|
|
||
S'identifier
|
Homélie prononcée par Père Emmanuel le dimanche 9 mai
« Courage ! Parole du Seigneur ». C’est la fin de la première lecture suivie de la proclamation « parole du Seigneur ». Ce mot courage qui clôt la lecture est un parole du Seigneur
On pourrait faire une homélie rien que sur ce mot, courage. « Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger ». C’est le sens de cette lecture. Revenons à la première lecture : nous avons deux groupes différents l’un de l’autre qui s’affrontent dans cette lecture, ceux qui sont conservateurs, qui sont adeptes de l’accumulation : ce sont ceux qui veulent continuer toute la loi, reprendre sur leurs épaules, toute la loi avec les 600 préceptes de la loi et se sanctifier peut être par la force, par leur volonté, en n’ayant pas peur, ils sont sans doute plein de courage, ils n’ont pas peur d’appliquer tout ce que le Seigneur a dit dans l’ancien testament et le deuxième groupe, adepte d’une libération qui va nous faire découvrir petit à petit que la sainteté ce n’est pas simplement le volontarisme, ce n’est pas d’en faire beaucoup, c’est de mettre Jésus dans son cœur, de demander l’Esprit Saint, de le laisser travailler en nous. La sainteté c’est se laisser faire. Nous sommes dans cette période du temps du Cénacle, nous attendons l’Esprit Saint, nous attendons avec les Apôtres réunis auprès de la Vierge Marie ; ils n’ont plus beaucoup de courage, ils ont perdu l’espérance, leur foi est vacillante, ils ont peur, ils ne veulent pas quitter ce lieu, peur du jugement, de la violence qui peut s’abattre sur eux, ils s’enferment, ils verrouillent les portes de la pièce. Nous sommes parfois comme eux, nous avons peur, nous voulons construire notre vie chrétienne à la force de notre poignet et lorsque nous voyons que c’est impossible, nous nous enfermons sur nous-mêmes comme les Apôtres réunis au Cénacle. Nous n’avons pas réussi à obtenir le salut par nous-mêmes et tant mieux puisque c’est impossible. Nous n’avons plus qu’à compter sur Dieu, nous faisons l’expérience de notre faiblesse, de notre petitesse, nous sommes obligés de passer par l’humilité, par la demande ; « Seigneur, sauve moi ». Aujourd’hui, nous demandons, « Seigneur envoie ton Esprit et nous serons sauvés ». Par nous-mêmes, nous ne pouvons rien, nous avons besoin de lui. Notre espérance c’est qu’au milieu des apôtres, il y a la Vierge Marie. Nous sommes un peu dans la même logique que certains grands Saints comme Sainte Thérèse d’Avila, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui opposent la force du poignet à la grâce de Dieu, à la facilité de l’écoute, humble et discrète de la parole de Dieu qui nous porte, qui nous élève : c’est le Seigneur qui fait tout. Sainte Thérèse d’Avila a prit la comparaison de l’eau qu’il fallait puiser à la force de son bras ou bien de l’eau qui arrivait tranquillement par une rigole, elle préférait l’eau qui arrivait par une rigole, elle ne faisait pas d’efforts, le Seigneur venait à elle sans qu’elle fasse aucun effort. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a prit la comparaison de l’escalier et de l’ascenseur. Je me souviens surtout de la chanson « Pourquoi, nous fatiguer à monter l’escalier … »….en gros, il faut prendre l’ascenseur.
Il y en a un qui a une comparaison qui est magnifique c’est Saint Louis Marie Grignon de Montfort. Pour lui, il faut restaurer en nous l’image que le Seigneur a déposé lors de la création, il faut restaurer l’image du Christ, et pour la restaurer, il y en a qui prennent leur burin et leur marteau, ils essayent de former cette image comme un sculpteur difficilement essaye de former l’image de la sculpture qu’il veut réaliser et au moindre coup de ciseau de travers, la sculpture est ruinée.
