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La fresque de la Transfiguration
La fresque de la Transfiguration, porche occidental.
Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (XVII 1-9). Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière Voici que leur apparurent Moïse et Elie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. » Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d'une grande frayeur. Jésus s'approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n'ayez pas peur ! » Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul. En descendant de la montagne , Jésus leur fit cette défense : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. » Cette peinture sud du porche central représente la Transfiguration de Jésus sur le Thabor, selon l’Evangile de Saint Matthieu. Le sujet n’est pas très courant à l’époque romane où l'on construit la cathédrale du Puy. De Jésus représenté au centre dans une mandorle, émanent des rayons de lumière qui jaillissent de son vêtement blanc contrastant avec le fond bleu de la fresque. La scène est encadrée des prophètes Moïse ( MOYSES) et Elie ( HELIAS) . .
Aux pieds de Jésus, on reconnaît les Apôtres. Pierre, qui le regarde, Jacques qui exprime la crainte sacrée, Jean, tourné vers le sol dans un geste d'adoration et de prosternation. Les corps sont vêtus de drapés rouge et bleu et les têtes nimbées d'auréoles jaune or, couleurs caractéristiques du style bysantin copié des mosaïques.
On distingue le monde céleste divin, dominé par les couleurs du paradis, le blanc, l'or, le pourpre, couleur de l'Empereur. Ici, le blanc de la transfiguration évoque la divinité du Christ, " tamisée par son humanité". Un arbre portant des fruits évoque le parallèle avec la scène de la Genèse et la Création, récapitulée dans le Christ.
L'Ancien Testament et le Nouveau sont évoqués par l'art de la fresque dans la même scène, se complétant et s'éclairant mutuellement. En levant les yeux depuis le sol de couleur verte jusqu'à l'intrados de l'arcade, on constate la présence de deux hommes revêtus de dalmatiques, et tenant un livre. Il s'agit des diacres Saint Etienne et Saint Laurent. Ainsi, sur la même fresque apparaît la continuité entre les prophètes tenant des philactères( la Parole de Dieu), les Apôtres témoins de la scène, et les témoins de cette parole, les martyrs.
Cette même continuité relie par un rayon de lumière les prophètes et les apôtres, témoins de la Manifestation de la gloire du Christ. N'oublions pas que le Christ s'entretient avec Elie et Moïse de son prochain départ, c'est-à-dire de la Croix, événement auquel il est en train de préparer ses apôtres pour les fortifier et aussi pour qu'ils se rappellent plus tard de l'annonce en la Transfiguration de la Résurrection. La présence symbolique d'un arbre avec des fruits à côté du Christ Glorieux rappelle donc aussi le salut et la rédemption, le but de la venue du Christ qui récapitule tout en lui.
Les Anges encadrent la théophanie, c'est-dire la manifestation de Dieu Trinité, mis en relief par la nuée d'où vient la voix du Père et la Colombe de l'Esprit Saint.
Anne Céline Denis
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