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Présentation du Stabat Mater de Pergolèse, p. BressonLa maîtrise de la cathédrale du Puy a chanté le Stabat Mater lors de l'audtion du 1er dimanche de carême. Pergolèse : Stabat Mater Giovanni Battista Draghi, dit « Pergolèse » vécut sa courte vie de 1710 à 1736. C’est durant les cinq ou six dernières années de cette vie qu’il composa toute sa musique. Nous voilà au début de l’année 1735, il a 25 ans, il lui reste une seule année à vivre, il séjourne alors au couvent des Franciscains de Naples. Les religieux lui demandent de composer une musique pour le Stabat Mater qu’ils font chanter chaque vendredi de carême. Au fil des années, les franciscains se sont lassés du Stabat de Scarlatti, ils veulent du nouveau : pourquoi pas ne pas demander à ce jeune compositeur, à ce croyant sincère qu’ils voient prier dans leur église, à cet homme déjà muri par les épreuves d’une santé fragile ? Les franciscains et leurs fidèles seront les premiers à prier avec la musique de Giovanni Battista, ils ne seront pas déçus. Et tout le monde va prier, va admirer, va vouloir réentendre, va chanter, va jouer les 22 strophes du poème liturgique, mises en musique par Pergolèse. Et cela : non pas seulement à l’occasion de six vendredis de carême et du Vendredi saint 1735… Durant tout le XVIIIe siècle, le Stabat Mater de Pergolèse sera l’œuvre de musique la plus imprimée et réimprimée. Haydn & Mozart reprendront à leur compte l’art de l’expressivité si marquée dans la musique de cette prière. Et pourtant Pergolèse utilise des moyens très simples imposés par la pauvreté franciscaine : deux voix (deux chanteurs seulement), deux violons, l’alto, la basse continue de l’orgue et de la viole… très peu, très peu de monde comme le nombre des amis de Jésus au pied de la croix… très peu… Mais il y a dans cette musique ‘beaucoup’… beaucoup d’art, beaucoup de savoir faire, beaucoup d’invention, beaucoup de souffle : des lignes mélodiques très pures, des contrastes de dynamique, des accentuations inattendues, un chromatisme audacieux comme nous l’entendons dès le début : les deux voix chantent la même mélodie mais la deuxième s’exprime systématiquement avec un retard… la musique se fait vision : et la vision est déchirante : Elle est là, debout, la mère des douleurs : devant nos yeux au moment où s’élèvent les premières déclamations des voix. Mais sa douleur reste sobre et intime : elle reste debout et non pas terrassée, dressée, comme en demande d’une justice bafouée par le tribunal du sanhédrin, du peuple déchaîné, du gouverneur Ponce-Pilate, de l’empire de César. Elle résiste, comme ces Madres de Dans cette musique, Pergolèse convie tous les cœurs croyants ou incroyants à admirer la force résistante de Marie… et plus encore sa foi surnaturelle : cette musique est l’écho de l’humble méditation de l’admirable poème du moine Jacopone da Todi qui invite l’auditeur à partager les souffrances de la mère des douleurs : Juxta crucem tecum stare, te libénter sociáre in planctu desídero. « Je désire rester avec toi, Marie, près de la croix, et tout près de toi, pleurer… » lien vers la prédication de Mgr Brincard Anne Céline Denis
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