Que ce lieu est redoutable !

Vendredi 10 juillet, la cathédrale se pare de blanc. Douze cierges sont allumés et fleuris au pied des douze piliers de l’édifice. Deux grands drapés blancs descendent de la coupole et inondent le sanctuaire d’une blancheur lumineuse… C’est un peu comme si, disent les badauds, le ciel s’ouvrait pour laisser apparaître la Jérusalem céleste, dont notre sanctuaire est un peu l’image.



Que ce lieu est redoutable !

C’est un peu cela en effet. C’est en fait surtout, pour notre cathédrale le jour anniversaire de sa consécration, la fête de la Dédicace… un anniversaire un peu particulier et multiple. D’abord, suite à la manifestation de la Vierge Marie sur le Mont Anis, vers l’an 430, un prodige merveilleux attesta de l’élection du lieu : quand l’évêque St Vozy se rendit sur le lieu de l’apparition, c’était un 11 juillet, disent les récits, la neige couvrait le sommet du mont. Et le prélat vit la course d’un cerf qui traça dans la neige les contours d’un édifice religieux.


            Un siècle plus tard, la chapelle demandée étant construite, c’est le moment de la consécration. L’évêque entreprend pour cela un voyage à Rome, mais rencontre en chemin deux vieillards qui le renvoient au mont Anis : « La main d’hommes ne doit point sacrer le sanctuaire que vous avez élevé à la Reine du Ciel. C’est aux anges qu’est réservé aujourd’hui cet honneur. Telle est la volonté de Dieu ». C’est pour cette raison que l’on nomme la cathédrale du Puy : « la chambre angélique ».


            Pieuses légendes qui nous font sourire… certes, mais, nous rappelait la lecture de l’office des Vigiles, « il serait regrettable de les passer sous silence. Nos pères ne les discutaient pas et y trouvaient de nouveaux motifs d’aimer leur vénérable basilique mariale ».


C’est donc tout cela que nous commémorions jeudi soir, dans l’office qui a réuni, dans la salle capitulaire du cloître, une soixantaine de personnes autour de l’évêque, Mgr Henri Brincard. Puis à la lueur des cierges, et sous une volée de cloches, nous avons mis nos pas dans ceux de St Vozy et St Scutaire, franchissant la porte d’Orée : « Que ce lieu est redoutable ! Ce n’est rien moins que la maison de Dieu et la porte du Ciel ». L’orgue sonna de tous ses jeux, tandis que la lumière concentrait nos regards sur le sanctuaire, le lieu même des évènements fondateurs, surélevé de la coupole dans laquelle se cache encore quelque cerf immortel, sculpté dans la balustrade. Et de la coupole donc, ce drapé blanc voulant évoquer la neige immaculée qui couvrit le Mont Anis, un 11 juillet vers l’an 430.



Enfin, samedi, à 11h, la messe solennelle fut l’occasion pour toute la communauté de la cathédrale, de « lancer » la saison estivale, qui s’achèvera avec la solennité de l’Assomption, le 15 août. Les bénévoles de l’accueil ont reçu leur envoi en mission au cours d’une émouvante célébration où chacun a reçu une petite Croix, signe du témoignage qu’ils auront à rendre tout l’été. Désormais, chaque soir, du mardi au samedi, à 21h, la cathédrale proposera une animation nocturne : processions aux flambeaux à Notre-Dame de France, découvertes poétiques et musicales de la cathédrale, veillées de prière, spectacles du Salve Regina. Et le dimanche, ce sera un récital d’orgue à 17h.


Emmanuel Gobilliard



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