Le premier récit en Genèse I, 27 nous dit: «Dieu créa l’Homme à son image, à l’image de Dieu il les créa, homme et femme il les créa.» Nous voyons que l’Homme dont il est question n’est pas Adam, l’Homme est homme et femme «mâle et femelle, Il les créa», l'image de Dieu c’est l’union de l’homme et de la femme, Il est les deux à la fois. En Dieu nous retrouvons cette masculinité et féminité, puisque lui-même est Père et par les prophètes parle de ses entrailles comme s'Il était une mère. Les juifs disent que seul Dieu est parfaitement masculin et que l’humanité est féminine; ainsi l’homme, le mâle contient une part du masculin de Dieu, toutefois Dieu veut épouser cette humanité. Chacun de nous est appelé à l’union à Dieu.
«Homme et femme, il les créa», ici l’hébreu désigne le mâle et la femelle, ZARAKH et NEQEVA.
Le mot ZARAKH veut dire faire mémoire, graver, célébrer: la lettre ZAÏN par laquelle il commence signifie le soc de charrue, l’épée, le sexe masculin, ce qui est intéressant dans la dimension de ZAÏN, c’est qu’elle désigne directement des spécificités de l'homme . L'épée qui signifie la violence, mais aussi le soc de charrue, le rapport à la nature, à la matérialité, au travail. C’est la vocation de l’homme qui est ainsi indiquée. À l’homme revient la vocation de liturge de célébrant, Il transmet la mémoire de la famille, le patrimoine génétique, le nom: en hébreu, on se désigne par fils de... fils de… ce qui manifeste la transmission de la lignée par l’homme.
NEQEVA: signifie creux, réceptacle, espace intérieur. Ceci manifeste physiologiquement la différence entre l'homme et la femme, mais plus profondément leur spécificité : l’homme plus extérieur dans son rapport à la nature, à la création et la femme davantage tournée vers l’intérieur pour accueillir. Elle porte en elle la vie pendant neuf mois, elle accueille, garde, recueille. Cela nous conduit à nous tourner vers Marie qui «gardait toutes ces choses dans son cœur», toutes ces choses mûrissent en elle jusqu’au moment où elles vont naître.
Il ne s’agit pas d’un rapport de supériorité/infériorité mais d’une différence donnée par Dieu. L’homme et la femme sont appelés à vivre un rapport de complémentarité, ensemble ils sont à l’image de Dieu. Quand ils se séparent et s’opposent, ils perdent cette image de Dieu. Les rabbins disent: «si tu aimes ta femme, elle sera contre toi » dans le sens, tout contre toi, dans la tendresse, par contre «si tu n’aimes pas ta femme, elle sera contre toi» dressée contre toi dans l’opposition. La façon dont nous allons nous situer l’un par rapport à l’autre fera que nous serons l'un contre l'autre, dans l’union, l’harmonie ou bien face à face, dans l’opposition; l’histoire de l’humanité manifeste ce rapport d’opposition: la domination et l’écrasement de la femme, conséquence de la chute ou bien au contraire, actuellement dans notre société occidentale, la montée de la femme qui contraint l’homme à disparaître, à fuir. Cette situation leur coûte cher à tous deux.
Dans le second récit, nous assistons à la création d’Adam, quand Dieu lui amène toutes les créatures, Adam ne trouve pas d’aide qui lui soit semblable. Le Seigneur, alors crée Ève en faisant tomber sur Adam un sommeil mystérieux. D’une certaine façon il partage Adam en deux et quand ce dernier se réveille, il est émerveillé: «c’est la chair de ma chair, l’os de mes os, on l'appellera ISHA car elle a été tirée de ISH» homme et femme, en hébreu ISH et ISHA ils ont la même racine alors que la plupart des langues utilisent deux mots dissemblables. Ils ont deux lettres commune : aleph et shin et une lettre particulière à chacun: Ceci manifeste que l’homme et la femme sont de même nature, égaux, appelés à être ensemble, mais chacun possède une vocation propre.
