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Homélie prononcée par Monseigneur Brincard, le 02 janvier, éphiphanie du Seigneur, année A
Chers Amis, en ce grand jour de fête, je vous invite à participer à cette homélie en répondant avec la parole d’un psaume : « Eternel est son amour » pour vivre cette fête d’une manière forte.
- Rendez grâce au Seigneur, Il est bon : « éternel est son amour » - Oui, que le dise l’Eglise : « éternel est son amour » - Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : « éternel est son amour » et le même psaume ajoute : « Mieux vaut s’appuyer sur Jésus que sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants ». En regardant les mystères de la crèche qui est représentée devant cet autel, nous redirons cela dans notre cœur, nous entrerons ainsi pleinement dans le mystère de l’épiphanie, un mot grec qui veut dire « manifestation ». En effet, l’épiphanie nous rappelle la grande manifestation de Jésus à toutes les nations. C’est un jour de joie et d’allégresse pour nous parce que c’est le jour où nous proclamons que le salut pour toutes les nations est donné par le Christ. Et nous sommes bien évidemment concernés. C’est pourquoi dans la liturgie de l’Orient, l’épiphanie a une place presque égale à celle de Noël. Nous chantons donc le Christ, le roi qui est né de la Vierge Marie, nous louons la bonté du Seigneur et nous célébrons la douceur de son Nom. C’est pourquoi nous pouvons dire en ce jour avec toute l’Eglise : « Gloire à Toi, Jésus, qui est né de la Vierge, avec le Père et l’Esprit Saint, gloire à toi pendant les siècles des siècles ». Remarquez chers amis que le Sauveur apparaît sous les traits d’un tout petit enfant. Et nous devons méditer longuement l’évangile de Matthieu qui nous est donné aujourd’hui. Je crains toujours les légendes, qui sont certes une interprétation des faits qui se sont produits dans l’évangile. Car cela reste une interprétation. Par exemple, qui nous dit que ces trois personnages mystérieux venus d’Orient, dont nous parle l’évangile, sont des rois ? Simplement dès le deuxième siècle, on voit en eux des rois qui accomplissent la prophétie d’Isaïe que nous avons entendue en première lecture. Alors faisons attention de méditer le mystère de l’épiphanie à partir de la Parole de Dieu qui est un mystère insondable et donc que nous n’avons jamais fini de découvrir même si nous l’entendons souvent. Ces mages - le mot grec Maggoi est assez difficile à interpréter, mais on peut penser qu’il s’agit de mages – il n’est pas dit qu’ils sont trois : on dit simplement : « des mages ». Il ne nous est pas dit précisément d’où ils viennent : l’Orient. Les historiens et les exégètes se sont penchés sur la question pour savoir d’où ils venaient exactement, mais est-ce là le plus important ? Il faut simplement savoir qu’il s’agit d’un récit, c’est-à-dire d’un fait. Et c’est l’Eglise finalement qui en donne l’interprétation dans la lumière de la foi, de cette étoile qu’elle a dans le cœur. Ils arrivent à Jérusalem. Ils posent une question. En effet, ces sages scrutent le ciel, ce qui n’a rien d’étonnant : c’est une grande tradition en Orient. Les signes dans le ciel attirent toujours leur attention. Ce ne sont pas simplement des prodiges astronomiques, ce sont des symboles pour eux : c’est Dieu qui parle à travers sa Création. Leur question : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître » n’a rien d’étonnant, car il y avait une grande attente d’un Messie, c’est-à-dire d’un Sauveur. L’humanité a cherché pendant des siècles un Sauveur. Aujourd’hui encore, quand on n’a pas trouvé le Christ, on continue à le chercher. C’est l’attente de l’homme, et une attente justifiée. Malheureusement, quand on n’a pas connu le Christ, on va le mettre dans de faux dieux, comme le disent les Psaumes. « Nous avons vu se lever son étoile, nous sommes venus nous prosterner devant Lui ». La prosternation en orient signifie la reconnaissance d’une grandeur unique. Il n’est pas dit qu’ils avaient découvert en Jésus Dieu lui-même venu visiter les hommes. Mais ils en savaient assez pour vouloir découvrir Jésus. Il en est de même aujourd’hui : nous en savons assez pour découvrir toujours mieux qui est Jésus. Nous savons qui Il est par la foi, mais nous n’avons jamais fini de le découvrir. Il y a autour de nous des hommes et des femmes qui ressemblent à ces mages, qui ne savent pas où Dieu se cache, mais qui le recherchent, peut-être plus que nous qui l’avons déjà trouvé. Nous sommes des habitués, comme disait Péguy. Et méfions-nous de certaines habitudes. Le roi Hérode est connu par l’histoire. Il est précisé qu’il était Hérode le Grand, pour le distinguer d’un autre Hérode qui était de sa famille et qui va lui succéder. Cela nous montre que l’histoire est un récit. Il est pris d’une inquiétude très étonnante. C’était un tyran sanguinaire qui craignait toujours pour son pouvoir, cela, nous le savons par l’histoire. Il convoque tous ses acquittés, tous ceux qui lui ont prêté serment, qui lui sont redevables par serment ou par lâcheté, que sais-je encore. Cela arrive encore aujourd’hui. Ces chefs des prêtres et ces scribes qui auraient