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Homélie prononcée par Père Emmanuel Gobilliard le dimanche 25 avril
Je voudrais que nous revenions sur cette merveilleuse comparaison du berger et des brebis.
Nous avons une partie du texte puisque chaque partie du texte est lue en fonction de l’année liturgique. Aujourd’hui nous est proposée la partie correspondant à l’année C Cette comparaison nous est proche d’abord parce qu’ici nous connaissons ce qu’est un berger, nous connaissons le travail des agriculteurs et nous savons que cette comparaison nous touche d’autant plus ces temps-ci que les agriculteurs travaillent souvent seize heures par jour, n’ont pas de vacances, sont disponibles et sont à l’écoute de la nature. En plus de cela, ils se donnent, c'est-à-dire qu’ils travaillent tellement et qu’ils gagnent si peu que j’ai entendu récemment dans les médias qu’ils travaillaient à perte, c’est une belle comparaison pour le Seigneur. J’espère qu’il ne travaille pas à perte et que nous sommes sa joie et son gain mais lui, à la différence des agriculteurs de la Haute Loire, travaille jour et nuit. Il est toujours là et toujours disponible et si nous nous arrêtons sur les verbes employés, nous voyons d’abord qu’il nous connait c'est-à-dire qu’il nous aime, qu’il nous créé : pas une seconde de notre existence où il ne pense à nous où il nous aime où il soit attentif à nos besoins, à ce que nous lui disons. Il est en permanence à nos côtés, il est toujours là, toujours présent, toujours disponible. Le Seigneur nous connait et nous le suivons. Si le Seigneur nous connait et qu’à notre tour nous le connaissons et nous l’aimons alors nous le suivons. « Moi je les connais, et elles me suivent ». Nous avons plusieurs autres verbes qui sont employés dans cette comparaison comme, le Seigneur nous guide, le Seigneur nous rassure, le Seigneur nous entraine vers les verts pâturages où nous serons nourri, le Seigneur prend soin de nous, il nous guérit comme chacune de ses brebis : nous retrouvons ici tous les sacrements. Le Seigneur nous nourrit dans l’Eucharistie, il nous guérit dans le sacrement des malades et de la réconciliation et finalement jamais elles ne périront nous dit l’Evangile d’aujourd’hui. Le Seigneur nous guide là où ne pourrions pas aller : au-delà de la mort. Le Seigneur nous sauve ! Nous avons donc raison de le suivre, d’écouter sa voie parce que si nous ne le suivons pas, nous ne serons pas sauvés.
Si nous nous concentrons maintenant sur les brebis, nous avons cette première phrase : « Mes brebis écoutent ma voix », si nous voulons être les brebis du Seigneur, nous devons écouter sa voix et nous pouvons le faire à tout instant parce qu’il est toujours présent et nous devons le faire à tout instant ; à chaque fois qu’une difficulté surgit, nous pouvons l’interroger, le prier, penser à lui, à la parole de Dieu, nous pouvons le faire au milieu de la nuit, il sera toujours à l’écoute, nous pouvons le faire en marchant dans la rue, en priant de façon spontanée, en confiant telle ou telle personne, nous pouvons le faire quand nous avons une décision importante à prendre pour l’interroger et nous entendrons sa voix même si nous ne l’entendrons pas matériellement. Je vous assure qu’à chaque fois que le Seigneur est interrogé, il y a une réponse qui surgit. Comment cette réponse surgit-elle ? C’est différent à chaque fois ; elle surgit en premier lieu dans la conscience, lorsque nous sommes face à la difficulté, à un choix, une décision à prendre, si nous interrogeons le Seigneur, après nous savons ce que nous devons faire ; à nous de le faire ou de ne pas le faire, cela s’appelle suivre sa voie de sa conscience. Si nous l’écoutons, si nous suivons sa parole, personne ne pourra nous arracher de la main du Seigneur. Il est responsable de nous si nous lui offrons notre disponibilité pour qu’il nous accompagne tous les jours de notre vie.
Dans l’apocalypse, nous avons entendu une belle définition du mystère de l’Eglise : « j’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, langues, peuples ». La diversité et la multitude n’empêchent pas l’attention que le Seigneur a envers nous. C’est le miracle de la Pentecôte. Nous voyons une langue de feu qui se diversifie, qui se sépare en autant de personne qu’il y a d’apôtres : pour chacun il y a une attention spéciale ; le Seigneur nous connait et s’adresse à nous personnellement même si nous sommes une foule innombrable parce qu’il est Dieu, et lorsqu’il nous connait nous savons qui nous sommes, ce que nous pouvons faire, ce vers quoi nous pouvons aller ; il nous connait mieux que nous même, nous pouvons l’interroger pour savoir qui nous sommes et ce vers quoi nous devons aller. Il connait notre condition de créature, notre faiblesse, les qualités, les dons qu’il a mis en nous, et notre vocation ; je vais en parler puisque c’est aujourd’hui le dimanche de prière pour les vocations.
