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Homélie prononcée par Monseigneur Brincard le 27 juinLe Cardinal Philippe Barbarin, avec lequel j’ai conversé hier soir, m’a dit qu’il avait eu une grande joie à Lyon. Il a ordonné neuf prêtres, qui exerceront leur ministère soit dans leur communauté religieuse, soit au service du diocèse et, comme souvent, il avait eu l’excellente idée de proposer que l’on dise merci aux prêtres qui nous ont aidés. Et il avait demandé que chaque paroisse choisisse une liste de prêtres et que leur nom soit mentionné sur la façade de leur église paroissiale. Il a fait la même chose pour la primatiale St Jean à lyon. Il m’a confié combien c’était émouvant de voir tout ce peuple chrétien aimant ses prêtres et voulant collaborer avec eux. Je lui ai dis : « Philippe comme d’habitude, tu as de très bonnes idées, je retiens ton idée ». Première intention de prière. Rendre grâce et puis prier, que les jeunes qui sont appelés entendent l’appel et sacrifient les bœufs comme Elisé l’a fait alors qu’il travaillait. Il a été appelé par Dieu, c’est le sens de la première lecture et il lui a fallu sacrifier ses bœufs, c'est-à-dire renoncer à son travail, renoncer à des choses tout à fait légitimes parce ce qu’il faut préférer le Christ à tout. Deuxième intention de prière : ce qui va se passer ici le 14 août. Je me rends compte que le diocèse a besoin de savoir davantage que le 14 août, dix huit évêques vont venir. Dix huit, c’est tout de même un chiffre exceptionnel. Avec, à leur tête, si on peut le dire, le cardinal archevêque de Paris, président de la conférence épiscopale. Vous pensez bien qu’un tel rassemblement n’est pas dû simplement au désir de commémorer les 150 ans de la construction d’une statue qui en son temps a été un prodige technique : la construction de la statue de Notre Dame de France qui domine tout la ville. Non, ils se rassemblent à cause de l’importance d’un message que cette statue continue à nous délivrer. Un message très actuel. Je ne peux pas bien sûr développer ce thème mais il le sera certainement ici même au cours des dimanches qui vont précéder ce grand évènement. Le message, c’est celui de l’unité. Car si on prie la Vierge Marie pour la France, ce n’est pas pour que la France ait des frontières intangibles ou plus grandes, ce n’est pas pour une prospérité économique si importante soit elle mais qui dépend de nos efforts. Ce n’est pas pour des raisons qui sont justes mais qui doivent être secondes, c’est d’abord pour l’unité. L’unité de la nation et là nous comprenons l’actualité de cette prière. Mais il faut aussi prier pour l’unité des familles, l’unité des communautés paroissiales et l’unité de l’Eglise. Nous savons que l’unité est très attaquée aujourd’hui parce qu’elle est le fruit de l’amour et d’un amour qui vient du Christ. Donc voilà la deuxième intention vous aurez les moyens de vous informer par des tracts qui seront à votre disposition. Ne les laissez pas sur les présentoirs, lisez les et faites connaître l’évènement qui doit être un évènement pastoral pour le diocèse et pour tous ceux qui viendront. Qu’ils repartent avec plus de joie dans le cœur et se rassemblement sera réussi. Quelques mots seulement sur la parole de Dieu que nous venons d’entendre et que l’homélie doit servir. Je voudrais commencer par une phrase célèbre de Bernanos. Bernanos est un écrivain que j’aime beaucoup, que je lis parfois, pas assez souvent parce que le temps me manque mais quand je le lis il me revigore. Je ne sais pas si aujourd’hui on a des plumes aussi étincelantes au service d’une pensée aussi percutante. A vous d’en juger. Il disait un jour dans un écrit célèbre : « l’Eglise n’a pas besoin de réformateur mais de Saints ». Le réformateur, c’est celui qui dit tout ce que les autres doivent changer dans leur vie, en oubliant que ce qu’il dit s’applique d’abord à lui. Et les saints, sont ceux qui changent leur cœur et en le changeant deviennent des fils de lumière. C’est-à-dire transmettent une lumière qui éclaire en brûlant. Et bien, c’est le sens de la liturgie d’aujourd’hui. Devenez des fils de lumière rayonnant de la vie du Christ. Pour être un fils de lumière il y a quelques conditions que la Parole de Dieu nous rappelle. La première, c’est de nous souvenir que nous transmettons une lumière qui ne vient pas de nous. Bien qu’elle soit pour nous et pour tous ceux qui nous rencontrent. C’est cela être prophète, c’est le sens de la première lecture de ce jour. Etre prophète ce n’est pas annoncer l’avenir d’abord mais c’est surtout transmettre une lumière qui éclaire en brûlant parce qu’elle brûle notre cœur. Voilà la première condition. Cela veut dire, du courage. Il n’est pas facile de proposer une lumière qui nous met en cause et d’accepter d’être mis en cause parce que nous l’annonçons. C’est cela la véritable humilité. Il faut avoir cette humilité, il faut avoir ce courage. Oui, la Parole que j’annonce est plus que moi. Je peux vous faire un beau sermon et tout de suite après ne pas le mettre en pratique. Et si quelqu’un le souligne, ne pas lui dire petit insolent, tais toi, mais plutôt, merci beaucoup ! Facile à dire, plus difficile à vivre. Pour transmettre cette lumière, il ne faut rien préférer au Christ. C’est lui qui est la lumière de