Prédication de Mgr Brincard sur le Miserere d'Allegri

La Maîtrise du Puy a chanté lors de l'audtion de carême ( premier dimanche de carême) le Miserere d'Allegri.



La présentation du psaume, du texte biblique et d'Allegri a été faite par le père Bresson, et suivie de la prédication de Mgr Brincard. Nous reproduisons ici la prédication de notre Evêque.

Prédication de Mgr Brincard sur le Miserere d'Allegri

Prédication de Mgr Brincard,  première audition de carême








Frères et sœurs,








C’est impressionnant pour votre évêque de monter dans cette chaire, qu’au XVIIe siècle, on appelait la chaire de vérité et qu’aujourd’hui on pourrait appeler d’un autre nom qui donne le sens au mot vérité : la chaire de la Parole de Dieu. Et il est beau que dans cette cathédrale nous soyons rassemblés de telle manière que cela nous aide à écouter la Parole de Dieu qui vient d’être chantée.








Chers Jeunes qui êtes sous mes yeux, je souhaiterais que vous  me regardiez quelques secondes non pas pour perdre votre regard dans les voûtes mais pour que nous puissions faire ensemble le signe de la croix car autrefois on ne commençait jamais une prédication sans se souvenir de l’amour immense de Dieu pour nous, cet amour qui est représenté par la croix en face de moi, cette croix qui nous invite à avoir le cœur à la croix et la croix dans le cœur. Ensemble avec vous, je ferai le signe de la croix. Et nous le ferons lentement, un peu comme la Vierge Marie l’a appris à Bernadette Soubirous, un 11 février 1858.








Le carême est une grande invitation à la conversion.








La conversion est une grâce, c’est-à-dire une action de Dieu dans notre cœur. Mais Dieu nous aide à coopérer avec Lui. Cette coopération consiste, chers frères et chères sœurs, à entrer en soi-même, il faut d’abord entrer en soi-même…et ensuite, à faire en soi la vérité.








Le psaume qui vient d’être chanté nous y invite.








Faire en soi la vérité, c’est, sous le souffle de l’Esprit Saint, se regarder dans la lumière de l’amour qui ne s’est jamais refusé à nous ; et c’est dans cette lumière qu’on découvre le drame du péché, à travers une expérience, une expérience de vie.








Chers frères et sœurs, je l’ai souvent dit, c’est le sens de l’Amour qui donne le sens du péché. Et c’est bien ce que le psaume, parole de Dieu, nous invite à faire : la connaissance de notre faute est toujours partielle. Une fois, le curé d’Ars, au soir de sa vie, a demandé à Dieu la grâce d’une lumière particulière sur son âme non pas pour en jouir mais pour faire davantage la vérité. Il s’est littéralement effondré au point de dire : «  Ne demandez jamais cette grâce ».








Oui, heureusement que les profondeurs de l’amour dépassent les profondeurs du péché.








Cette connaissance va susciter avec la grâce de Dieu ce qu’on appelle la contrition : «  le cœur broyé », broyé par un regret dont Dieu est la source première. C’est cela la contrition. Et de cette contrition va s’élever un grand appel à la Miséricorde de Dieu. «  Pitié pour moi, car j’ai beaucoup péché ». Et dans cet appel, il y a aussi une confiance, «  crée en moi un cœur pur » ! Et que c’est beau, et que c’est grand, tout cela comporte, tout cela est en quelque sorte la contrition. Et le très beau chant que nous venons d’entendre nous aide à entrer en nous même, nous aide à nous regarder dans la lumière de l’Amour de Dieu, nous aide au repentir, dont jaillit comme la flamme du feu, un appel à la Miséricorde qui veut nous renouveler.








Chers amis, vous comme moi, demandons au cours de ce carême que cette grâce de conversion nous soit souvent accordée, selon le désir de notre cœur.








Je voudrais ajouter que Saint Augustin nous invite, lorsque nous entendons un chant, un chant qui accompagne la Parole de Dieu, à vivre cette Parole de telle manière qu’elle puisse nous transformer. Ecoutons Saint Augustin nous dire : «  Frères très chers, vous ne pourrez goûter la vérité de ce que vous chantez si vous ne commencez pas par le mettre en pratique. De quelque manière que je vous le dise, de quelque façon que je  l’explique, sous quelque forme que je le retourne, cela ne rentrera jamais dans le cœur de celui qui n’y conforme pas ses actes, commencez par le faire et vous comprendrez ce que vous direz, alors vos larmes couleront à chaque parole, alors vous chanterez véritablement le psaume parce que votre cœur aura agi à travers ce psaume . »








Prions avec l’élan de notre âme, demandons la grâce de la conversion.









anne celine denis



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