Homélie prononcée pour l' Ascension par Monseigneur Brincard le 13 mai 2010



Frères et sœurs, avant d’entrée dans la célébration, le père Antoine Ferréol, auquel je dis ma reconnaissante affection fraternelle ainsi qu’à mes frères prêtres, vous a salué dans la lumière du Christ Ressuscité. Je ne reprendrai pas tout son salut, je voudrais seulement saluer d’une manière particulière Maurice Bonnefoy, responsable du service diocésain du catéchuménat, toutes les équipes d’accompagnement de nos sœurs qui vont recevoir le sacrement de confirmation et je salue bien sûr aussi leur famille.

Sont également présents les jeunes venus de Saugues et de Langeac que je voudrais saluer également. Chers jeunes préparez vous à ce grand moment de la confirmation. C’est une force qui vous sera donnée venant de l’Esprit Saint et vous savez qu’aujourd’hui pour être chrétien et chrétienne il faut être courageux.

L’Esprit Saint vous aidera à comprendre qu’il vaut mieux perdre la face, c'est-à-dire finalement accepter de ne pas toujours être compris, que de perdre son cœur. Il vaut mieux perdre sa face que perdre son cœur. Et l’Esprit Saint vous aidera à être courageux c'est-à-dire à vivre la vie chrétienne et  ainsi à rayonner la joie chrétienne.

Je voudrais également saluer d’une manière toute particulière le grand séminaire de Fribourg présent avec le père Glasson, Claude, Michaël, François, Jacques leur dire combien il est providentiel qu’ils participent avec nous à la célébration de la fête de l’Ascension. Je ne peux pas oublier que j’ai fait mes études à Fribourg et que c’est grâce à la générosité d’un peuple fribourgeois qu’il a existé et qu’il existe encore une université qui rayonne dans le monde.

Je prie tout particulièrement chers amis pour votre évêque atteint par la maladie et que j’ai connu sur les bancs de l’université de Fribourg.

Je salue aussi et enfin les membres de la session de l’agapè qui sont parmi nous ainsi que chacun et chacune d’entre vous et notre chorale qui, avec l’aide de Julien, nous aide à prier avec ferveur.

Chers amis, l’ascension c’est un mystère, c'est-à-dire une réalité que nous ne pouvons découvrir que dans la lumière de la foi. Une lumière qui nous fait découvrir combien Dieu nous aime. Il nous aime au-delà de ce que nous pouvons en comprendre et c’est pourquoi la foi éclaire les profondeurs au-delà de ce que l’intelligence peut saisir.

Cette foi nous rappelle à propos de l’ascension que Dieu est venu parmi nous en Jésus son Fils, que le Christ est venu pour nous sauver, pour que nous rétablissions une alliance avec Dieu. Et se rétablissement est passé par sa mort et par sa résurrection. Si nous n’avons pas besoin de salut, si nous n’avons pas besoin de changer notre cœur, si nous oublions ce qu’il y a de plus grand et de plus important en nous, Jésus est inutile parce que l’amour est inutile.

La foi nous rappelle que Jésus, après sa résurrection, s’est montré vivant à ses apôtres. Son humanité qui avait été brisé par la mort, sort du tombeau avec une gloire nouvelle.

Ensuite, comme nous l’a rappelé la première lecture de ce jour et c’est important de le souligner, Jésus a parlé du royaume de Dieu pendant quarante jours après sa résurrection à ses apôtres. C’est à l’origine d’une partie de la tradition de l’Eglise c'est-à-dire de ce qu’elle a reçu des apôtres et qu’elle fait fructifier à travers sa vie et sa mission.

Dans l’Esprit Saint, Jésus donne ses instructions à ses apôtres qu’il avait choisis, à propos notamment du royaume de Dieu.

Enfin et c’est ce que nous célébrons aujourd’hui, il est enlevé au regard de ses apôtres. S’élevant dans les cieux et s’asseyant pour toujours à la droite du Père.