la vie, lui dont nous voulons transmettre la lumière. Ne rien préférer au Christ. Cela peut vouloir dire, comme Elisé a dû le faire quand il est devenu prophète, immoler nos bœufs. C’est ce que j’ai retenu de la première lecture, il faut immoler ses bœufs. Alors, qu’est-ce que cela veut dire concrètement immoler ses bœufs ? A vous de me répondre. Mais je remarque que, quand Elisé est appelé à devenir prophète, il était en train de travailler. C’était une bonne préparation, il était en train d’accomplir son devoir d’état. Je me méfie de ceux qui me disent qu’ils sont appelés par le Christ et qui n’accomplissent pas leur devoir d’état. C’est-à-dire ce qu’ils ont à faire. Et donc il accompli son devoir d’état et je ne vais pas pousser plus loin le commentaire sauf pour dire que, il lui a fallut immoler ses boeufs, c’est-à-dire revenir sur le lieu de son travail après la peine et subordonner son travail à l’appel de Dieu. Donc ne pas faire du travail un dieu. Dieu seul sait que ce n’est pas facile aujourd’hui. Mais il y a d’autres bœufs : l’amour propre. Nous nous servons de Dieu plutôt que de le servir. Cela c’est un bœuf énorme qu’il faut faire cuire rapidement. Deuxième condition pour être fils de lumière : suivre Jésus, c'est-à-dire d’abord le regarder, c’est l’évangile de ce jour. Et le regarder tel qu’il se donne à nous. Je vous signale que, dans l’évangile d’aujourd’hui, nous voyons Jésus aller à Jérusalem. Or Jérusalem se sera le lieu de son offrande, l’offrande qui sauve le monde. Donc il faut regarder Jésus dans la lumière de sa passion, je ne suis pas sûr que nous le fassions assez, en nous trouvant comme excuse qu’il est maintenant le Ressuscité. Oui mais pour comprendre la Résurrection il faut contempler la Passion. Et il n’y a pas de Passion sans Résurrection et il n’y a pas de Résurrection non plus sans Passion. Cela est vrai aussi de nos vies. Suivre Jésus c’est non seulement le regarder tel qu’il se donne à nous, mais c’est aussi répondre à ses appels sans tarder. Je viens d’en parler je n’y insisterai pas. Pour nous, les bœufs, dont je parlais tout à l’heure, c’est peut être laisser certaines affections qui sont fortes et légitimes. Dans l’évangile, il est parlé de l’affection pour son père. S’il y a une affection légitime c’est celle là et pourtant, non seulement il faut la purifier mais il faut savoir l’offrir. Une affection légitime doit être offerte et pas seulement purifiée. Il faut aussi le faire tout de suite sans tarder. Si le train siffle trois fois, il ne passe pas deux fois ! Il y a des grâces perdues, parce que l’on a attendu, on a remis à plus tard. Chers jeunes attention, mais à chacun aussi je dis attention. Enfin, pour être fils de lumière, je l’ai dit, il faut être prophète, suivre Jésus et enfin faire un bon usage de notre liberté. En nous souvenant que la liberté est d’abord un don de Dieu. Ce n’est pas assez dit, dans les grands discours officiels que nous entendons. On met la liberté comme première valeur en oubliant de dire qu’elle est un cadeau et on voit le résultat. Donc bien se servir de sa liberté, c’est se souvenir qu’elle est un cadeau de Dieu. Bien se servir de sa liberté s’est se souvenir qu’elle a besoin d’être sauvé. Si nous croyons que par nous même nous pouvons faire toujours un bon usage de la liberté. Je réponds, alors, je suppose si vous le croyez que c’est votre cas. Vous faites toujours un bon usage de la liberté. Et bien le chrétien dit non, c’est un don de Dieu et ce don, nous l’avons abîmé et donc la liberté a besoin d’être sauvée comme tout nous même. Faire un bon usage de la liberté c’est aussi se souvenir de la finalité. Je vous fais remarquer que dans l’évangile de ce jour Jésus nous donne la finalité de la liberté. La liberté c’est un pouvoir pour faire des choix, qui doit être éclairé par l’amour du prochain. L’aimer avec l’amour du Christ pour lui. C’est exigeant et cela nous permet à nous de réfléchir sur la question : « est-ce-que nous nous aimons vraiment nous même ? Est-ce-que nous voulons pour nous, ce que le Christ veut pour nous ? » Moi je répondrais, en ce qui me concerne que ce n’est pas certain, donc j’ai besoin de progresser. Je pense que je ne serai pas seul sur cette route. Je conclue. Pour être fils de lumière nous avons besoin de l’Esprit Saint. C'est-à-dire vivre sous sa conduite. Et Saint Paul nous prévient que ce ne sera pas sans de grandes luttes. On ne va pas au ciel, c’est-à-dire à la plénitude de l’amour sur un édredon. Je veux bien être chrétien pourvu que ça ne me dérange jamais. Et bien ça c’est être chrétien d’une manière superficielle et dans le monde actuel, on ne le sera pas longtemps. Voilà, l’avantage de vivre dans notre temps c’est que notre temps nous oblige à être vrais. C'est-à-dire de vrais fils de lumière : prophète suivant Jésus, faisant un bon usage de notre liberté sous la conduite de l’Esprit Saint. Quel programme ! Puisse t-il entrer dans notre vie dès maintenant, puissions nous commencer à le réaliser tout de suite après la messe et pendant la semaine qui vient. Jésus nous a donné le programme, Marie nous aidera à l’appliquer. Amen Mgr Henri BRINCARD Maryline Reymond
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Homélie prononcée le dimanche 5 septembre par Mgr Henri Brincard