La lettre particulière à l'homme c’est le yod, la plus petite lettre de l’alphabet hébreu, elle représente la main. Elle manifeste donc l’action, l’homme qui agit sur le monde qui l’entoure, dimension déjà évoquée plus haut dans le mot ZARAKH. Mais elle est surtout la main de Dieu posée sur l’homme, c’est ce que représente la kippa, que tout juif pieux porte sur sa tête. L’homme ne doit pas oublier la main de Dieu posée sur lui, s’il l’oublie, il perd son identité, sa justesse. En effet, l’homme doit d’abord être fils, pour pouvoir être père, il est fils en soumission d’amour à Dieu, ce n’est pas une soumission écrasante, la main de Dieu lui donne son identité et lui permet de la transmettre à son tour à ses fils.
Par ailleurs, dans la tradition juive c'est à l'homme qu'il revient de se soumettre à la Loi et non à la femme; il est soumis à la circoncision qui le marque dans sa chair, aux 613 mitsvot, les commandements de la Loi, c’est à lui qu’il est spécifiquement demandé de les respecter.
Ce n’est pas par infériorité que la femme n'est pas tenue aux prescriptions de la loi juive mais parce qu’elle est plus naturellement portée vers les choses spirituelles, c’est ce que manifeste dans son nom la présence de la lettre Hé le souffle divin. Elle va plus naturellement être soumise à la loi de Dieu tandis que l’homme sans cette obligation ne se soumettra pas. D’où l’intérêt dans la liturgie de prendre cet aspect en considération: la femme y est naturellement attirée, présente, ce n’est pas le cas de l’homme. Si sa place lui est retirée, le risque est grand de le voir disparaître. La femme doit rester attentive à lui garder sa place.
La lettre Hé, spécifique à ISHA est contenue deux fois dans le tétra gramme sacré YHWH (Yod Hé Vaw Hé ) le nom de Dieu, que l’on a transcrit tout à fait imparfaitement dans la Bible de Jérusalem par Yahvé. Récemment, dans le Synode sur la Parole de Dieu qui s’est déroulé à Rome, les évêques ont tenu à rectifier cela en demandant de remplacer Yahvé par «le Seigneur» ou «Dieu» quand on lit à haute voix. C'est cette même lettre que Dieu a rajouté à Abram, le transformant en Abraham, lui donnant sa vocation de Père des croyants. La femme est appelée à une vie spirituelle forte, cet espace intérieur, elle doit l'habiter, le remplir de la présence de Dieu.
Les deux lettres spécifiques à l'homme et à la femme sont donc toutes deux dans le nom de Dieu, ensemble elles donnent Le YA qui est l'abrégé du nom de Dieu : Alleluia : louez Dieu, Quand l’homme et la femme sont établis dans leur vocation propre, Dieu est là : Où sont amour Charité, Dieu est présent. Mais s’ils oublient leur vocation: l’homme, la soumission à Dieu, la femme, le souffle divin qui l’habite, la présence de Dieu, son appel à l’intériorité, à la prière, il reste les deux lettres qui leur sont communes aleph et shin qui donnent le ESH c’est à dire le feu, celui de l’Amour s’ils sont unis, ou contraire celui de la passion et de la haine qui dévorent et détruisent. L’homme et la femme ont ce feu en eux, ils vivent une mutuelle attirance inscrite par Dieu en eux qui est bonne; s’ils ne demeurent pas ancrés dans leur vocation respective ce feu devient destructeur. Nous devons rester attentif à cet aspect, cette rivalité et cette difficulté à vivre dans la communion sont très actuelles
Dans ce récit nous rencontrons une nouvelle appellation de l’homme et de la femme: Adam et Ève, le nom c’est l’identité. Quand Dieu m’appelle par mon nom, il me donne ma vocation.
Adam, adama, signifie terre, glaise, l’homme est tiré de la terre, rappel de son rapport à la création, à la matière qui court à travers ses trois noms. Dieu lui donne domination sur la terre et l'homme colle à la terre.
Ève, Hava quant à elle, signifie la vivante, celle qui transmet, porte et donne la vie; c’est une des vocations de la femme. Notons que la judéité se transmet par la femme: on est juif si l'on a une mère juive. Elle transmet non seulement la vie humaine mais aussi la Vie Divine; c’est d’ailleurs par elle que le plus souvent la Foi, la vie spirituelle sont transmises.
