Homélie prononcée par Mgr Jean-Benjamin SLEIMAN, Archevêque latin de Bagdad, le 15 Août



copyright : Guillaume Roumestan
copyright : Guillaume Roumestan
 

Frères et sœurs dans le Christ,

            L’Assomption de Marie est le signe d’espérance par excellence.   L’Assomption de la Vierge Marie était déjà inscrite dans son itinéraire de foi.  La première communauté chrétienne l’avait bien compris en parlant de la Dormition ou du sommeil de Marie. Marie meurt et le Christ vient l’élever au ciel.  Marie est élevée corps et âme au ciel par son Fils. 

Marie a été déclarée dans l’Esprit Saint bienheureuse : « Le Seigneur a fait pour moi des merveilles ».  L’action du Seigneur en Marie est couronnée par cette mort qui est une assomption.  Le Christ monte par ses propres forces alors que Marie est élevée par le Christ qui l’amène dans le cœur de la Trinité. 

            Comment cela est-il possible ?  Parce que la Résurrection du Christ est fondement de toute espérance et de toute résurrection.  Si elle ne l’était pas, notre foi serait vaine (St Paul), notre espérance disparaîtrait.  En effet, le Christ, « premier né des morts »[1] , triomphe de tous ses ennemis et surtout de la mort.  Dans le Christ, la mort n’est plus une fatalité, un anéantissement ou une disparition de l’être humain.  Le désir d’éternité inscrit en nous prend son sens par le Christ.

            Marie est privilégiée, elle est la première à bénéficier du plan d’amour du Seigneur.  L’action salvifique du Seigneur a consisté  à racheter l’homme.  Tout ce que le Seigneur fait pour Marie, la ressusciter en son âme et corps, il le fera pour nous et en nous.  Marie est la couronne de l’humanité.  Elle est privilégiée en raison de son Fils mais aussi pour nous.  L’Apocalypse parle du triomphe de Marie sur le mal à travers cette Femme comparée à un temple.  Le temple, par excellence, est la maison du Seigneur. C’est là où l’humanité a rendez-vous avec le Seigneur.  Nous comprenons l’insistance pour reconstruire le temple.  Le Seigneur nous fait comprendre que, dans l’humanité, son vrai temple est le cœur humain. 

Marie s’est donnée exclusivement au Seigneur, elle a fait sa volonté.  C’est une Vierge mère, à la virginité féconde.  Parce qu’elle est Vierge, elle est disposée à être Mère de Dieu.  L’ange rassure Marie en lui faisant comprendre que sa virginité est acceptée par le Seigneur.  Sa maternité se manifeste dans le mystère de sa virginité.  Dans son sein se trouve le Christ qui s’est fait « Pain vivant », qui s’est fait nourriture ; la manne n’en était que la figure. 

Marie est la Femme, la nouvelle Eve.  Marie retrouve cette vocation profonde de la femme.  Du mystère de son Immaculée conception à la croix, Marie vit dans la foi et elle ouvre la voie aux disciples.  Marie au pied de la croix est une femme qui a parcouru un long chemin de foi. Les femmes orientales vivent douloureusement la mort d’un fils, par des cris !  Au pied de la croix, Marie est la femme forte debout, elle est dans la foi, elle a compris le mystère du salut et elle s’y est associée.  Elle n’a pas regardé sa douleur mais elle participe au salut et elle devient Mère des hommes.  Elle est pour nous signe de grande espérance.

Aujourd’hui la vie est menacée, aliénée : menacée dans les hôpitaux, dans les familles...  La femme est sacrée parce qu’elle porte la vie qui doit être protégée.  La femme donne la vie.  Aujourd’hui l’Eglise mène un combat, souvent inégal au niveau de l’information, pour  protéger la famille et la vie. L’Eglise lutte pour des rapports sains entre homme et femme.  Si Marie, qui est montée au ciel est signe d’espérance, c’est parce qu’elle est avec nous dans ce combat contre l’hédonisme, la culture relativiste ou la perte du sacré.

            En fêtant l’Assomption, nous fêtons l’espérance.  Je vis cette Assomption dans sa dimension œcuménique, comme une espérance d’unité entre les chrétiens, entre les Eglises, d’unité fraternelle avec les autres religions.  L’Assomption a été vénérée dès les premiers siècles.  Elle est à l’honneur dans l’Eglise d’Orient.  L’Eglise catholique en a fait un dogme qui peut gêner certains mais le dogme n’enferme pas la foi dans une formule mais met en relief cette foi et insiste sur l’essentiel.  Le dogme est fait pour que le dépôt de la foi soit conservé intact.  Le 1 novembre 1950, ce dogme a été proclamé, dans un siècle qui a tué et humilié le corps mais aussi dans un siècle de grandes découvertes : celui de la Société Des Nations, celui de la volonté d’unir les nations.  Au cœur de ce siècle, ce message d’espérance proclame qu’il y aura toujours des foyers spirituels qui protègeront la vie et feront tout pour la conserver et la transmettre. 

            En conclusion, à Marie, patronne principale de la France, en son mystère de l’Assomption, je renouvelle ma prière pour votre pays :  pour la vie, pour la foi, pour l’homme, pour tout homme appelé à la Sainteté.  L’Assomption nous montre que la sainteté est à notre portée.  La sainteté est le couronnement de l’homme, comme l’Assomption a été le couronnement de la vie de Marie.



[1] Apocalypse 1, 5


Maryline Reymond
Lu 1021 fois



Autres documents :
1 2 3 4 5 » ... 10

Actualités | Horaires messes et offices | Année de la foi | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter