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L'encensL'approche de l'Epiphanie où les Mages offrent l'or, l'encens et la myrrhe, nous invite à réfléchir sur l'usage de l'encens à la Cathédrale.
A l'épiphanie, les mages offrent à l'Enfant de la crèche l'or, l'encens et la myrrhe. On voit habituellement dans l'or, la reconnaissance de la royauté de Jésus, dans l'encens, la reconnaissance de sa divinité, dans la myrrhe, la reconnaissance de son humanité car on rapproche souvent ce cadeau de celui de Nicodème lors de son embaumement.
Matthieu, qui se réfère très souvent aux Écritures, voit dans la myrrhe plutôt l'incarnation du Messie attendu car la myrrhe dans l'Ancien Testament n'est jamais mis en rapport avec la mort ou avec l'ensevelissement, mais avec l'amour et plus précisément l'amour de Dieu. On se sert de la myrrhe pour oindre l'Arche d'Alliance (Ex 30, 23), pour décrire les vêtements du Roi-Messie dans le contexte de ses fiançailles avec Israël (Ps 45,9) ou pour décrire la parole du Très-Haut (Si 24, 15). La myrrhe apparaît en tout douze fois dans les écrits de l'Ancien Testament dont sept fois dans le Cantique des Cantiques lié à l'amour des fiancés. La myrrhe dans Matthieu décrit donc la reconnaissance de l'amour du Messie pour son peuple. L'Incarnation n'a-t-elle pas été vue, par les Pères de l'Eglise, comme le « baiser de Dieu à l'humanité » ?
Pourquoi l'encens ?
« Seigneur, je t'appelle : accours vers moi ! Écoute mon appel quand je crie vers toi ! Que ma prière devant toi s'élève comme un encens, et mes mains, comme l'offrande du soir. » (Ps 140) Le Père Hugues de Notre-Dame des Neiges explique: Parfum précieux pour une grande part de l'humanité, l'encens est traditionnellement offert aux dieux par les hommes. Fondu sur les braises, cette résine précieuse flatte nos sens. Sa fumée qui monte vers le ciel est l'image des prières que nous adressons à Dieu, du désir qui nous fait chercher un au-delà du quotidien; ce désir monte vers le ciel tout comme la fumée de l'encens, il en a la légèreté, rien ne peut le retenir sur la terre; Cette épaisse fumée parfumée nous invite à être en présence de Dieu. Durant la messe, le prêtre encense d'abord l'autel et le cierge pascal puis le Livre de la Parole de Dieu, avant la lecture de l'Evangile, enfin les offrandes, les ministres et l'assemblée. Le Corps et le Sang du Christ reçoivent bien sûr l'honneur de l'encens, comme les Rois Mages le firent au jour de la crèche.
L'encens à la Cathédrale :
C'est en particulier par un usage différencié de l'encens qu'à la Cathédrale nous graduons les différents temps liturgiques (cf la page technique du thuriféraire ). Mais, la qualité des vases sacrés (métal, ciselure,…), les fleurs, le luminaire sont aussi des critères. Pendant le temps de l'Avent, temps d'attente, nous atténuons l'éclat des célébrations, comme pour attendre une pleine manifestation qui ne viendra qu'à Noël : les vases sacrés (calices, patène, ciboires) sont en argent travaillé. On ne fait que des bouquets de feuillages et la couronne de l'Avent autour d'un porte-torches, et du coup nous limitons l'usage des cierges au nombre de cierges allumés : un seul le premier dimanche, deux le second, etc… En revanche, l'encens fume à l'évangile et pendant l'offertoire, parce que nous sommes en attente de la manifestation du Verbe de Dieu qui a pris chair en Marie. Pendant le temps de Noël, ce sont des vases très ornementés, dorés. Tous est encensé de la procession d'entrée à la consécration. Le temps ordinaire doit ressembler à notre vie dans ce qu'elle a d'ordinaire, mais qui doit toujours demeurer un temps de croissance dans la charité. Rien est laissé à la banalité. Il doit garder une tenue, un maintien, gage de la ferveur de l'assemblée. L'encens fume à l'offertoire. En Carême, temps de pénitence, on entre dans une grande sobriété : les vases sont argentés, mais lisses, il n'y a plus d'encens, plus de fleurs, deux cierges seulement accompagnent la proclamation de l'évangile. La semaine sainte est soignée. Les statues des saints sont voilées, comme pour nous faire entrer dans un grand silence. Certains offices requièrent l'usage de l'encens comme les Rameaux, la Messe Chrismale, la Cène, pour en marquer la solennité, la gravité du mystère que nous célébrons durant ces jours saints. Puis cloches et orgues se taisent pour nous acheminer vers la nudité de l'office de la Passion. Puis vient Pâques et le temps pascal, éclatant de tous les feux de la liturgie : vases les plus beaux, encens partout, tout le luminaire est déployé, les fleurs jaillissent de partout, la prière eucharistique est chantée, … Les serviteurs de la liturgie | A l'écoute de la liturgie | Autres services liturgiques |
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