Homélie prononcée par Monseigneur Brincard, 5ème dimanche ordinaire, le 6 février



Les disciples se sont rassemblés autour de Jésus sur la montagne. Cette parole doit nous éclairer sur le mystère de la messe car, disciples du Christ, nous voulons l’être, nous nous sommes rassemblés autour de lui. Y’a-t-il une plus belle définition de la Sainte messe ?

Et nous sommes sur la montagne, c'est-à-dire dans un lieu qui invite à l’adoration et ce lieu c’est notre Cathédrale, ce sont nos autres églises et qu’est ce que Jésus nous dit aujourd’hui alors que nous sommes rassemblés autour de lui : « Vous êtes le sel de la terre ».

Nous savons que parmi les propriétés du sel, il y a celle de conserver, de donner du goût ; nous savons aussi que le sel, dans un aliment que l’on consomme, est en très petite quantité ; Cette image du sel est parlante.

Elle nous parle de quoi, Jésus veut nous dire quoi, comment l’annoncer ? Comment le faire connaitre ? Comment être l’instrument d’une grâce inouïe, celle de susciter le désir de le suivre ? Cette question est très actuelle, elle doit interroger chacun d’entre nous, dans nos familles, dans nos communautés et aussi au cours de notre vie quotidienne et notamment dans notre vie professionnelle.

Conserver, cela signifie pour nous au niveau du message que Jésus nous confie, être fidèle, ne pas accommoder le message au goût du jour, ne pas chercher à séduire comme Saint Paul qui le rappelle dans la deuxième lecture ; conserver fidèlement le message n’est pas commode et si nous le trouvons facile à annoncer c’est que sans doute nous n’avons pas lu l’Evangile et donc l’annoncer tel que nous l’avons reçu c’est être le sel de la terre. Tout à l’heure nous proclamerons la foi de l’Eglise, cela s’appelle le credo, nous pourrions nous interroger sur ce résumé de la foi et nous poser la question : parmi ces vérités que je proclame y en a-t-il que je connais si peux que je ne sais même pas ce qu’elles signifient et puis, par rapport à d’autres est ce que, ce que je comprends, j’ose le dire même si ce que je dis met en cause en premier lieu celui qui le dit.

J’ai toujours dit que prêcher est un moment merveilleux pour le prédicateur parce qu’il se sent très concerné par ce qu’il dit car ce qu’il dit c’est ce que Jésus veut dire à travers lui.

Donner du goût au message qu’on annonce c’est manifester que ce message concerne la relation que Dieu a voulu établir avec les hommes, une relation que l’on appelle une alliance, c'est-à-dire une communion dans l’amour et l’amour c’est se donner soi même ; c’est ce que Jésus a fait d’une manière unique et admirable, lui qui est le signe efficace de l’alliance que Dieu a voulu entre lui et les hommes ;

Attirer vers le Christ, par ce que nous annonçons, cela signifie d’abord l’aimer nous même et ne pas garder une distance par rapport au message, donner du goût c’est aussi montrer combien Jésus est aimable c'est-à-dire digne d’être aimé. Ce n’est pas toujours si facile.

Prenons deux exemples. Saint François de Sales et Saint Jean Bosco.

Saint François de Sales, 17ème siècle ; il fut évêque et ensuite Saint Jean Bosco au 19ème siècle, il a été un grand éducateur des jeunes.

Saint François de Sales disait qu’on n’attirait pas les mouches avec du vinaigre mais avec du miel et Saint Jean Bosco disait : « Soyez doux à l’égard des enfants qui vous sont confiés » et la douceur c’est la force de l’amour. Ne les reprenez jamais dans un moment de colère. Il faut les éclairer, être exigeant mais mettre dans le cœur un grand amour.

Jésus finalement nous fait comprendre, à travers l’usage du sel dans les aliments qu’on consomme, qu’il ne faut pas s’attendre à être le plus grand nombre.

Nous avons eu de la difficulté à le comprendre pendant des siècles, c’était ce qu’on appelle la chrétienté,qui a eu sa grandeur -ce n’est pas respecter le passé que de se moquer de lui- mais voilà, nous ne sommes plus en chrétienté et la parole de Jésus reprend une actualité extraordinaire, celle qui dit, vous êtes le petit nombre mais l’important c’est que vous ne vous affadissiez pas.

Cher amis, voilà un bel enseignement sur comment annoncer Jésus.

Jésus va ajouter, pour que nous l’annoncions fidèlement, qu’il est la lumière du monde et que nous devons être le reflet de cette lumière par notre manière de vivre, c’est cela prier.

Nous pouvons être un chrétien sans prier Dieu au point que l’on se demande : « Mais pourquoi va-t-il à la messe, pourquoi se rassemble t-il autour de Jésus ? ».

Prier ce n’est pas seulement tenir de beaux discours, prier c’est manifester à travers notre vie l’amour de Jésus pour les hommes et Saint Paul souligne que pour briller, il faut être humble et il précise ce que signifie être humble : venir avec sa faiblesse qu’il ne faut pas cacher mais offrir à Jésus. Etre craintif et tout tremblant, c'est-à-dire prendre appui non pas sur nos dons mais sur la puissance de Dieu qui nous est communiquée dans le Saint Esprit.

Tous les prédicateurs savent que dans leur prédication préparée avec soin, la parole qui va toucher, ce n’est pas nécessairement la parole prévue, elle peut même paraître à celui qui la prononce très banale mais voilà, elle atteindra un cœur avec la puissance de l’Esprit Saint si le prédicateur est pauvre. Quand j’écoute un discours même très bien fait, et qu’on me dit que lui a été extraordinaire, je me pose toujours la question : « As-t-il parlé de Jésus Christ ou a-t-il beaucoup parlé de lui ? ».

Cela peut arriver à tout le monde. Par exemple, il faut arriver, quand on prêche, craintif et tremblant et en essayant de prendre appui sur sa parole, celui que nous aimons, celui qui nous donne le courage de prêcher.

Je conclus par le dernier enseignement de Jésus dans l’Evangile : être le sel, la lumière du monde. On éclaire vraiment ceux auprès desquels nous devons être des témoins, par le bien que nous faisons et un bien qu’il faut faire de bon cœur et en comblant les désirs des malheureux, c’est la parole de Dieu que je vous redis sans la commenter mais qui nous donne pour cette semaine deux grandes orientations pratiques : donnez de bon cœur, comblez les désirs des malheureux et c’est ainsi que nous faisons le bien qui rend gloire à Dieu.

Que la Vierge Marie qui est l’exemple même de ce qu’il faut faire pour annoncer le Christ nous aime et nous aide particulièrement pendant cette semaine. Amen

Monseigneur Henri Brincard

Homélie prononcée par Monseigneur Brincard, 5ème dimanche ordinaire, le 6 février

Maryline Reymond
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