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Le 'Jubilé - Grand Pardon' de Notre-Dame-du-PuyUn rendez-vous séculaire
La Vierge Marie est honorée au Puy comme mère de Dieu (en grec la Theotokos) sous le vocable de Notre-Dame de l'Annonciation. Quand le Vendredi Saint est célébré un 25 mars - ce qui arrive deux à quatre fois par siècle - il coïncide avec la date habituelle de la fête de l'Annonciation du Seigneur.
Cette conjonction du mystère de l'Incarnation du Seigneur et de celui de la Rédemption, est traditionnellement marquée au Puy par un Jubilé.
Pour le jubilé de 1429, en pleine guerre de Cent Ans, le roi Charles VII, dévôt de Notre-Dame du Puy, obtient du pape que le Jubilé dure jusqu'au dimanche après Pâques. Isabelle Romée, mère de Jeanne d¹Arc, vient confier la mission de sa fille à la Vierge du Puy.
Si la tradition fait remonter cette commémoration au Xème siècle, c'est seulement en 1407 que des témoignages historiques l'attestent. Limité au départ à la seule journée du Vendredi Saint 25 mars, le Jubilé attirait des foules si considérables qu'il se produisait des accidents. La célébration en fut donc prolongée jusqu'au mardi de Pâques, afin de régulariser le flux des pèlerins.
Le jubilé de 1502 connaît une affluence considérable. Un chroniqueur rapporte que les pèlerins venaient d'Espagne, d'Angleterre, d'Italie, de Grèce... que la presse était telle que si quelque chose tombait, personne n'osait le relever, ou se courber pour le ramasser, de peur d'être foulé aux pieds... et que des centaines de confesseurs se tenaient aux abords du sanctuaire.
Par la suite on organisa soigneusement le cheminement du pèlerinage, l'ordre, et la sécurité, afin d'éviter les troubles.
En 1796 les temps difficiles de la Terreur n'empêchent pas le Jubilé : il est célébré partout dans le diocèse, sauf à la cathédrale qui est alors aux mains d'un évêque jureur condamné par le pape.
Le Jubilé suivant, en 1842, dure douze jours et renoue avec la tradition d'affluence : 142.000 pèlerins y participent, dont la reine Marie-Amélie.
"Ceux des Estables, au pied du mont Mézenc, à 35 kms du Puy, partirent le dimanche de Pâques 27 mars 1910, à onze heures du soir, au son des cloches, portant des flambeaux pour éclairer leur marche.
Ils attelèrent des boeufs à de gros arbres et les poussèrent devant eux pour se frayer un chemin dans la neige ; à la lueur de leurs torches ils marchèrent toute la nuit et arrivèrent à six heures du matin dans la petite ville du Monastier, harassés de fatigue et transis de froid. Après s'être reposés dans les granges et les écuries pendant trois heures, ils se remirent en route. Ils parvinrent au Puy à deux heures du soir : Ils paraissaient anéantis. Leurs bas s'étaient gelés sur leurs jambes. Il était trois heures quand ils organisèrent leur procession, tous en costume de confrérie, les pénitents et pénitentes avec leur croix et leur habit blanc, les congréganistes avec leurs bannières et leur châle bleu et violet... Ceux de Saint-Jean-Lachalm, pour s'ouvrir un passage à travers la neige, se firent précéder de tout le gros bétail de la paroisse, et en seconde ligne de tous les moutons du pays. Les hommes marchèrent à leur suite, puis les femmes et les enfants..." Relation du pèlerinage de 1910
Clôture du Jubilé 2005
Les trois jubilés du XXème siècle (1910, 1921, 1932) attirent des pèlerins de plus en plus nombreux. En 1921 une procession de clôture est autorisée ; et en 1932, dans un souci d¹apaisement partagé par le maire, l'évêque annonce la reprise de la traditionnelle procession du 15 août.
Le XXIème siècle connaîtra une deuxième année jubilaire en 2016. Il faudra ensuite attendre 2157 ! |
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