Le Baptistère Saint Jean

Pâques 2009 – plusieurs milliers de catéchumènes ont reçu le baptême, en France, au cours de la veillée pascale. C’est le moment opportun pour dire quelques mots sur le Baptistère Saint Jean (le Baptiste, cela va de soi) de la cathédrale du Puy. Bien des touristes ou visiteurs ne remarquent sans doute pas cette austère façade, au nord de la cathédrale, face à la porte du clocher. Seuls les deux lions attirent peut-être le regard des enfants qui en feraient volontiers leur monture. Ce bâtiment aux rares ouvertures est l’antique baptistère où tous les enfants et catéchumènes du Puy ont été baptisés jusqu’à la Révolution française. Baptisés hors de l’église, ils entraient chrétiens dans l’église. Parmi eux, on peut citer la Vénérable Anne-Marie Martel, fondatrice des Béates de des Demoiselles de l’Instruction. Longtemps fermé, il a retrouvé une activité, il y a quelques décennies, en accueillant des expositions. Il a surtout retrouvé une utilisation pastorale à l’occasion du Jubilé de 2005.



Le Baptistère Saint Jean

Ce baptistère, à l’architecture complexe, à l’histoire parfois obscure intriguait. C’est pourquoi des fouilles furent entreprises au cours des dernières années. Elles furent aussi l’occasion pour les historiens de se pencher sur son histoire. Les sources ne sont pas volumineuses, mais elles existent et sont précieuses. Ainsi, connaît-on assez bien les institutions en rapport avec le baptistère depuis le Moyen Age.


- Le Curé

Il y eut une paroisse Saint Jean. Son curé, désigné par le prévôt du Chapitre, prit progressivement de l’importance, ses revenus augmentant.


- Le Prévôt du chapitre cathédral

Le Baptistère Saint Jean
était un personnage très important. Il avait la responsabilité de la défense militaire de la cathédrale. Il fallait qu’il pût accéder facilement au clocher. Son hôtel étant contigu au baptistère, un passage surélevé fut édifié pour lui permettre de se rendre  de chez lui au clocher sans avoir à traverser la foule. Ce « corridor » était accroché à la façade du baptistère puis à celle du bâtiment surmontant le porche Saint Jean. On en voit la trace sur la  façade.

- Les chanoines pauvres

au nombre de dix, avaient été institués afin d’assurer la continuité du chant de l’office canonial. Ainsi, les grands chanoines (ils étaient quarante) pouvaient vaquer à leurs autres occupations. Les documents sont nombreux sur ces chanoines pauvres qui finirent, au XVIII ème siècle par intenter un procès aux grands chanoines. La présence des chanoines dans l’église Saint Jean explique la construction d’un jubé.  

Les fouilles

Le Baptistère Saint Jean

Si les archives permettent de connaître la vie du baptistère depuis, au moins, le moyen age, seules des fouilles pouvaient permettre de tenter de connaître son origine, de dater sa construction, d’établir avec certitude l’existence d’une cuve baptismale, comme pouvait le suggérer la marque dans le pavement du sol.

Ces fouilles furent entreprises en 2006. Elles ont permis de découvrir, entre autres, des éléments datant du début du II ème siècle : un long mur gallo-romain, d’est en ouest, et, plus au sud, une maçonnerie, moins bien fondée et plus basse. Des éléments d’époque médiévale ont été trouvés, notamment le soubassement d’un autel. Les bases du jubé (d’époque médiévale lui aussi) ont été découvertes, à côté de la porte d’entrée et, en face, à côté de la cuve baptismale actuelle. Enfin, il est désormais attesté qu’il y avait, dans le sol, une cuve baptismale, de forme octogonale, que l’on peut dater du VI ème siècle au moins. Elle se situe à cheval sur le mur romain. En subsistent les fondations et la margelle. Son diamètre de 70 centimètres et sa profondeur de 60 centimètres démontrent qu’il ne pouvait pas s’y pratiquer des baptêmes par immersion, mais que le catéchumène pouvait s’y tenir debout ou à genoux. Il recevait le baptême par aspersion. L’eau demeurait dans la cuve et s’évaporait.

Enfin, les chercheurs ont également étudié le bâti. Le mortier du chevet est très ancien et la grande baie qui l’éclaire est d’origine contrairement à ce que d’aucuns avaient pu avancer au cours des siècles. Les chapiteaux en marbre seraient du V ème ou VI ème siècle. Quant à la tribune, elle peut être datée du IX ème ou X ème siècle.





Ce baptistère peut donc être considéré comme l’un des plus anciens de France. Mais il n’est pas encore possible de préciser la date de sa construction. Les travaux à venir permettront, sans doute, d’en savoir un peu plus sur cet antique monument de l’ensemble cathédral.








Souhaitons que les travaux de restauration rendront ce monument encore plus lisible et qu’il retrouve bientôt sa vocation cultuelle.





Emmanuel Gobilliard
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