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Homélie prononcée par père Emmanuel Gobilliard le 6ème dimanche du temps pascalLe 31 mars 1985, dimanche des rameaux, le bienheureux pape Jean Paul II a écrit aux jeunes du monde entier une lettre apostolique qui lançait la grande aventure des JMJ. Cette lettre commençait ainsi : «Toujours prêts à justifier de l’espérance qui est en vous devant ceux qui vous en demandent raison». Ce passage de la lettre de saint Pierre, nous est proposé par la liturgie de ce jour. Saint Pierre ajoute : « faites le avec douceur et respect » Comment vivre cette exigence évangélique ? Comment justifier de l’espérance qui est en nous ? D’abord par la charité. C’est la façon la plus douce de témoigner. La charité obtient tout, elle pénètre les cœurs sans les brusquer et elle interroge. Il faut toujours commencer par la charité, parce que notre foi n’est pas une idéologie, elle est une vie ! La vie du Christ en nous que nous devons proclamer par toute notre vie. La charité du Christ nous presse à vivre d’amour, comme dirait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Le seul vrai témoignage, c’est celui de la charité, mais ce témoignage dérange. Pourquoi ce témoignage dérange-t-il ? Parce qu’il est vécu ! Ce n’est pas l’évangile qui dérange, d’ailleurs il arrive que l’on mette l’Evangile à toute les sauces, en enlevant parfois ce qui nous dérange un peu, en l’accommodant à ce que je peux en vivre, en écartant ce qui me bouscule. Ce qui dérange vraiment c’est l’Evangile vécu. Parce que l’Evangile vécu par un autre de façon admirable m’interroge sur ma propre façon de vivre. On est parfois agacé par quelqu’un qui est fidèle à l’oraison, qui sert les autres avec le sourire, qui ne critique pas à tout bout de champs, qui fait son devoir d’état sans fanfaronner et qui sait se détendre sainement. On dit facilement que c’est un rabat-joie, parce que la joie pour certains, c’est d’être dans l’excès, dans la critique et toujours dans l’égoïsme. Pire on cherche parfois à discréditer son attitude, à chercher un défaut comme on cherche un vice caché dans un appareil neuf ! On refuse d’admettre qu’il nous dérange tout simplement, qu’il nous oblige à réagir et à changer de vie. En fait nous manquons cruellement d’humilité, nous refusons d’admettre que l’autre puisse être meilleur que nous alors que saint Paul nous dit : « considérez toujours les autres comme supérieurs à vous », nous manquons aussi de courage pour nous mettre en route sur le chemin de le conversion au Christ ressuscité. Ce qui est vrai de chacun de nous est également vrai de la société. L’Evangile vécu dérange la société, en tout cas la société médiatique, la société bien établie, bien pensante et qui ne supporte pas d’être réveillée. Il y a de nombreux aspects de l’Evangile vécu qui dérangent mais celui qui dérange particulièrement ces temps-ci, c’est la question de la vie naissante. Notre société est eugéniste et ne supporte pas qu’on le souligne. Pour bien comprendre ce qu’est l’eugénisme, il faut nous rappeler ce qu’est son contraire, ce que signifie accueillir la vie. Accueillir la vie, c’est la recevoir telle qu’elle est, c’est accepter de ne pas choisir la vie. Nous sommes dans une telle société de consommation, que nous croyons pouvoir choisir un enfant comme on choisit un vêtement au supermarché. Il n’y a pas de droit à l’enfant, il n’y a pas non plus de droit à l’enfant parfait, en bonne santé, les yeux bleus, intelligent, sportif et finalement riche. Si je revendique l’enfant, il n’est plus libre. Je le considère comme ma chose, j’en fait ce que je veux, et je m’étonne ensuite qu’il développe des pathologies du comportement. Je l’étouffe en exigeant qu’il soit parfait et je contribue par là même à son malheur. L’enfant est au service de mon égoïsme et de ma réalisation personnelle. Ce que je vous dis là pour vous sembler bien loin, mais ce dont je parle est actuellement en discussion à l’assemblée et au sénat. La question est de savoir si je peux disposer des embryons. Alors certes il ne s’agit pas de disposer des embryons pour faire n’importe quoi. On nous dit qu’il s’agit de sauver des vies, de faire progresser la science. Mais la question n’est pas de savoir à quoi vont servir ses embryons, mais de savoir si on peut mettre des embryons « à disposition ». Remplacez le mot embryon par le mot « enfant » et vous avez l’enjeu de ce qui est en train de se décider. L’eugénisme, au XXème siècle a commencé avec l’idéologie nationale socialiste. Je vous rappelle que cette idéologie avait pour objectif déclaré le progrès de la société, l’amélioration de la condition humaine. Je vous rappelle que cette idéologie a été portée au pouvoir démocratiquement à une écrasante majorité, qu’elle était à l’époque justifiée par de grands scientifiques et philosophes, qu’elle était portée par les médias et que l’Eglise Catholique, lorsqu’elle soulevait les graves questions que posait cette idéologie, en particulier avec l’encyclique « mit brennender sorge » de 1937 dont le titre signifie : « avec une vive inquiétude » était déjà taxée de rétrograde. Vivre la charité du Christ, c’est d’abord défendre le plus pauvre, celui qui dépend entièrement de nous, qui n’a pas d’arme, même pas celle de la parole, c’est l’accueillir tel qu’il est, même s’il est imparfait, parce que finalement nous le sommes tous, imparfaits. Nous devons toujours être prêts à justifier de cette formidable espérance qui est en nous : la vie est un don que nous recevons de la bonté de Dieu. Amen. Père Emmanuel Gobilliard Maryline Reymond
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2ème DIMANCHE DE PÂQUES HOMELIE prononcée par PERE FLORENT DE RUGY