Je suppose que vous avez été très étonné par une phrase de la Parole de Dieu que nous avons entendu. Après l’ascension, après cette disparition de Jésus aux yeux de ses apôtres qui ne le contemple plus dans son humanité sainte, les apôtres viennent au temple tout joyeux. Et bien en général ce n’est pas ce qui se passe. Quand nous quittons un ami et que nous ne le voyons plus il y a une tristesse dans notre cœur. Eh bien, les apôtres, eux, reviennent tout joyeux. Et c’est cette joie que nous sommes appelés à connaître aujourd’hui d’une manière particulière, même si c’est un paradoxe d’être joyeux alors que nous ne voyons pas Jésus encore.

Pourquoi, sommes-nous joyeux ?

Voici quatre raisons rapidement évoquées.

Si nous ne voyons pas Jésus dans son humanité sainte c’est qu’il est auprès du Père. Il a donc triomphé de la mort par sa passion, il a accompli sa mission et il est retourné auprès du Père comme l’égal du Père.

Nous devons être joyeux, très joyeux que Jésus ai triomphé. Nous devons être très joyeux à la pensée qu’il est auprès de son père en fils bien aimé avec son humanité sainte (il a toujours été auprès de lui avec sa divinité).

Mais nous savons qu’il demeure proche de nous : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » et cette promesse il la réalise dans nos cœurs par la grâce du baptême, par sa parole, par l’Eucharistie que nous célébrerons dans quelques instants : il sera au milieu de nous comme un grand soleil caché derrière un nuage. Et il est présent au milieu de nous par les pauvres.

Je l’ai dit et je le répète souvent mais c’est une parole si belle que je ne me lasse pas de la dire. Mère Térésa interrogée par un jeune qui lui disais : « Mais je ne vois pas Jésus, je ne vois pas Jésus » ce qui voulais dire en clair, comment l’aimer. Mère Térésa lui répond : « et comment, tu n’as jamais rencontré un pauvre ? »

Je pense que ce jour là il a compris quelque chose de très important pour sa vie chrétienne.

Jésus demeure proche de nous par cette présence que j’ai évoquée, par son action que nous a rappelée la deuxième lecture. Il intercède auprès de nous, il est celui qui représente la miséricorde de Dieu pour nous. En voyant Jésus, nous voyons la miséricorde. C'est-à-dire un amour qui pardonne, qui renouvelle et qui nous aide ensuite à parcourir le chemin de bonheur que Dieu nous destine. Voilà la première raison d’être heureux. Et Jésus est auprès du Père.

La seconde raison, c’est que la victoire du Christ est déjà notre victoire. La victoire n’est pas devant nous, elle est acquise et elle peut s’emparer de plus en plus de nous par la foi, l’espérance et la charité. En effet nous sommes reliés à Jésus et nous nous reposons déjà maintenant avec lui dans le ciel. Ce repos, les saints le montrent à travers une patience extraordinaire. Au milieu des épreuves, au milieu des difficultés nous les voyons patients et paisibles. Ce n’est pas une conviction psychologique c’est parce qu’ils sont auprès de Jésus, avec Jésus auprès du Père. Toutes nos agitations, viennent de ce que nous oublions que nous pouvons être auprès de Jésus. Donc, la seconde raison pour laquelle nous sommes heureux c’est que la victoire du Christ est déjà notre victoire. St Augustin va nous le dire d’une manière admirable « Jésus, alors qu’il est là bas est aussi avec nous, et nous alors que nous sommes ici nous sommes avec Jésus » Plus nous serons avec lui, plus nous connaîtrons cette paix à travers les grandes épreuves qui, sans doute déjà, parsèment notre vie.

La troisième raison pour laquelle nous sommes très heureux, c’est que Jésus ne s’évade pas de notre condition humaine par l’ascension. Il fortifie notre espérance en nous faisant désirer d’être un jour auprès de lui.