Saint Louis Marie Grignon de Montfort oppose une autre image celle du moule parfait. La matière c’est nous, le moule parfait, c’est la Vierge Marie. La Vierge Marie, c’est celle que le Seigneur a choisi, qu’il a disposé, préparé pour qu’elle reçoive le fils de Dieu. C’est elle qui a formé dans son corps, l’humanité du Christ, c’est elle que Dieu a choisi, c’est le moule parfait nous dit Saint Louis Marie Grignon de Montfort alors nous avons le choix : soit buriner à la force de notre poignet, soit inviter la Vierge Marie en nous pour qu’elle soit le moule parfait qui va nous former, nous disposer paisiblement, tranquillement, lentement aussi, à la mesure de ce que nous pouvons non pas faire mais à la mesure de ce que nous pouvons laisser faire, parce que ceci demande beaucoup d’humilité de lâcher prise, de laisser faire. Laissons faire la Vierge Marie qui va nous recevoir dans son cœur, dans le moule magnifique qui est toute sa personne pour que petit à petit nous lui ressemblions. Saint Louis Marie Grignon de Montfort va même plus loin, il évoque presque une méprise. L’Esprit Saint voyant la Vierge Marie dans notre cœur se précipite en nous croyant que c’est la Vierge Marie. Cela fait la joie de l’Esprit Saint. Savoir qu’en même temps il vient dans le cœur de Marie et dans un cœur qui ressemble à Marie pour se diffuser. Une pierre, deux coups ! L’Esprit Saint est joyeux de la présence d’un cœur marial dans lequel il puisse se donner. La source, la rigole qui nous fait recevoir la source, c’est la Vierge Marie, l’ascenseur, c’est la Vierge Marie, le moule parfait c’est la Vierge Marie, il faut juste apprendre à ne pas faire trop d’efforts, à ne pas trop compter sur nous-mêmes mais à nous laisser faire, à nous laisser aimer, façonner.
Comment peut-on imaginer que l’Esprit Saint étant venu à l’Incarnation dans le cœur de la Vierge Marie, l’Esprit Saint étant venu à la Pentecôte au Cénacle en raison de la présence de la Vierge Marie au milieu des Apôtres, comment peut-on imaginer que ce même Esprit Saint viendrait en nous, aujourd’hui en l’absence de Marie ? Ce que l’Esprit Saint à l’habitude de faire il va le continuer. Nous serions bien présomptueux de croire que nous pourrions appeler l’Esprit Saint et le recevoir sans avoir un cœur marial car par nous même nous ne pouvons rien faire.
Nous devons ressembler à Marie pour que l’Esprit Saint vienne en nous. L’Esprit Saint dispose nos cœurs à l’étape suivante. Regardez la Vierge Marie au moment de l’Incarnation, l’Esprit Saint se précipite, (« il m’a couverte de son ombre »), l’Esprit Saint dispose une demeure pour le Fils de Dieu et le Christ lui-même va faire dans le corps de la Vierge Marie sa demeure, il va habiter en elle et c’est bien ce que le Seigneur nous propose dans l’Evangile : « Nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » Le Seigneur veut réaliser en nous ce qu’il a réalisé pour la Vierge Marie : que nous soyons comme des demeures de l’Esprit Saint pour être une demeure du Fils et une demeure du Père puisque la trinité peut établir en nous sa demeure à mesure que nous faisons ce qu’il souhaite. La Vierge Marie peut s’inviter dans notre vie, à condition que nous l’invitions, parce qu’elle respecte notre liberté. Il suffit de vivre avec Marie, de la prier, de penser à elle, de se laisser aimer par elle, n’oubliez pas qu’elle a été choisie par Jésus pour être notre mère, il nous la donne comme une mère. Une mère peut elle oublier son enfant ? La Vierge Marie ne nous oubliera jamais, ne nous laissera pas tomber. Elle est notre mère. Nous pouvons nous éloigner, la trahir, être des grands pécheurs, la Vierge Marie ne nous abandonnera jamais, elle est notre mère, elle est fidèle, elle a conscience que sa mission que ne vient pas d’elle. Cette mission, reçue de son Fils, est de disposer nos cœurs pour que la Trinité puisse faire en nous sa demeure. Donc, n’ayons pas peur de l’inviter dans nos vies, elle est l’écho admirable, comme dit Saint Louis Marie Grignon de Montfort, qui répond « Jésus » quand on lui dit « Marie » ; elle est toute transparente, toute disponible, toute humble. Elle n’est pas là pour faire son œuvre, elle dispose nos cœurs à recevoir celui qui est plus grand que tout, qui est même plus grand que notre cœur ; Quel magnifique miracle nous allons vivre à la Pentecôte. D’ici là, préparons nous, prions Marie, invitons là à prier avec nous dans l’oraison, invitons là à recevoir Jésus Eucharistie en nous, invitons là dans toute notre vie pour qu’elle puisse attirer en nous l’Esprit Saint, le Fils et le Père. Amen Père Emmanuel Gobilliard Maryline Reymond
Lu 847 fois
Autres documents :
Actualités | Horaires messes et offices | Vie spirituelle | Prédications | Nous contacter |
Abonnez-vous à la lettre du site
Liste de liens
|
|
ADP © Eglise Cathédrale 2006
|
||
Vie de la cathédrale
Actualités
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable







HOMELIE DU 22 JANVIER 2012, 3ème dimanche du temps ordinaire par le Père Roland Bresson