dû guider Israël selon la lumière des prophètes, sont finalement du parti d’Hérode et vont se servir de leur science pour rassurer le tyran. « A Bethléem en Judée » : voilà ce qui est écrit par le prophète. Je ne commenterai pas ces paroles, bien que si je les commentais, nous pourrions mieux découvrir que le Nouveau Testament est l’accomplissement de l’Ancien ; la seconde Alliance accompli la première, c’est-à-dire à la fois donne le sens profond des prophéties entendues et montre en Jésus l’accomplissement de la prophétie quand elle est bien comprise. Hérode ensuite va ruser : il ne va pas envoyer ses soldats à Bethléem. Ce serait sans doute se couvrir de ridicule. Il va demander les informations dont il a besoin pour accomplir ses noirs desseins. Quel parallèle on pourrait faire aujourd’hui à partir de notre propre conduite ! L’étoile est apparue. Ne perdez pas votre temps à vous interroger sur cette étoile : il y a des pages et des pages, des livres et des livres, et on n’en sait pas plus. C’est un signe dans le ciel. L’étoile s’arrête au-dessus de la maison où se trouve l’Enfant. Cela veut dire que toute la création est au service du Christ, et Dieu s’en sert pour nous révéler son Fils et le don qu’Il nous en fait. On comprend leur joie. Ils entrent dans la maison, et qui voient-ils ? Ils voient saint Joseph, Marie et l’Enfant. Pour que vous ne passiez pas toute la journée dans l’angoisse d’une foi qui cherche, je vais vous donner la petite lumière qui en fera naître une plus grande : C’est pour manifester la naissance virginale du Christ. La virginité de Marie est un signe plus grand dans la foi que l’étoile au-dessus de la crèche. Ils ouvrent leurs coffrets pour offrir ce qu’ils ont de plus précieux, l’or, l’encens et la myrrhe qui sont deux parfums différents mais très précieux et de grand prix. Ensuite ils retournent par un autre chemin. Je voudrais maintenant conclure : quelle lumière nous donne tout cela ? Beaucoup de lumières. Vous en trouverez avec l’aide du Saint Esprit et vous m’en ferez profiter. Je suis toujours très heureux d’écouter ceux qui ont écouté l’évangile. Mais la tradition de l’Eglise nous dit que ces rois mages, c’est l’humanité qui est à la recherche du Sauveur. Ensuite, je voudrais aller tout de suite à l’essentiel. Hérode symbolise la haine du Christ. Tous ceux qui ont fait du pouvoir une idole haïssent le Christ qui les dérange, ce que dira si bien Dostoïevski dans Le Grand Inquisiteur. Nous pouvons nous y reconnaître un tout petit peu… Et si l’un d’entre nous n’est jamais dérangé par le Christ, je prie pour lui et je lui demande de quitter cette cathédrale. L’étoile qui brille comme un feu désigne le Roi des rois. Cette étoile symbolise l’astre d’en-haut venu nous visiter pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas vers un chemin de paix. Vous reconnaissez ici la prière de Zacharie dans Saint Luc. Jésus est la lumière du monde et le salut de tous les peuples. Et les présents, comme ceux des rois mages, sont des présents qui manifestent l’adoration. Et quels sont les présents que l’Eglise offre aujourd’hui ? Et bien les voici, sur l’autel, dans quelques instants. L’or symbolise le Christ, ce qu’il y a de plus précieux : avons-nous quelque chose de plus précieux que Jésus ? L’encens symbolise la prière de Jésus, dans laquelle nous nous plongeons. Et enfin la myrrhe symbolise la gloire de Jésus, la grandeur. La myrrhe est un parfum extrêmement précieux, qui sent très bon et qui attire, et qui était utilisé, remarquez-le en passant, entre autre, mais pas seulement, pour embaumer les cadavres. Jésus attire vers Lui. Sa grandeur, le Verbe fait chair. Le salut qu’Il nous apporte, sa Croix. Et bien à chaque eucharistie, nous offrons au Père notre or, notre encens et notre myrrhe. Voilà, dans l’Eucharistie, l’actualisation du mystère de l’épiphanie. Chers amis, que ce grand mystère nous remplisse de joie, afin que nous puissions, comme les mages, repartir de cette église par un autre chemin, c’est-à-dire avec un cœur changé. On devrait pouvoir nous dire : oh, que tu es gentil, que tu es beau, comme tu attires vers le Christ. C’est normal, comme le parfum, nous pouvons attirer vers le Christ quand notre cœur est changé par Lui. Je voudrais ajouter simplement que nous pouvons prier pour nos petits chanteurs qui sont à Rome. Le Saint Père leur a adressé de très belles paroles. Nous prions aussi avec espérance et une grande tristesse dans le cœur, pour nos frères persécutés. Le Saint Père a fait porter son message da paix sur la liberté religieuse. Je vous invite à lire les très belles paroles qu’il a prononcées sur le sens de l’expression « liberté religieuse ». La liberté vers laquelle sont orientées nos autres libertés. Le Pape a été bouleversé par le massacre des Coptes en Egypte. Et il appelle tout le monde à la prière, à utiliser les armes de l’évangile pour répondre à la violence et la faire disparaître, mais aussi à apporter notre soutien concret à nos frères d’Orient. Amen Mgr Henri Brincard Maryline Reymond
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2ème DIMANCHE DE PÂQUES HOMELIE prononcée par PERE FLORENT DE RUGY

