Homélie prononcée par père Florent de Rugy, dimanche 18 décembre, 4ème dimanche de l'Avent



Homélie prononcée par père Florent de Rugy, dimanche 18 décembre, 4ème dimanche de l'Avent

Nous allons nous pencher attentivement sur la parole de Dieu, que nous venons d’entendre, écouter, recevoir.

David, le roi, dont Dieu nous dit qu’il est un pasteur selon son cœur, il est attentif à la volonté du Seigneur et à l'accueil de sa miséricorde. David veut construire un temple pour le Seigneur, il dit à Nathan : « J’habite dans une maison de cèdre et l’arche de Dieu habite sous la tente ! ».
 

Nathan répondit au roi : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le Seigneur est avec toi ».
 

On s’aperçoit que Nathan et David sont très pieux, ils ont le désir d’accomplir la volonté du Seigneur mais finalement ils ne font pas ce que le Seigneur demande. « Cette nuit là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan ». Le Seigneur va annoncer ce que nous avons entendu dans l'Évangile. Dieu ne commence pas par dire à David, « Ne t’occupes pas de construire ce temple, c’est moi qui vais me construire un temple », mais Dieu dit : « Je vais te construire une maison ».
 

Il y a une parfaite cohérence dans ce que Dieu dit. Jésus est annoncé comme le descendant de David donc Dieu a préparé la Vierge Marie qui devient la demeure du Très Haut et celle qui accueille la descendance de David. D'une certaine manière nous remercions David d’avoir eu cette initiative, en venant corriger son désir Dieu nous faire connaître cette prophétie, en même temps nous rendons grâce au Seigneur de ne pas s’en être seulement tenu à la volonté de David et d’être intervenu pour faire connaître sa parole.
 

 
 

Qu’est ce qui a manqué à David pour ne pas se tromper ?
 

 
 

Dieu est intervenu pour le reprendre non pas parce qu’il faisait le mal mais parce qu’il était à côté de la volonté de Dieu. Il manque ce dont Paul nous parle dans la lettre aux Romains : « Gloire à Dieu, ... voilà le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd’hui il est manifesté. - C’est l’aujourd’hui de Noël, de Dieu, donc c’est un seul acte depauis la prophétie à David jusqu’à la fête de Noël - ... ce mystère est porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l'obéissance de la foi. »
 

 
 

Nous allons nous pencher sur la question de l’obéissance et de la foi pour pouvoir recevoir ce mystère qui se manifeste aujourd’hui. Si nous entendons le récit de l’Annonciation avant Noël ce n’est pas pour se dire que l’ange avait annoncé la naissance de Jésus, l’ange apporte une bonne nouvelle. Ah oui! Donc c’est le coup d’envoi des festivités de Noël! Ce n’est pas tout à fait cela.
 

 
 

Il y a bien sûr l’annonce de l’incarnation et nous voulons entendre la prophétie, la parole de Dieu, qui depuis toujours a préparé son incarnation. Mais aujourd’hui, je crois qu’il est intéressant pour nous et important de se pencher sur ce qu’est l’obéissance de la foi. L’obéissance, dans la deuxième moitié du vingtième siècle, n’est pas une vertu à la mode, mais ce n’est pas grave. Nous sommes chrétiens, nous voulons faire la volonté du Seigneur et nous ne voulons pas comme David passé à côté. David, c’est un bon chrétien, non, ce n’est pas un chrétien, c’est un bon juif qui veut vivre la loi du Seigneur; Nathan, c’est un prophète, il veut lui aussi être fidèle au Seigneur. Vous voyez que ce qui nous est dit sur l’obéissance de la foi, ce n’est pas pour les païens qui ne connaissent rien à la foi, qui n’ont jamais entendu parler de Dieu, c’est pour nous pour que nous puissions répondre dans la foi.
 

 
 

Voici un extrait du Catéchisme de l'Église catholique (C.E.C.) qui nous parle de cette obéissance de la foi, pour nous rappeler comment y entrer, la vivre. C'est dans la première partie, intitulée « Je crois, nous croyons », troisième chapitre « la réponse de l’homme à Dieu », qui commence par un petit rappel :
 

« Par sa révélation, " provenant de l’immensité de sa charité, Dieu, qui est invisible s’adresse aux hommes comme à ses amis et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion " La réponse adéquate à cette invitation est la foi.
 

