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Texte de Monseigneur Brincard sur la Toussaint
La Toussaint est la fête de « tous les saints » qui sont dans la joie du ciel et dans la paix. C’est dire que la célébration de cette fête invite à désirer plus ardemment l’immense bonheur de voir Dieu dans la pleine lumière.
Les saints vivent à jamais auprès de Dieu. Ils forment une foule innombrable qu’a vue saint Jean dans l’Apocalypse : « J’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main ».[1] Le lendemain de la Toussaint, l’Eglise célèbre la commémoration des fidèles défunts. Nous prions alors pour les défunts qui sont dans une douloureuse attente, celle du Purgatoire. La prière pour les morts et l’offrande de la messe pour eux attestent de la foi de l’Eglise en l’existence d’une purification parfois nécessaire avant de voir Dieu. En effet, pour voir Celui qui est l’Amour même, il nous faut être tout amour. A l’occasion de cette commémoration des fidèles défunts, nombreux sont ceux qui se rendent dans les cimetières afin de prier sur les tombes de leurs défunts. En faisant cette démarche, les chrétiens sont invités à affirmer leur foi en la résurrection des corps. Souvenons-nous que le mot « cimetière » signifie en latin : « dortoir ». Une telle désignation rappelle que les corps ensevelis dans la terre attendent la résurrection promise par le Christ, vainqueur à tout jamais de la mort. Le deux novembre, chaque prêtre peut, sans autorisation particulière, dire trois messes. Une de ces messes est obligatoirement célébrée pour tous les fidèles défunts. L’Eglise manifeste ainsi sa sollicitude maternelle à l’égard de tant de défunts dont personne ne garde plus le souvenir ou bien trop vite mis au ciel ! A ce propos, n’oublions jamais que Dieu seul sonde « les reins et les cœurs ! » Les deux célébrations, - celle de la Toussaint et celle de la commémoration des fidèles défunts - nous rappellent que nous sommes pèlerins sur la terre. Nous ne faisons que passer ici bas ! Notre demeure définitive est dans les cieux, là où Jésus est assis à la droite du Père, là où il est allé nous préparer une place. Bien évidemment, « les cieux » dont il s’agit ne sont pas ceux au-dessus de notre tête ! Le plus souvent, dans l’Ecriture, « cieux » désigne de manière symbolique, l’océan de lumière et d’amour qu’est la vie de Dieu. Jésus Christ est mort et ressuscité «pour que nous ayons la vie et la vie en abondance»[2]. Dès ici-bas, le Père et le Fils veulent demeurer en nous, dans l’Esprit Saint mais la Trinité bienheureuse veut aussi que nous ayons la joie de la contempler dans la pleine lumière. Tel est le ciel. Ecoutons saint Augustin nous dire : « Dans la maison de Dieu, c’est une fête sans fin. Là, point de réjouissances qui passent. Fête éternelle ; et le visage de Dieu, vu à découvert, est une joie inaltérable. » Sur cette terre, en aimant de plus en plus, nous comprendrons de mieux en mieux la beauté du ciel. Un jour, quelqu’un demandait à un enfant : « Qu’est-ce que le ciel ? » Il a répondu simplement : « Plus tu aimes, plus tu comprends ». Méditons cette parole lumineuse en cette grande fête de la Toussaint ! + Henri Brincard Evêque du Puy-en-Velay [1] Ap 7, 9 [2] Jn 10, 10 Emmanuel Gobilliard
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