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Homélie prononcée par Père Emmanuel GOBILLIARD le dimanche 17 janvierNous fêtons aujourd'hui la fête de l'Epiphanie...non, je n'ai pas trop bu de vin de Cana, rassurez-vous! Nous fêtons la fête de la troisième épiphanie : la troisième épiphanie dans la tradition orientale, c'est l'épiphanie des Noces de Cana, après les Mages et le baptême du Seigneur, c'est les Noces de Cana. Les trois Épiphanies que fêtent les Orientaux et que nous rappellent aussi les Pères de l'Église, ce sont ces trois évangiles dont nous venons de proclamer le troisième. Et je voudrais reprendre cette tradition des trois épiphanies pour essayer d'en comprendre avec vous le sens profond. On voit bien d'ailleurs dans cet évangile qu'il s'agit d'une épiphanie, à la fin: « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit, c'était à Cana en Galilée, Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui. » L'épiphanie, c'est la manifestation du Seigneur, la manifestation de sa gloire et de sa puissance. Nous allons voir comment en trois étapes comment le Seigneur se manifeste à nous et comment nous, nous pouvons aussi recevoir cette belle manifestation du Seigneur dans nos vies. Trois étapes, donc. La première étape, je l'appellerais l'étape du dépouillement. Ce sont les Rois Mages. Alors, vous allez me dire: « Les rois Mages n'ont rien de dépouillé. » C'est dans l'image qu'on s'en fait. Ils ont de beaux habits ornés, ils arrivent avec l'or, l'encens et la mire, mais justement cette offrande des trois Mages, devant le Seigneur, c'est l'offrande du dépouillement. Dépouillement de ce qui m'encombre, de ce qui encombre l'humanité, de ce qui empêche l'humanité de recevoir son Sauveur. L'or, l'encens et la mire représentent l'humanité qui vient reconnaître en Jésus son Roi, l'or, et qui renonce ainsi à tout pouvoir, à toute exaltation du pouvoir, du pouvoir pour soi-même, du pouvoir politique, qui ne reconnaît d'autre dieu que son Dieu, d'autre roi que son Roi, le Christ et Seigneur. Et donc pour recevoir cette royauté de Jésus, je dois me dépouiller de ce désir insatiable du pouvoir qui écrase, pour tout remettre au Seigneur. Je renonce à mon propre pouvoir pour recevoir celui de Dieu, et Sa Royauté. Deuxième dépouillement, c'est le dépouillement de l'encens. En offrant l'encens au Seigneur, je renonce à ce qu'on m'encense moi-même, premièrement. J'essaye de me convertir dans le domaine de l'orgueil et de la vanité, j'essaye aussi de chasser de moi, de ma pensée, tous les faux dieux, je reconnais dans le Christ celui que j'encense, celui qui est mon Seigneur, mon Sauveur et mon Dieu, et donc je n'en reconnais aucun autre. Le dieu de l'argent, le dieu du confort, le dieu de toutes mes petites satisfactions qui me replient sur moi-même et m'empêchent d'être tourné vers les autres et vers l'Autre. Le troisième dépouillement, c'est le plus radical, la mire, c'est l'offrande de ma vie, je me dépouille jusque de ma vie elle-même, j'offre au Seigneur tout ce que je suis, j'offre ma vie, ma mort, et mon éternité, j'offre ma souffrance aussi. Dépouillement terrible et difficile, j'offre tout ce que je suis, lorsque je suis pauvre et sans aucun pouvoir, et sans aucun argent, j'ai encore quelque chose à lui offrir, ce que je suis, ma vie, ma mort. C'est le mystère pascal qui est représenté dans ce troisième dépouillement. Le dépouillement dont parlait le p. Viala à l'homélie de la messe des peuples à Saint Laurent, quand il parlait du quatrième roi mage, il disait que les Rois-Mages avaient quelque chose à offrir et finalement, le quatrième, c'est celui qui n'a plus rien à offrir, qui n'a plus rien, le voilà! Je pense que ce quatrième roi-mage, ce sont les Bergers; ils n'ont rien, ils ont perdu même leur dignité, ils sont rejetés du Temple, ils n'ont pas d'or, pas d'argent, pas de pouvoir, ils n'ont plus rien. Les bergers sont le mage que nous devons être, ce quatrième mage que nous devons être : ne plus rien avoir, parce que nous sommes alors dans l'attente de ce que le Seigneur va nous donner. Nous avons chassé de notre coeur tout ce qui est orgueil, concupiscence, désir de la richesse, désir du pouvoir, désir de préserver sa propre vie, nous allons donc tout recevoir de Dieu. Première manifestation, manifestation du dépouillement. La deuxième manifestation, une fois que j'ai été dépouillé, de tout ce que j'ai, de ce que je crois être le plus précieux, alors, je peux recevoir ; cette deuxième manifestation, c'est le baptême. Jean-baptiste dit que plus il s'abaisse, plus le Seigneur grandit. Je me suis abaissé dans la première manifestation du Seigneur, maintenant, je reçois, je reçois sa vie, la vie de Dieu. Il me reçoit aussi comme son enfant. Je suis baptisé. C'est très intéressant de voir quels sont les vecteurs de ces manifestations du Seigneur. Vous avez remarqué