La troisième raison c’est donc que Jésus par son ascension  nous dit qu’il est auprès du Père et qu’il développe notre désir d’être dans la gloire avec lui.

La dernière raison, elle est très actuelle pour nous aujourd’hui, c’est que, en nous quittant, Jésus nous envoie, ainsi qu’à son Eglise, l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint nous aide, dans la foi. Avec l’aide du Saint Esprit nous savons qui est Jésus, ce qu’il a fait pour nous, pourquoi, comment il est au milieu de nous et ce qu’il attend de nous. Et ce qu’il attend de nous c’est d’abord la foi et l’Esprit Saint nous le rappelle et nous y aide.

L’Esprit Saint nous aide à espérer, je viens de le dire, c'est-à-dire à désirer le voir et à désirer notre propre résurrection. Il nous donne confiance au travers des combats de la vie. Si nous nous appuyons sur la miséricorde de Jésus, c’est l’amour toujours offert qui nous renouvelle.

Vous savez, qui d’entre vous ne s’est pas découragé un jour, à  cause des luttes menées, notamment contre des défauts toujours présents ? Vous savez on se confesse, quinze jours après on pourrait se confesser à nouveau. Et donc on va se décourager. Eh bien, l’Esprit Saint nous aide à ne pas nous décourager, en nous appuyant toujours de manière nouvelle sur sa miséricorde. Chers amis, le plus grave n’est pas de tomber, mais de refuser de se relever. Et l’Esprit Saint, en fortifiant notre espérance, nous aide à comprendre que le mal est définitivement vaincu et que le Royaume de Dieu est instauré par Jésus et que nous devons, avec l’aide d’ailleurs du Saint Esprit, contribuer à le construire.

Comme le disait Mère Térésa encore, je l’ai rappelé aux séminaristes ce matin de Fribourg. « Fais tout ce qui dépend de toi et le monde ira mieux et si on te dit que c’est une goutte d’eau, tu répondras que l’océan est fait de gouttes d’eau »

Enfin, l’Esprit Saint nous aide à aimer, c'est-à-dire à ne pas garder les yeux fixés vers le ciel où Jésus s’en est allé. L’amour, c’est annoncer celui que nous aimons en étant ses témoins par notre joie, par notre louange, comme les apôtres tout de suite après l’ascension en nous aimant les uns les autres. La charité est le bulldozer de la vérité. Voilà comment l’Esprit Saint nous aide à être témoin. Par l’action de grâce et par l’amour mutuel. Et quand nous ne sommes pas dans ces attitudes là et bien nous ne sommes pas des témoins.

Chers amis et je conclue, la confirmation, c’est tout simplement Jésus qui envoie l’Esprit Saint à chacun d’entre nous, d’une manière particulière à partir du baptême afin que nous puissions devenir des témoins dans le monde entier c'est-à-dire auprès de tout ceux que nous allons rencontrer, que nous avons déjà rencontrés.

Alors chers confirmands, confiance, zèle, c'est-à-dire un amour toujours plus grand et toujours plus agissant et courage. 
 
La Vierge Marie était au milieu des apôtres alors qu’ils attendaient la venue de l’Esprit Saint. Elle était en prière comme elle est aujourd’hui auprès de vous chers confirmands et auprès de chacun d’entre nous. En ce moment même, le Pape est encore à Fatima, un grand signe dans le Ciel pour notre temps. Je vous invite à relire le message de Fatima. C’est un message qui secoue. Comme les amis portugais ont pu s’en rendre compte hier au cours de la célébration quand je leur ai lu quelques passages de ce message. 

Prions pour le Pape, il fait l’objet d’attaques. C’est bon signe, il dérange. Qu’il continue à déranger. Il dérange par sa vie et par ses enseignements. 


Merci ! Saint Père !  

Monseigneur Henri Brincard 

Maryline Reymond
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