Dans le récit de la chute en Genèse 3, nous sont données des indications extrêmement précieuses car chacun va être touché dans ce qui lui est spécifique. Ève est tentée la première parce qu’elle est la plus sensible au spirituel. C’est sa grande richesse et sa grande fragilité; elle est plus attirée vers Dieu et plus touchée par la tentation. C’est donc Ève que le Malin va trouver en premier et à son tour elle attire Adam dans la chute. On peut quand même se demander où était Adam quand Ève parlait avec le serpent ? Cela nous révèle la fragilité de l’homme qui facilement se retire. Ce récit nous renseigne sur le lieu de responsabilité de chacun. Il révèle également combien la femme a besoin de la protection de son mari; étant moins ouvert aux choses spirituelles il est aussi moins fragile. Par conséquent il est important pour lui d’avoir un rôle d’autorité spirituelle qui protège la femme. Il ne s’agit pas d’un rapport de supériorité et d’infériorité mais l’homme et la femme ont besoin l’un de l’autre. La femme aide l’homme à se tourner vers ce qui est plus spirituel et lui la protège et la garde «les pieds sur terre».
Après la chute, Dieu vient à eux, et interpelle Adam : «où es tu ?»
Adam : «j’ai entendu ton pas, j’ai eu peur »,
_ «as-tu mangé de l’arbre ? », l’homme refusant de reconnaître sa responsabilité, répond:
_ «c’est la femme que tu m’as donnée qui m’en a donné à manger»
Il porte en peu de mots deux accusations, contre Ève et contre Dieu.
Quant à la femme, elle désigne le tentateur: «c’est le serpent qui m’a trompé». Chacun renvoie sur un autre la responsabilité.
Ayant constaté la transgression, Dieu ne punit pas, Il exprime les conséquences pour chacun, Adam et Ève ayant rompu cette alliance, vont être touché dans leur identité respective.
Dieu dit au serpent: «je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’atteindra à la tête, tu l’atteindras au talon».
Il y a donc une haine particulière du Malin contre la femme, il faut le savoir, plus que l'homme elle est le lieu d'un combat spirituel. Elle aura besoin de la protection de l'homme.
Étant un être de relation, elle est atteinte dans ses relations, à ses enfants d'abord :
«je multiplierais les peines de tes grossesses, et dans la peine tu enfanteras des fils».
Il ne s’agit pas uniquement de l'enfantement physique; chaque femme connaît la douleur d’être mère, la peine d'enfanter, de porter.
Enfin par rapport à l'homme :
«ta convoitise te poussera vers ton mari et il dominera sur toi».
Elle connaît le désir, le besoin, l’attente, la dépendance vis-à-vis de l'homme, ce qui la fragilise ; et il domine sur elle. Ce n’était pas le plan de Dieu au départ, mais la brisure de la relation avec Dieu les a conduits à cette situation.
Quand à Adam, que lui dit Dieu ? :
«Maudit soit le sol à cause de toi, à force de peine tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie, il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs, à la sueur de ton visage tu mangeras ton pain jusqu’à ce que tu retournes au sol puisque tu en fus tiré, car tu es glaise et tu retourneras à la glaise».
L’homme est donc atteint dans sa vocation, dans son faire, dans son rapport à la nature qui devient hostile et source de difficultés; il est attiré vers la terre et les choses terrestres.
Il est intéressant de prendre conscience de nos fragilités et de nos vocations initiales, toujours inscrites en nous. Si l’homme n’oublie pas cette main de Dieu posée sur lui, si la femme laisse jaillir cet Esprit, ce souffle de vie en elle, la Rédemption est toute proche, par la Vierge Marie, celle qui écrase la tête du serpent, la nouvelle Ève et par le Christ, nouvel Adam, fils obéissant du Père.
La femme qui est un être de relation, de vie, est naturellement portée vers le plus petit, vers le plus faible. Son inclination la porte à accueillir, à rendre les lieux de vie chaleureux et beaux, elle a plus que l'homme le souci du détail qui fait la différence, elle est aussi bien souvent garante de l'unité familiale, de permettre à chacun de prendre sa place, ce qui est valable au niveau d'une communauté paroissiale.