que le premier, avec les Mages, c'est l'étoile, la création. Le deuxième vecteur, c'est Jean-Baptiste, c'est la Parole, celui qui crie dans le désert ; et nous verrons que le troisième vecteur, le troisième instrument de cette manifestation du Christ à Cana, c'est Marie. C'est l'Église. Comme la démarche spirituelle que nous faisons à la cathédrale. J'ai découvert cela en priant ce matin. C'est exactement cet ordre. On commence par contempler la création, le bassin du Puy avec son volcanisme extraordinaire, nous contemplons le mystère de la création de Dieu. Puis nous entrons dans le premier porche, le porche de la Parole, pour entrer ensuite dans le deuxième porche, le porche de l'Église; cette succession des manifestations de Dieu se fait par des instruments, premier instrument la création, deuxième instrument la Parole, la révélation, troisième instrument, l'Église. C'est un bel enseignement pour l'évangélisation de notre société, ne pas vouloir commencer par lui asséner le troisième si elle n'a pas encore reçu le premier vecteur: se reconnaître créé, par Dieu, reconnaître en Dieu mon Créateur, celui qui pense à moi parce qu'Il me crée à chaque instant. Puis reconnaître ensuite dans le Seigneur celui qui me parle. C'est la Parole de Dieu, je médite sa parole, jour après jour, dimanche après dimanche, et je lis la Bible, je l'écoute dans la prière; reconnaître enfin dans l'Église les instruments pauvres que le Seigneur a choisis pour nous offrir les sacrements, c'est-à-dire Lui-même. C'est une très belle méditation, cette méditation des trois manifestations du Seigneur, et de la façon dont je peux les recevoir dans ma vie et de la façon dont je peux structurer ma vie autour de ces trois manifestations, ma vie spirituelle, ma vie de prière; cela pourrait être le programme de l'oraison, lorsque je fais oraison, je commence par un acte d'adoration, je reconnais en Dieu celui qui me crée, celui qui me soutient dans l'existence, et souvent j'utilise un texte de la parole de Dieu, quelques phrases pour entrer dans le dialogue, et finalement je me laisse aimer par Lui. Parce que dans cette troisième manifestation, vous avez vu que la dimension de l'amour est très importante; c'est la rencontre aussi de l'époux et de l'épouse, cette manifestation a lieu à l'occasion des noces; pour arriver jusqu'aux noces éternelles que le Seigneur nous invite à recevoir, nous devons nous dépouiller, écouter Sa Parole, et entrer dans son mystère nuptial. « Il y avait des noces à Cana en Galilée, et la mère de Jésus était là ». La mère de Jésus qui reprend aussi cette belle fonction de Jean-Baptiste, qui est la fonction de celui qui présente l'époux et l'épouse. Souvenez-vous, Jean-Baptiste, dans ce même évangile de st Jean se présente comme l'ami de l'époux qui se réjouit à la voix de l'époux, qui présente l'époux et l'épouse pour une rencontre. Le dépouillement permet la rencontre : je me quitte moi-même, je me dépouille de moi-même pour mieux recevoir l'autre, l'autre qui m'attend, l'autre qui m'aime, et dans le mystère des Noces de Cana, nous voyons que cette rencontre prend une tournure toute nouvelle, une profondeur nouvelle: cette rencontre avec le Christ va s'établir dans le sang, parce que les Noces de Cana, c'est l'anticipation des Noces éternelles, c'est le mystère de l'amour du Christ et de son Église, c'est aussi le mystère pascal qui est préparé, préfiguré. Il crée le vin qui va devenir ici-même dans quelques instants son Sang, nous introduisant ainsi dans une dimension nuptiale que parfois nous avons du mal à accepter, la dimension du sacrifice, le sacrifice pascal du Christ nous introduit à une dimension du sacrifice pour nous-mêmes; le sacrifice, c'est sortir de moi, sortir de mon égoïsme, de mon égocentrisme qui est parfois encore pire que l'égoïsme,( pire non pas moralement mais pire pour s'en sortir, c'est plus difficile car tout tourne autour de nous,) le sacrifice, c'est finalement l'achèvement de l'œuvre de la conversion, parce que ces trois manifestations m'indiquent aussi les étapes d'une conversion : je me dépouille, je rencontre le Christ dans sa Parole, je Lui parle et enfin je me laisse aimer. Et je découvre là, dans ce « laisser-aimer » que c'est le Christ qui fait tout, c'est le Christ qui agit en moi: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire . » « Voici que je me tiens à la porte, dit le Seigneur, et que je frappe. Si tu m'ouvre la porte, je viendrai chez toi et je prendrai mon repas avec toi ». Cette troisième manifestation, c'est la manifestation du repas des noces, l'alliance du Christ et de son Église, les noces éternelles auxquelles le Seigneur nous invite, pas à pas, pour qu'Il se manifeste en nous. Amen Père Emmanuel GOBILLIARD Maryline Reymond
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HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

