Le temps ordinaire, le temps de la croissance

Depuis le 12 mai, nous avons repris le cours du temps ordinaire que nous avions laissé comme en suspens depuis l’entrée en carême. Certes, il y a encore comme quelques éclats de la joie pascale qui continuent de marquer nos dimanches, avec les solennités de la Sainte Trinité et du Saint Sacrement, ainsi que vendredi prochain avec la solennité du Sacré Cœur. Mais la Vierge Noire a bien revêtu le manteau vert du temps ordinaire, ainsi que les prêtres leur chasuble.



Le temps ordinaire, le temps de la croissance
Le vert c'est la couleur de la vie, la couleur de l'espérance, la couleur de ce qui croît. Le temps ordinaire, loin d'être un temps « plat », « ordinaire » au sens qu'on n'attend pas de nouveauté, est le temps de la croissance : croissance de notre vie chrétienne, croissance de notre foi, de notre espérance et de notre charité. Dans « ordinaire » il y a « ordre », « être ordonné à ». Le temps ordinaire c'est ce temps où je vais mettre de l'ordre dans ma vie. C'est le temps qui me place directement face à ma fin : la Vie avec Dieu, la Béatitude. Comment vais-je grandir cette année dans cette vie d'union à Dieu ? C'est la question à se poser pour que l'ordinaire ait un goût d'extraordinaire.

Le temps pascal qui vient de s'achever ne clôt-il pas cette longue suite du Christ, qui depuis le désert des tentations (premier dimanche de Carême) jusqu'à son Ascension dans le ciel, en passant par sa Passion, sa mort sur la Croix et sa résurrection, nous a permis de regarder Jésus, de le contempler, nous laissant un exemple afin que nous suivions ses traces. (1P 2, 21). Il ne faudra pas moins de 33 semaines de temps ordinaire pour faire pénétrer cet exemple du Christ dans notre vie personnelle, pour nous conformer à lui, pour que le Christ puisse tout prendre de telle sorte qu'avec St Paul nous puissions dire « Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Ce n'est pas pour rien que tout ce temps s'est achevé par le don de l'Esprit Saint. Ce sera son œuvre.




« Frères, je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. Lui qui est si riche en gloire, qu'il vous donne la puissance par son Esprit, pour rendre fort l'homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur...Vous connaîtrez l'amour du Christ qui surpasse tout ce qu'on peut connaître. Alors vous serez comblés jusqu'à entrer dans la plénitude de Dieu. Gloire à celui qui a le pouvoir de réaliser en nous par sa puissance infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer, gloire à lui dans l'Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen. »
Forts des dons du Saint Esprit qui nous ont fait déployer toute voile dehors pour laisser une plus grande prise au souffle de l'Esprit, nous laissons la grâce baptismale réactualisée à la Vigile pascale germer, croître et porter du fruit, et un fruit qui demeure.







Sr Isaïe Marie








Maryline Reymond
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