devant lequel il brûlait et enfin attirait vers celui devant lequel on brûlait cet encens. La myrrhe était un aromate très recherché qui avait plusieurs usages dont celui, et c’est particulièrement symbolique quand il s’agit de Jésus, d’être un moyen d’ensevelir honorablement les morts. L’étoile dont il est question est un phénomène céleste dont la providence divine se sert pour accomplir ses desseins. Croyez-vous que le Roi du ciel et de la terre ne puisse pas le faire ? Si Jésus est Dieu Lui-même, venu parmi les hommes, faut-il s’étonner que l’univers soit au service de sa Révélation ? Ici, permettez-moi de vous le dire, ne confondons pas l’extraordinaire qui relève de l’action divine et le merveilleux qu’inventent les hommes pour enchanter leur imagination. Cette étoile est, pour les mages qui sont des gens religieux comme on l’était d’ailleurs de manière générale en ce temps là. Pour eux les signes dans le ciel ont une signification parce qu’ils sont symboliques. Nous avons oublié aujourd’hui ce sens, nous n’avons plus aujourd’hui ce sens du symbolisme notamment lorsque nous regardons la nature qui ne nous parle plus de Dieu et pourtant nous en savons plus sur le mystère de Dieu que ces mages. Quoiqu’il en soit, ce signe apparaît aux mages comme un appel adressé à travers l’univers pour venir adorer un roi c'est-à-dire un personnage très puissant et jusqu’alors inconnu. Ils identifient ce signe comme concernant le roi des juifs. Ils se mettent en marche et, arrivés à Jérusalem, le signe disparaît et les mages vont s’enquérir auprès de personnes avisées qui finalement font savoir à Hérode la présence de ces personnages importants. L’inquiétude du roi Hérode correspond parfaitement à ce que nous savons par l’histoire de ce tyran sanguinaire qui s’effrayait de tout ce qui lui semblait menacer son despotisme. Tyran sanguinaire, il agissait avec une cruauté effroyable, là aussi l’histoire nous en donne le témoignage. L’attitude d’Hérode ne doit pas nous étonner. Les mages parvenus à destination grâce à ce signe céleste qu’est l’étoile qui les guide, adorent l’enfant dont l’humanité cache à leurs yeux le mystère de sa divinité c'est-à-dire le secret de sa puissance salvatrice. Enfin par une instruction divine, à travers un songe, les mages sont informés des véritables intentions de Hérode et donc vont repartir par un autre chemin.
Chers amis, dans la lumière dans la foi, quel est pour nous le sens de l’évènement relaté avec sobriété, je voudrais le souligner, par l’évangéliste St Matthieu ? Ce sens a plusieurs aspects et je n’en retiendrai que quelques uns. Tout d’abord, c’est évident, et cela nous est rappelé aujourd’hui par l’Eglise elle-même qui fait de ce jour, le jour de la mission universelle, Jésus est le Sauveur de tous les hommes. Il est l’unique Sauveur et le salut qu’Il propose parvient d’une manière visible par l’Eglise. Nous savons que la mission de l’Eglise, c’est d’annoncer la Bonne Nouvelle c'est-à-dire le mystère du Christ. Mais ce salut parvient aussi, comme nous le dit le concile Vatican II, par des moyens connus de Dieu seul. Je ne veux pas m’étendre là-dessus, je voudrais simplement souligner que toujours ce salut vient de Jésus et toujours il passera, d’une manière ou d’une autre et sans qu’on le sache parfois, par l’Eglise et le reste relève de la Providence amoureuse de Dieu. Le deuxième enseignement est celui que nous avons déjà tiré à Noël, celui de la pauvreté et de l’humilité du Sauveur du monde dont le mystère profond est symbolisé par cet or qu’on lui offre et qui est le signe de l’amour divin de Jésus pour le Père, rien n’est plus grand ni plus précieux, et l’amour divin de Jésus pour chacun d’entre nous. Quelle émotion, quel contraste qui augmente cette émotion entre la petitesse de cet enfant et sa toute puissance. L’encens symbolise la prière de Jésus qui s’élève en agréable odeur vers le Père et qui prend la forme d’une offrande sur la Croix qui sauve le monde. Et la myrrhe symbolise le mystère de la Croix de Jésus à travers son ensevelissement qui précède sa Résurrection. Cet ensevelissement qui nous renvoie à la Passion et à la Résurrection à travers un seul signe.
Chers amis, l’humilité, la pauvreté et la puissance du Sauveur appellent de notre part une adoration comme celle des mages. Prosternons-nous ! il est rare dans la liturgie de se prosterner, à vrai dire, on ne le fait qu’une seule fois, le vendredi saint et c’est toujours un moment de grande émotion pour tous les participants à cette liturgie de voir les célébrants étendus de tout leur long devant l’autel. C’est ça se prosterner, c’est plus que la génuflexion. Se prosterner devant Jésus, c’est L’adorer avec tout notre cœur et en faisant remonter vers Lui tout ce que nous sommes et que nous avons reçu de Lui. Le gloria, que nous avons chanté, nous y aide. Louer, bénir, adorer, rendre grâces ! Voilà toutes les formes de l’adoration qui doit habiter notre cœur. Et la myrrhe nous rappelle aussi que l’adoration va jusqu’à l’offrande de notre vie. Et il faudra bien le faire ! Chers amis, nous ne savons pas par quel chemin, aucun d’entre nous ne sait par quel chemin il va entrer dans l’éternité, aucun ! Mais ce que nous savons tous c’est que ce sera le moment de l’offrande de notre vie. Car, enfin si vous avez accompagné des mourants, la pire des consolations c’est de leur dire qu’ils vont mieux ! Et parfois on le dit parce qu’on l’espère mais est-ce suffisant ? On laisse le mourant à sa solitude. La pire des consolations c’est de ne pas l’aider à offrir sa vie, ce que l’on faisait toujours autrefois d’une manière profondément chrétienne. Si on appelait le prêtre, le consacré, la famille, c’était pour entourer le mourant d’une prière qui était offrande de notre part et appel à l’offrande pour lui. Aimer sa vie, c’est normal, bien qu’il y ait dans cet amour une possessivité dont il faut se purifier et bien il faudra offrir à Jésus ce grand don pour un don plus grand encore. Préparons-nous y !
Nous concluons : En nous appuyant sur l’évangile nous voyons que si Jésus est venu vers nous par Marie, nous allons vers Jésus avec Marie, c’est la raison profonde pour laquelle les mages découvrent l’enfant avec sa mère. Le « avec » conserve le don que Jésus nous fait de Lui-même par Marie et l’appel qu’Il nous adresse à recevoir son don avec l’aide de Marie. Quand vous irez dans quelques instants devant la crèche, regardez bien la Vierge : Marie, aide-nous à adorer, à recevoir ce don inouï, le Don de Dieu qui se donne. Amen Monseigneur Henri Brincard Maryline Reymond
Lu 290 fois
Autres documents :
Actualités | Horaires messes et offices | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter |
Abonnez-vous à la lettre du site
Liste de liens
|
|
ADP © Eglise Cathédrale 2006
|
||
Vie de la cathédrale
Actualités
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable






Homélie du père Emmanuel Gobilliard le 22 août 2010