Dans la liturgie du shabbat, la mère de famille répand la lumière dans la maison en allumant les bougies et elle chante la bénédiction de la lumière, pourquoi elle ? Les rabbins disent : «De même que le péché est entré dans le monde par la femme, de même c'est par la femme que la lumière doit revenir dans le monde» . C'est magnifique et c'est la vocation de toute femme. Pour les juifs, c’est une prophétie, une image. En allumant la lumière du shabbat, la femme anticipe cet événement. Mais nous, chrétiens, nous connaissons la Femme grâce à qui la lumière a pu venir dans le monde, la Femme qui a dit oui et qui a permis ainsi à la Lumière de venir dans le monde. Chaque femme porte en elle cette lumière qui peut transpercer les ténèbres. À ce titre d’ailleurs, le jour traditionnellement consacré à Marie dans l'Église est le samedi, précisément le jour du shabbat. Le Samedi Saint, Marie a été la seule à garder la petite flamme de l'espérance dans la nuit du désespoir de la mort de Jésus , de la mise au tombeau. «Marie gardait fidèlement toutes ces choses dans son cœur». L’histoire des pays persécutés, comme l’ex-URSS, montre que ce sont les femmes qui ont été les gardiennes de la Foi malgré les difficultés et l’impossibilité de célébrer. Fidèles à la prière elles ont transmis la Foi à leurs enfants.
C'est dans la relation bien souvent que la femme achoppe, son attention aux autres si elle n'est pas équilibrée par un juste amour de soi, risque de l'amener à la frustration, elle se doit de préserver son espace intérieur où elle se retrouve Dans le cas contraire, l’amertume risque de s’installer et de la pousser à la revendication. Elle rentre alors en lutte contre l’homme; nous pouvons constater dans nos sociétés la rivalité installée dans les relations. La femme parvient aisément à supplanter l’homme dans pratiquement tous les domaines, en vertu du fait qu’elle est plus complète, polyvalente que l’homme, qu’elle possède des capacités d’adaptation, d’abnégation, d’endurance par la connaissance de la souffrance dans sa propre chair. Ces qualités lui permettront de réaliser tous ses projets, mais dans sa montée en puissance, elle se retrouve seule et le paie très cher. En effet, elle perd son identité en oubliant cet espace intérieur.
Elle perd surtout son vis-à-vis car l’homme a lui même du mal à garder son identité face à une femme qui lui est supérieure dans de nombreux domaines. Il ne trouve par conséquent plus son équilibre car la confrontation lui est difficile et source d’humiliation; dans cette situation, il fuit. C’est un constat que l’on peut faire dans la liturgie, les filles ont envie de faire ce que font les garçons, et à ce moment-là ces derniers s’en vont.
Il semble bien que l’homme soit plus fragile au niveau de son identité. Si elle ne l’aide pas à asseoir son identité, la femme peut facilement le déstabiliser. Tout homme a une mère, tout homme est en relation avec une femme qui le domine dès sa naissance, en relation privilégiée. Il peut facilement être dans une position de petit garçon. Il est alors porté à se replier dans un univers exclusivement masculin, dans des bandes, clubs de sport, voire l’homosexualité. Il fuit alors la confrontation au féminin, cherchant son identité masculine. C’est un fait que l’homosexualité est beaucoup plus répandue chez les hommes. La femme se retrouve alors seule à assumer la famille et à élever les enfants. Voulant prendre la place de l’homme, elle assume à la fois son propre rôle et celui de l’homme et se retrouve dans une solitude, un désert relationnel, affectif, intérieur.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais la réflexion s’impose. La domination de l’homme n’a pas été forcément fructueuse, celle de la femme ne l’est pas non plus. Nous devons arriver à trouver une harmonie, un équilibre qui permettent à chacun d’avoir sa place afin qu’Amour et Charité se rencontrent et que Dieu soit présent.
Par rapport à la transmission de la foi: il est aisé à la femme de transmettre la Foi grâce à sa capacité de communication. Les rabbins disent que quand Dieu a donné la parole, il a donné neuf parts à la femme et une part à l’homme. La femme est une grande communicante. Elle maintient l’unité et donne par ce moyen la possibilité de la relation. L’homme a davantage de mal à se dire. Cette complémentarité est une richesse si nous l’acceptons et apprenons à la vivre. La femme doit aider l’homme à se dire et à parler. Les mères de familles ne me contrediront pas : par rapport aux enfants, elles peuvent dire mille fois une chose sans aucun résultat, il suffit que le père le dise une fois pour l’obtenir. Ceci est significatif du poids de sa parole, plus rare. Par conséquent, il est important de laisser à l’homme la possibilité de dire la foi, de la proclamer en Église; la femme la transmet dans la catéchèse, dans la famille. Au niveau de la proclamation, c’est lui qui porte ce joug de la loi. Sa parole a un poids. Il est bon que le poids de la liturgie repose sur un homme. Il a besoin d’avoir sa place. La femme le ferait aussi bien que lui… simplement elle serait toute seule. Elle doit laisser à l’homme de la place. Combien de messes de semaine où le seul homme de l’assemblée, c’est le prêtre.