La vocation c’est d’écouter la voix du Seigneur, d’entendre sa parole qui nous dit d’abord qui nous sommes ; la vocation n’est pas un arrachement à nous même et à ce que nous sommes profondément ; le Seigneur nous connait ! Parfois nous avons cette fausse idée qui nous fait penser que ce n’est pas naturel d’être arraché au monde, de ne pas se marier, d’obéir alors que notre nature nous invite à faire ce que nous voulons. Le Seigneur nous connait profondément et il sait ce qui est naturel pour nous puisqu’il nous crée. C’est très important de savoir que le Seigneur nous connait parce que s’il nous connait, nous n’avons plus peur comme ces juifs dans la première lecture : ils accueillent Jésus avec joie et enthousiasme et dès que Jésus semble être en contradiction avec leurs petites idées étriquées, ils veulent l’expulser ; ils le refusent parce qu’ils ont peur que le Seigneur vienne bousculer leurs habitudes, la petitesse de leur petite vie et leur petite vocation qui ne les ouvrira jamais à la vie éternelle et à la résurrection. Le Seigneur ouvre notre cœur à des réalités que nous n’imaginons même pas. Parce qu’il nous connait, nous pouvons lui faire confiance et ne plus avoir peur ; certes il va nous entrainer vers des pâturages que nous ignorons et qui sont encore plus verts que tout ce que nous pouvons imaginer ; il nous entrainera là où nous ne pensions pas pouvoir aller.
L’esprit souffle où il veut : « Toi tu entends sa voie mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va » ; l’amour et la confiance que le Seigneur nous fait ouvre à la surprise ; nous sommes surpris de voir jusqu’où nous pouvons aller, de voir tout ce que nous pouvons donner. Notre cœur est fait pour aimer et nous sommes crées à la ressemblance de Dieu donc nous sommes appelés à être divinisés par le seul Dieu, celui qui nous aime ; il déploie notre ressemblance avec lui dans le mystère de la vocation, il nous appelle à cette vie intime avec lui, à cette vie de communion et d’amour qui nous permettra d’être pleinement nous même. Il nous appelle avec notre caractère, avec nos qualités, avec nos particularités, avec nos différences et cela forme l’Eglise : une foule immense de témoin où chacun peut compter sur l’autre car nous sommes tous différents, où chacun est appelé, aimé, invité à être guéri, nourri, conduit vers les verts pâturages pour vivre et être sauvé. Les juifs dans la première lecture sont renfermés sur leur propre vie et sont incapables de croire que le Seigneur peut s’adresser à chacun. A la question de cette lecture : « Est ce que les païens ont accès au salut ? », les apôtres répondent oui, mais les pharisiens disent non : c’est réservé pour nous, pensent-ils ; ils s’enferment sur eux-mêmes, ils se privent du mystère de l’Eglise parce qu’ils sont incapables de considérer la grandeur de l’amour de Dieu qui s’adresse à chacun d’entre nous. Alors, pour vivre sa vocation, pour la suivre, il faut écouter la voie du Seigneur tranquillement, il faut apprendre à le connaitre ; en apprenant à le connaitre nous apprendrons à nous connaitre nous-mêmes et en apprenant à nous connaitre nous-mêmes, nous apprendrons petit à petit où le Seigneur veut nous conduire. S’il y a une crise des vocations, c’est d’abord parce qu’il y a une crise de la foi. Il n’y a jamais eu autant de vocations en France, le saviez-vous ? Parce que les vocations, elles se calculent en fonction du nombre de pratiquants, évidemment ! Je ne peux pas avoir la vocation si je ne connais pas le Seigneur, si je ne l’écoute pas, si je ne le prie pas tous les jours, si je ne vais pas à la messe pour être nourri par lui, si je ne suis pas guéri par lui. La vocation, elle implique tout cela. Si je ne suis pas proche du Seigneur, je ne peux pas entendre sa voix et je ne peux pas répondre à ma vocation.
Combien en France suivent le Seigneur, écoutent sa voie, sont nourrit par son eucharistie, sont guéris par son pardon, parmi les jeunes, cela représente 2-3% ; Nous avons encore une centaine de séminaristes qui entrent tous les ans au séminaire en France, plusieurs centaines de jeunes femmes ou jeunes hommes qui entrent dans les communautés religieuses malgré ce tout petit pourcentage de pratiquants, c’est donc qu’il n’y a jamais eu autant de vocations en France qu’aujourd’hui.
Le Seigneur continue d’appeler, le Seigneur est fidèle, le Seigneur ne nous abandonne pas, il nous donne les vocations dont nous avons besoin en fonction de notre foi, en fonction de notre désir de lui, en fonction de notre désir de le suivre et de l’aimer. Si je ne l’aime pas, si je ne veux pas écouter sa voie alors je ne serais jamais appelé ni au sacerdoce, ni à la vie religieuse, ni même au mariage, ni même à toutes vocations que le Seigneur me prépare parce que, à la crise des vocations, il faut ajouter aussi la crise de l’amour humain, la crise de la confiance dans l’autre, parce que crise de la confiance en Dieu. Nous devons demander au Seigneur de faire grandir en nous la foi et à mesure que notre foi grandira, les vocations s’épanouiront et la notre en premier, celle que le Seigneur a choisi pour nous, celle que nous avons choisi avec lui. Demandons au Seigneur en ce dimanche des vocations d’ouvrir le cœur des jeunes à sa parole d’abord, à son eucharistie et à sa vie pour qu’ils puissent répondre et profiter avec nous des verts pâturages que le Seigneur offre à tous. Amen Père Emmanuel GOBILLIARD Maryline Reymond
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Homélie du père Emmanuel Gobilliard le 22 août 2010