Par la foi l’homme soumet complètement son intelligence et sa volonté à Dieu. De tout son être l’homme donne son assentiment à Dieu révélateur .L’Écriture Sainte appelle " obéissance de la foi " cette réponse de l’homme au Dieu qui révèle (cf. Rm 1,5 ; 16, 26). » (CEC 142-143)
 

Et au numéro suivant (CEC 144): « Obéir (ob-audire) dans la foi, c’est se soumettre  librement (s'il n'y a pas de liberté, il n'y a pas d’obéissance) à la parole écoutée (ce que n’a pas fait David, il n'a pas commencé par écouter la parole du Seigneur mais il a dit « je veux faire quelque chose de bien pour le Seigneur »), parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même. De cette obéissance, Abraham est le modèle que nous propose l’Écriture Sainte. C’est un homme qui eut foi, il a quitté son pays, par la foi, il a obéi à la parole du Seigneur. La Vierge Marie en est la réalisation la plus parfaite. »
 

Nous voici donc au récit de l’Annonciation. La Vierge Marie dit : Oui, elle donne son assentiment, elle soumet son intelligence et sa volonté à la Parole du Seigneur : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
 

Ce qui est difficile dans cette obéissance de la foi, me semble-t-il à partir de mon expérience personnelle et des échanges que nous avons, c'est la difficulté de se soumettre. Surtout pour le français qui a lu toute son enfance Astérix et Obélix, il sait qu'il ne faut pas se soumettre: la « sacro-sainte » liberté, la « sacro-sainte » indépendance, « se soumettre? Jamais! » Ce n'est pas de cette soumission dont il est question ici.
 

Regardons à qui nous faisons allégeance, à qui nous donnons notre assentiment. « Se soumettre  librement à la parole écoutée , parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même. » Il s'agit de Dieu. La Vierge Marie a commencé par écouter et elle a posé une question pour mieux écouter et pour mieux répondre. Elle a répondu à Dieu.
 

 
 

Dans cette fête de Noël nous nous rappelons que notre cheminement à consister à nous tourner vers le Seigneur pour mieux le recevoir. Nous sommes arrivés à la clef: l’obéissance de la foi, soumettre mon intelligence et ma volonté. Cela n’est pas facile parce qu’il faudra que je renonce à moi-même et que j’ai l’impression que je renonce à ma liberté. Mais c’est un assentiment libre. Je renonce plutôt à des satisfactions de bien être. Au fond notre liberté est sollicitée, c’est là où nous sommes le plus libre. Si nous avons du mal dans la foi c’est peut être justement parce que nous avons du mal à être libre et à entrer vraiment dans la liberté.
 

 
 

Je laisse cela à votre méditation, l’obéissance de la foi pour préparer votre cœur à répondre au Seigneur, en commençant par écouter sa parole.
 

 
 

Pour conclure, je vous lis un extrait du livre « Youcat », un résumé du Catéchisme de l’Église Catholique avec une présentation pour les jeunes, je vous le recommande pour les cadeaux de Noël. Je vous lis ce passage qui m'a plu:
 

« Que doit-on faire quand on a reconnu Dieu ? » Le plus difficile ce n'est pas tant de reconnaître Dieu, de savoir qui il est, mais de lui obéir.
 

« Lorsque vous avez reconnu Dieu, il convient de lui donner la première place dans votre vie. Une vie nouvelle commence alors. On devrait reconnaître les chrétiens au fait qu’ils aiment même leurs ennemis.
 

Reconnaître Dieu, c’est reconnaître la présence de celui qui m’a créé et qui m’a voulu, qui me regarde avec amour et à chaque seconde, qui bénit ma vie et la conserve, qui tient dans sa main la terre et tous ceux que j’aime, qui m’attend avec impatience, qui voudrait me combler, m’amener à la perfection et qui souhaiterait que je demeure toujours près de lui. Lui faire un petit signe de tête ne suffit pas. Il faut que les chrétiens adoptent le style de vie de Jésus. »
 

La réponse, c'est l'obéissance de la foi. Demandons au Seigneur qu'il renouvelle notre cœur et qu'il nous donne assez de force pour être libre et pour lui soumettre notre intelligence et notre volonté.
 

 
 

Père Florent de Rugy


Maryline Reymond
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