C’est la femme qui porte l’unité de la famille, c'est elle qui donne au Père sa place. Si elle ne la lui donne pas, il ne la prendra pas. Tout cela est transposable dans l'Église. Ce n’est pas une guerre ouverte, mais la femme grignote, grignote, et l’homme se retire, se retire… On se retrouve devant un vide que Dieu n’a pas voulu. Chacun de nous doit revenir à sa vocation contenue dans les trois appellations que Dieu nous a données, pour nous épanouir dans nos vocations respectives, pour éviter que l’homme ne fuie dans son travail ou ses loisirs, que la femme ne se retrouve devant un vide. Elle est faite pour accueillir, pour se remplir du souffle divin, d’amour, de relation et en même temps laisser à l’homme la place pour qu’il la protège, pour qu’il donne la parole.
C’est l’homme aussi qui donne le temps. La femme a les intuitions, mais l’homme est davantage dans le temps, le moment de faire les choses. Donc l’homme doit écouter sa femme et elle, elle doit attendre le moment où il discerne ce temps. Il ne s'agit pas de supériorité ou d'infériorité, Dans la Sainte Famille, le chef c’est le plus petit, c’est le seul pécheur. Jésus-Dieu s’est soumis à Marie, femme-immaculée, qui elle-même s’est soumise à Joseph, homme-pécheur à qui fut confié le mystère du temps. C’est à Joseph que Dieu dit: «Fuis en Égypte!» et Marie l’écoute. À Joseph a été confié ce rôle de protection, ce faire. L'homme est plus lent dans ses décisions mais la femme doit apprendre à l'écouter. Elle doit lui apporter des éléments mais ne pas l’asphyxier sinon il ne sait plus et il fuit. Cela se voit dans la vie des saints, une sainte Catherine de Sienne, qui avait un charisme de prophétie, des intuitions, doit attendre patiemment le temps que donne le pape auquel Dieu l'avait envoyée. Et là nous sommes dans l’harmonie, nous sommes dans la justesse. Donc Joseph accepte cette mission qui lui est confiée malgré son péché et Marie est cette image de la femme parfaitement bien dans ce qu’elle est.
Il ne s’agit pas d’écrasement, la femme doit se déployer mais elle ne doit pas dominer. Et quand Saint Paul conseille à la femme de se soumettre à l’homme, c’est de se mettre dessous pour élever son mari, qui colle à la terre, et elle doit l’aider à s’élever dans les réalités spirituelles. C’est vrai que cela demande à la femme une humilité, une certaine mort à soi même, un amour très grand. C'est celui qui aime le plus qui est le plus grand: «Vous m’appelez Maître et Seigneur et je le suis, et pourtant je vous lave les pieds. », «Le plus grand d’entre vous se fera votre serviteur». Jésus nous a montré lui-même le chemin. Il ne s’agit pas pour la femme d’être considérée comme inférieure, la Vierge Marie était infiniment supérieure à Joseph et elle s’est soumise à lui. Et cela était bon. Ce qui est demandé à l'homme n'est pas plus facile : «Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s’est livré pour elle». C’est une exigence d’amour folle. Mais c’est la femme qui doit ouvrir son mari à la tendresse, elle doit lui montrer le chemin, elle doit lui donner l’exemple, comme Jésus nous a donné l’exemple.
Dans la liturgie tout cela est sous-entendu, la femme est comme cachée et voilée. Elle laisse à l’homme la place, elle allume la lumière, elle est donc elle même dans l’ombre. Ce n’est pas évident, c’est un appel à la sainteté, qui produit des fruits magnifiques si nous retrouvons cet équilibre, cette union où Dieu est présent. Pour les générations qui montent, il y a un enjeu immense : nous voyons bien ce déséquilibre, cette absence des hommes, cette absence du père. La femme a dans cela une grande responsabilité. Si elle retrouve sa vocation profonde elle pourra considérablement aider l'homme à retrouver la sienne dans un respect et un amour mutuels et cela sera très bon.